Nos ancêtres
premiers présidents ou présidents à mortier
aux parlements sous l'ancien regime




Les armoiries des présidents étaient posées sur un manteau d'hermine rouge
à gauche celui des premiers président, à droite des présidents à mortier
(science-heraldique.com)






Sous l'Ancien Régime la justice était rendue au nom du Roi par les parlements. Dans chaque parlement se trouvaient plusieurs chambres. La plus importante était la Grand'Chambre ou chambre des plaids. Les autres étaient la chambre de enquêtes, la chambre des requêtes, la Tournelle (chambre criminelle), etc. Le parlement était sous l'autorité d'un premier président nommé par le Roi (généralement dans une autre province). Chaque chambre avait ses présidents (charge vénale) mais ceux de la Grand'Chambre prenaient le titre de "président à mortier" (du nom du couvre-chef qu'ils portaient) pour marquer leur prééminence vis-à-vis des présidents des autres chambres.

Les parlements de province ont été :
  1. Le Parlement de Toulouse, créé en 1302, par Philippe le Bel, avec juridiction sur Beaucaire, Montpellier, Toulouse, et dépendant du parlement de Paris. Il ne put être organisé alors; supprimé en fait, 1312, rétabli par Charles VI, 1419, transféré par Charles VII à Béziers, 1425, réuni, 1526, au parlement dit de Paris établi à Poitiers dès 1420, il en fut séparé en 1436, et ne fut définitivement institué à Toulouse qu'en 1443. Ressort : les sénéchaussées de Languedoc, Rouergue, Quercy (sauf de 1462 à 1474, réuni à celui de Bordeaux), Foix, l'Ile-Jourdain, Auch, Lectoure, Tarbes, Pamiers. Avant la création du parlement de Bordeaux il avait eu juridiction sur la Guyenne et la Gascogne.
  2. Le Parlement de Grenoble, établi en 1451-53 par Charles VII, en remplacement du conseil delphinal qui avait siégé à Sain t-Marcellin depuis 1337, et à Grenoble depuis 1340. Louis XI le confirma en 1461. Ressort : tout le Dauphiné.
  3. Le Parlement de Bordeaux, institué par Louis XI, 1462, transféré à Poitiers, 1469-71, lors de la cession de la Guyenne au frère du roi, un instant interdit, 1549, après le soulèvement de Bordeaux. Son ressort, qui avait embrassé le Quercy, 1462-1474, comprenait : la Guyenne, la Gascogne, le Limousin, le Périgord, la Saintonge, les Landes, les sénéchaussées d'Agen et de Condom.
  4. Le Parlement de Dijon, créé par Louis XI en mars 1476 (vieux style; 1477, n. s.), en remplacement des Grands Jours tenus par les dues, confirmé en 1480, supprimé sous Charles VIII, 14S5, et rétabli, 1494. Ressort : l'ancienne Bourgogne (Charolais, Autunois, Auxois, Dijonnais, Châlonnais) et la Bresse.
  5. Le Parlement de Rouen, ancien Échiquier de Normandie, rendu perpétuel par Louis XII sous le même titre, 1499, et transformé en parlement, 1519; démembré en 1771, il fut rétabli dans son intégrité, 1774, et comprenait la Normandie entière.
  6. Le Parlement d'Aix, ancien Conseil éminent de Provence, transformé en parlement par Louis XII, 10 juillet 1501, et confirmé en 1502. Ressort : la Provence et la vallée de Bareelonnette.
  7. Le Parlement de Rennes, créé par Henri II en mars 1552 (vieux style; 1553, n. s. ), en remplacement des Grands Jours institués par Charles VIII en 1495, rendu sédentaire à Rennes par Charles IX, 4 mars 1561. Ressort : la Bretagne.
  8. Le Parlement de Pau, formé en 1620 par Louis XIII. de la réunion du conseil souverain de Béarn (fondé en 1519) et de la chancellerie de Navarre (fondée en 1520). Ressort Béarn, Navarre.
  9. Le Parlement de Metz, fondé par Louis XIII, en 1638 pour les Trois-Evêchés, et dont le ressort (Trois-Evêchés et Basse-Lorraine) s'augmenta de cette dernière province après la réunion de Sarrebourg, Sarrelouis, Phalsbourg, Longwy, Luxembourg français par Louis XIV.
  10. Le Parlement de Besançon, établi par Louis XIV d'abord à Dôle, 1674, puis à Besançon, 20 août 1676; c'était la transformation de l'ancien parlement ambulatoire de Franche-Comté, rendu sédentaire à Dôle par Philippe le Bon, 1422, suspendu par Charles II d'Espagne, 1668. Ressort : la Franche-Comté.
  11. Le Parlement de Douai, définitivement institué dans cette ville par Louis XIV, 1713; c'était l'ancien conseil souverain (français) fondé à Tournai, 1668, érigé en parlement an même lieu, 1686, et transféré d'abord à Cambrai, 1709. Ressort Cambrésis, partie de la Flandre wallonne et du Hainaut.
  12. Le Parlement de Nancy, créé par Louis XV , 1769, confirmée par Louis XVI, 1775; c'était l'ancien conseil souverain de Lorraine et Barrois, et la cour souveraine fondée momentanément par Louis XIII, 1634. Ressort : Haute-Lorraine et Barrois.
  13. Le Parlement de Dombes ou de Trévoux était le conseil souverain fondé à Lyon par François Ier après acquisition du comté de Dombes, 1523, transformé en parlement à Lyon, 1538, retourné en 1560 aux princes de Bourbon, qui le maintinrent, puis le rendirent sédentaire à Trévoux, 1696. Louis XV acquit en 1702 la principauté de Dombes. Le ressort du parlement de Trévoux comprenait alors les justices royales de Trévoux, Montmerle, Chalamont et Lent, les justices bannerettes de Thoisey, Saint-Trivier, etc.
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Pierre d'ORGEMONT fut élu premier président du parlement de Paris en 1355 et fut chancelier de France de 1373 à 1380. Il fut également chancelier du Dauphiné et le resta jusqu'à sa mort.
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Henri Le Corgne, dit de MARLE fut élu premier président du parlement de Paris le 16 mai 1404 et fut chancelier de France de 1413 à 1418. Il fut assassiné dans la Conciergerie lors des massacres des Armagnacs le 29 mai 1418.
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Jean du DRAC fut reçu président à mortier au parlement de Paris le 11 avril 1410 et exerça jusqu'à sa mort le 4 janvier 1413. Il avait été reçu conseiller avant 1391 puis monta à la charge de président des Requètes du Palais. Il était en cette charge en 1407 lorsqu'à l'ouverture du Parlement de cette année, aucun des cinq présidents reçus ne s'y trouvant, Sa Majesté le commit pour exercer la charge de Président jusqu'au retour d'un des présidents.
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Adam de CAMBRAI fut nommé premier président au parlement de Paris en 1435 et exerça jusqu'à sa mort le 15 mai 1457. Chevalier, licencié "in utroque jure", maître ès arts, il avait été reçu conseiller clerc en la chambre des enquêtes (1412), conseiller lai en la même chambre (1416).
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Jean DAUVET fut nommé premier président du parlement de Paris le 8 novembre 1465 et exerça jusquà sa mort arrivée le 22 novembre 1471. Il était précédemment premier président au parlement de Toulouse depuis 1458. Il avait été chargé en 1453 de liquider les biens de Jacques Cœur.
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Henri de MARLE 2e du nom, petit-fils du chancelier cité plus haut, fut pourvu de l'office de premier président du parlement de Toulouse en 1466. Il avait été reçu conseiller en 1441 puis maître des requètes en 1455. Il est le gendre d'Adam de Cambrai, cité plus haut.


Jean de LA VACQUERIE fut reçu premier président du parlement de Paris en 1481. Il est mort en 1497.
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Léonard des POTOTS fut nommé premier président du parlement de Dole en 1481. Il est mort en 1489. Seigneur de Fourg et d'Ouhans, il devint cogouverneur de Besançon de 1452 à 1479, prit part aux négociations pour le mariage entre Marie de Bourgogne et Maximilien d'Autriche, fut président et chef du conseil de Bourgogne, maître des requêtes de l'hôtel, maître des comptes et trésorier de France, etc. Il fut chargé par la ville de Besançon de nombreuses missions, notamment en Flandre à partir de 1449. Il a épousé la fille de Simone Sauvegrain, qui fut nourrice de Charles le Téméraire.
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Gratien du FAUR, seigneur de Saint-Jory, près de Toulouse, fut chancelier du comte d'Armagnac et ambassadeur de Louis XI en Espagne et à Bernes. Le roi créa en sa faveur une charge de tiers-président au parlement de Toulouse le 23 septembre 1483. Il testa en 1491.


Antoine du PRAT fut nommé premier président au parlement de Paris le 8 février 1508. Il sera ensuite chancelier de France le 7 janvier 1515, office qu'il conservera jusqu'à sa mort. Veuf il entre dans les ordres en 1517 et est créé cardinal en 1527 par le pape Clément VII.
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Barthélemy de CHASSENEUZ (1480-1541) fut nommé premier président du parlement de Provence en 1532 et mourut en charge en 1541, empoisonné dit-on.
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Pierre BRUSLON ou BRULLON, (1535-1594) fut reçu président à mortier au parlement de Bretagne en 1569. Il sera conseiller du Roi en ses conseils d'état et privé en 1573. Il est qualifié chevalier de l'ordre du Roi dans un acte de 1574.
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Julien de BOURGNEUF (1500-1558), seigneur de Cucé et d'Orgères, fut reçu président à mortier (le seul originaire de Bretagne) à la création du parlement de Bretagne le 2 août 1554 et le restera jusqu'à sa mort le 10 août 1558. Il était auparavant alloué de Rennes (juge assesseur du sénéchal) puis second président du parlement des Grands Jours de 1495 à 1554 (parlement sédentaire qui s'assemblait à Vannes tous les ans du 1er septembre au 8 octobre ; la création du parlement fit disparaître les Grands Jours). Seigneur de Carcé (Bruz) et donc prévôt héréditaire de l'évêché de Rennes, il remplacera l'antique manoir inconfortable par une construction plus importante, plus élégante.


René de BOURGNEUF (1526-1587) fut nommé premier président au parlement de Bretagne en 1570 et le restera jusqu'à sa mort le 24 février 1587. Il était en 1554 conseiller du Roi et son garde-scel au duché de Bretagne. Son fils Jean assurera la même charge.
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Guy du FAUR de PIBRAC (1529-1584), poète, magistrat et diplomate, fut reçu président à mortier au parlement de Paris en 1577. Il était Chancelier de la reine de Navarre et du duc d'Anjou, futur Heni III. Son père était second président au parlement de Toulouse en 1538.
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Jacques BARRIN (1535-1591), seigneur de Boisgeffroy et de la Galissonnière, fut reçu président à mortier au parlement de Bretagne en 1577. Il avait été conseiller en 1564, lieutenant de police au parlement d'Angoulème, président de la Chambre des Comptes de Bretagne à Nantes en 1573.
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Claude JACQUINOT (?-1598), seigneur de Goux et d'Auxon, fut nommé premier président du parlement de Franche-Comté, à Dole, le 30 janvier 1598. Il mourut en charge le 14 septembre suivant. Pendant sa courte présidence, il fut appelé à diriger la session des Etats de Franche-Comté qui s'ouvrit le 2 mars 1598. Originaire de Gray, docteur ès droits, il fut reçu bourgeois de Vesoul où il possédait plusieurs maisons en 1555 ; il était en 1575 conseiller au Parlement. Il acheta la seigneurie de d'Auxon-lez-Vesoul en 1580.


Claude de MARBEUF (1580-1661), fut nommé premier président du parlement de Bretagne "au semestre d'août" en 1618, et le restera 32 ans. Il avait été précédemment conseiller (1606) et procureur général (1612). Il était également Lieutenant du Roi en Bretagne.
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Jean BOYVIN (1575-1650), fut reçu premier président ("chef et président") du parlement de Dole en 1639. Il avait été précédemment avocat (1600), avocat général au parlement (1609), conseiller (1618). Il avait été nommé par la commission du Parlement pour commander la défense de Dole lors du siège de cette ville par le prince de Condé en 1636.
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Nicolas BRIOT (ca1580-1641), seigneur de l'Isle-sur-le-Doubs, docteur ès droits, premier conseiller au parlement de Dole, mourut vice-président le 11 juin 1641. Cité comme un des plus fameux avocats du Barreau où il était entré en 1600, l'archiduc lui délivra des lettres patentes le 2 juillet 1620 de conseiller.


Claude GARNIER (ca1580-1641), vice-président et premier conseiller au parlement de Dole, mourut en charge le 30 novembre 1654. Co-seigneur de Falletans, distributeur de l'Université (1619), conseiller et avocat fiscal (1628), conseiller ordinaire (1639).


Claude BOYVIN (1575-1650), nommé par Louis XIV premier président ("chef et président") du parlement de Dole l'année de la conquête de la province 1674. Il avait été précédemment maitre général des monnaies (1639), vicomte-mayeur de Dole (1647), avocat général au parlement (1651), conseiller (1655). Il est mort 8 jours après sa nomination à la présidence.


Claude-François BOQUET de COURBOUZON (1715-1755), fut conseiller (1737) puis président à mortier au Parlement de Besançon par lettres patentes du 22 janvier 1752. Il est l'auteur d'un Mémoire sur les Etats de la province qui fut lu les 17 et 24 décembre 1755 à l'Académie, dont il fut le second président. Il est mort le 15 janvier 1755 à 39 ans, avant son père, qui lui a succédé.


Pour ne pas perdre la charge de président à mortier de son fils, Claude-Antoine BOQUET de COURBOUZON (1682-1762) lui a succédé en 1754. Chevalier, premier baron de Courbouzon, il était conseiller en 1704. Co-fondateur de l'Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon (1752) dont il fut le Premier secrétaire perpétuel.
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Bénigne BERBIS (ca1700-1774), baron d'Esbarres, 1er marquis de Rancy, seigneur de La Nivelle et de Molaise, a été premier président au parlement de Bourgogne. Il a été reçu en la Chambre de la Noblesse en 1757.


Claude-Antoine-Catherine BOQUET de COURBOUZON (1741-1813) est le troisième président à mortier de ce nom. Petit-fils du précédent, il a été en charge jusqu'à la supression des parlements par les révolutionnaires en 1791.
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Lorsque le parlement de Metz fut rétabli en 1775, on choisit pour mettre à la tête de cette cour souveraine, un magistrat éprouvé par trente-cinq années de services. Etienne-Joseph-François-Xavier CHIFFLET d'ORCHAMPS, né le 8 décembre 1717, fut reçu premier président du parlement de Metz le 7 décembre 1775 ; il avait alors cinquant-huit ans. (voir ici). Il avait été précédemment conseiller, président à Mortier (1755), premier président (1771) au Parlement de Besançon. Il exercera à Metz jusqu'à son décès en 1782. Il est un des co-fondateur de l'Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon (1752)
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Le lit de justice (scéance solennelle du parlement en présence du Roi) tenu à Versailles le 7 août 1787
généralement considéré comme le dernier, bien qu'un autre eu lieu le 8 mai 1788