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Adam de CAMBRAI

Premier président au Parlement de Paris








Un des plus fidèles à Charles VII, ses services consistèrent en importantes missions et prêts d'argent.

Né à Montépreux, dans le diocèse de Châlon-sur-Marne, le cursus et la carrière universitaire d'Adam de Cambrai (ou de Cambroy) nous sont moins bien connus que sa vie de parlementaire. Des correspondances suivies avec Gérard Machet (confesseur de Charles VII, évêque de Castres, président de l'Université) montrent qu'il avait été étudiant au collège de Navarre à Paris. Maître ès arts, licencié in utroque jure, il n'a pas été docteur régent en droit comme peut le laisser supposer sa nomination comme conseiller au Parlement en 1412.

"Procureur de la nation française", il la représente dans l'ambassade solennelle envoyée à la conférence d'Auxerre en août 1412. Durant 4 semaines les princes vont tenter d'instaurer la paix dans le royaume de France. La cérémonie solennelle de la "paix d'Auxerre" a lieu le 22 août en présence de Charles d'Orléans (le roi son père étant malade) et Jean sans Peur.

Quelques mois plus tard, le 26 novembre 1412, il commence une carrière de parlementaire comme conseiller clerc à la chambre des Enquêtes du Parlement. A ce titre il est l'un des membres de la délégation parlementaire chargée de conseiller le gouvernement lors de la réformation des finances en 1414. Conseiller laïque le 12 novembre 1416, il quitte la capitale lors de la rentrée des Bourguignons dans Paris, pour suivre le dauphin Charles, âgé de 15 ans, qui est parti à Bourges (juin 1418) et qui se proclame régent du royaume. Il établit la Cour des Comptes à Bourges et le Parlement à Poitiers où il restera 18 ans.

Après avoir assassiné le chancelier Henri de Marle, le 12 juin 1418, les Bourguignons installent à sa place Eustache de Laistre. En réaction, par lettres patentes du 21 septembre 1418, Charles donne pouvoir à Jean de Vailly, président en parlement, et autres conseillers dont Adam de Cambrai, de tenir "une cour souveraine et chancellerie" en la ville de Poitiers pendant l'absence du chancelier.

Charles, fils du roi et régent du royaume, donne procuration le 19 novembre 1419 à Adam de Cambrai pour négocier l'acquisition des seigneuries de Parthenay et Matheselon. Des lettres du régent Charles, dauphin de France, datées du parlement de Poitiers le 23 septembre 1420, commettent Adam de Cambrai pour faire démolir les forteresses non tenables du Poitou et faire réparer les autres pour pouvoir tenir tête aux attaques des Anglais. Il est récompensé pour ses services la même année en devenant troisième président au Parlement,

A la mort de son père en 1422, le régent Charles se proclame roi de France sous le nom de Charles VII.

« Saisi en 1424 du scandale Craon-Rais-Meschin, Charles VII envoya pour enquêter le président du Parlement de Poitiers, Adam de Cambrai. Quand on se rit d'un évêque et d'un pape, on ne respecte guère un président de parlement. Jean de Craon et Gilles de Rais n'entendent pas être enquêtés comme des bourgeois ou des petits seigneurs. Ils partent, avec des hommes d'armes, au devant d'Adam de Cambrai ; il défont l'escorte, frappent et détroussent le président. Adam de Cambrai rentre à Poitiers, fait son rapport au Roi. Le crime était grand. Attaquer, molester, dépouiller un président de parlement, missionnaire du Roi, c'était, à la lettre un cas pendable. Mais l'autorité royale était alors inexistante en face de si puissants seigneurs. » (Gilles de Rais et son temps, Georges Meunier, 1949)

En 1425, le Roi l'envoya à Saint-Jean-d'Angély demander de l'argent, sous forme d'emprunt, destiné à faire regner la justice et à faire cesser le pillage. Mais le corps de ville répondit qu'il ne pouvait satisfaire cette demande et lui donna une épée comme présent.

Il fut pourvu de la charge de président du conseil delphinal (devenu Parlement du Dauphiné en 1453) à Grenoble le 15 septembre 1428. Il est remplacé par Etienne de Guillon le 16 novembre 1429.

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré à Reims, aux côtés de Jeanne d'Arc.

Pourvu de la charge de premier président du Parlement de Poitiers en 1434, il fait partie des ambassades françaises envoyées au congrès d'Arras en 1435, et aux conférences de Calais en 1439. Il conserva même ses fonctions lorsque le parlement fut rétabli à Paris, et occupa le lieu et place de Philippe de Morvilliers, le plus cruel tyran que l'homme eut vu à Paris..

Quand Étienne Laisné, seigneur du fief de la Queue à Créteil, rentra, en 1435, avec l'armée royale, dans Paris, libéré de l'occupation anglaise, il eut une désagréable surprise. Sa belle-sœur, Catherine La Guérine, avait vendu son domaine au premier Président du Parlement de Paris, Adam de Cambrai. De longues procédures s'en suivent entre l'ancien et le nouveau propriétaire, au cours desquelles l'un et l'autre allèrent à trépas... Etienne Laisné, qui avait obtenu un arrêt en sa faveur, légua ces biens à l'Hôtel Dieu de Paris. Ils sont aujourd'hui l'hôpitale Henri Mondor de Créteil.

En 1438 les parisiens furent victimes d'une famine et d'une peste affreuses. Le roi se hâta de quitter la ville ; les princes, les seigneurs, les gens de guerre la désertèrent en foule ; et c'est Adam de Cambrai, le prévôt de Paris (Ambroise de Lore) et le président de la Chambre des Comptes (Simon Charles) qui, bravant les dangers de la contagion, prodigèrent les secours et en même temps défendirent contre les incursions des Anglais.

Le 18 juin 1444 des Lettres sont adressées par le Dauphin Louis II (plus tard roi de France Louis XI) aux gouverneur, gens du Conseil et des Comptes et trésorier du Dauphiné, par lesquelles le dauphin maintient en possession de l'office de châtelain de Goncelin maître Adam de Cambrai, son conseiller, premier président au parlement de Paris, en remplacement de Jean de Belléesque, de Voiron, qu'il avait pourvu du même office sur un rapport erronné. Il résignera de l'office de châtelain de Goncelin et de Morestel le 5 novembre 1446.

Il décède le 15 mars 1456 ou le 15 mai 1457. Il est enterré dans l'église du couvent des Chartreux : encastrée dans la muraille, au dessus des stalles, une lame de cuivre où était relatée la fondation faite en 1450, au profit des Chartreux, par Adam de Cambrai de concert avec sa femme ; auprès se trouvait un portrait "au vif" du premier (Topographie historique du vieux Paris, volume 4, Adolphe Berty 1818-1867).

Adam de Cambrai eut 16 enfants, dont Jeanne qui épousa Henri de Marle, premier président au Parlement de Toulouse en 1466.




Notices biographiques des ambassadeurs porte-parole et députés de l'Université de Paris au XVe siècle







Lien de Parenté

Adam de CAMBRAI
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Jeanne de CAMBRAI
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Charlotte de MARLE
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Antoinette du DRAC
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Charlotte HUAULT de MONTMAGNY
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François de GOUY d'ARSY
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François de GOUY d'ARSY
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Michel Jean de GOUY d'ARSY
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Louis, marquis de GOUY d'ARSY
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Monique de GOUY d'ARSY
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Arsène, comte O'MAHONY
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Maurice, comte O'MAHONY