Antoine DUPRAT
1463-1535
Chevalier, seigneur de Nantouillet, baron de Thiers et de Thoury, comte de Valteline
Chancelier de France, de Bretagne, du duché de Milan et de l'Ordre du Roi
Archevèque de Sens, Cardinal primat des Gaules et de Germanie, Légat du Pape
Le cardinal Duprat (portrait situé dans la sacristie de la cathédrale de Sens) et ses armes d'archevèque de Sens (tirées du site Héraldique européenne)
Antoine Duprat (ou du Prat), chevalier, seigneur de Nantouillet, baron de Thiern et de Thoury, comte de Valteline, est né à Issoire en Auvergne, le 17 janvier
1463 dans une famille bourgeoise de marchands et de clercs. Après avoir acquis une formation juridique en Italie puis à Orléans, il suivit longtemps le
barreau au Parlement de Paris, où il acquit une grande réputation. Il fut pourvu de la charge de lieutenant au bailliage de Montferrand en 1490,
charge qui cumulait au niveau provincial les fonctions judiciaires, financières et militaires, ce qui en faisait le plus haut représentant du pouvoir royal,
et lui confèrait une autorité dans tous les domaines.
Il fut nommé avocat général au Parlement de Toulouse en 1495 où il se distingua lors du procès du Maréchal de Gié, ancien favori de Louis XII, qu'il avait
été chargé de faire condamner par le Roi en personne. Georges d'Amboise et Anne de Bretagne, à l'origine de la disgrâce de Gié, prirent Antoine Duprat sous
leur protection. Dès lors la carrière du jeune conseiller allait connaître une progression fulgurante !
Il fut tiré de cette charge par le roi Louis XII, qui le fit maître des Requêtes par lettres du 24 novembre
1503. Il fut reçu le 25 janvier suivant et en cette qualité présida aux états du Languedoc. Deux ans après il fut pourvu de la charge de quatrième président
au Parlement de Paris, par lettres données à Mehun-sur-Yevre le 2 novembre 1506, en considération des bons, notables et recommandables services qu'il
avait rendus, tant en son office de Maître des Requêtes qu'en plusieurs autres charges et commissions dedans et dehors le Royaume.
Il y fut reçu le 1er décembre de la même année et, après que Jean de Ganay ait été élevé à la dignité de Chancelier de France, il lui succéda en celle
de Premier Président en 1507, laquelle il exerça avec beaucoup d'intégrité. On lui doit notamment la rédaction de la Coutume d'Auvergne ordonnée en 1510
par le roi Louis XII. Il cumulait cette charge avec celle de premier président au Parlement de Bretagne.
Lorsque le roi François 1er fut parvenu à la couronne, il l'honora de la dignité de Chancelier de France, pour laquelle il fit le serment
le 7 janvier 1514. Il accompagna ce prince l'année suivante en Italie, où après la conquête du duché de Milan, il en fut pareillement créé Chancelier,
et signa, le 18 août 1516, avec le pape Léon X, le concordat de Bologne donnant au Roi le privilège de nommer les prélats. Il fut aussi chancelier de Bretagne, en 1519, à la mort de Philippe de Montauban, et avec le comte de Laval qui en était gouverneur, il mena la politique conduisant à l'annexion de la Bretagne en achetant au besoin le soutien des membres influents de la haute noblesse locale.
Le chancelier Duprat
Sculpture française conservée au Louvre (Site insecula)
Le chancelier Duprat
un des 327 portraits d'illustres du château de Beauregard à Celettes (41)
Le Roi allant pour la seconde fois en Italie, laissa Antoine du Prat principal conseiller de la régente sa mère, sous l'autorité de laquelle, après la funeste bataille de Pavie, il administra les plus importantes affaires de l'état. Il présida notamment la conférence de Cambrai où la paix des dames fut signée le 5 août 1529 entre Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche.
Quelques années après la mort de sa femme il avait embrassé l'état ecclésiastique en 1517. Il obtint l'abbaye de Saint-Benoist-sur-Loire et
successivement les évêchés de Meaux et d'Albi, puis l'archevêché de Sens en 1525, et enfin, à la prière et recommandation du Roi, il fut créé cardinal
du titre de Sainte Anastasie le 3 mai 1527 par le pape Clément VII qui l'honora depuis de la qualité de son légat a latere en France par Bulles du 4 juin 1430. Il fit en cette qualité son entrée solennelle dans Paris le 17 décembre de la même année. Michelet, qui ne l'aimait guère, prétendit que si le chancelier Duprat voulait atteindre les sommets de la hiérarchie ecclésiastique c'était uniquement "Parce qu'on ne pend pas un Cardinal ! " Pour d'autres, ce changement d'état était le seul moyen, à défaut d'une illustre naissance, de traiter de pair avec les grandes familles.
Portrait du chancelier Duprat gravé par Balthasar Moncornet (1600-1668)
Le cardinal du Prat entrant à Paris
Deux ans auparavant il avait convoqué un concile provincial des évêques suffragants de sa province de Sens, où il présida et condamna l'hérésie naissante de Luther.
Il couronna la reine Éléonore d'Autriche à Saint-Denis et fut chancelier de l'ordre de Saint-Michel .
A la mort de Clément VII (25 septembre 1534), il ne craignit pas de réclamer l'appui de son maître pour obtenir la tiare, offrant d'ailleurs, pour ne pas obérer l'épargne, de pourvoir de ses deniers aux frais de l'élection, au moyen d'une réserve de 400 000 écus ; mais le Roi ne le soutint pas et envoya même à Nantouillet, dès le lendemain, prélever à titre d'emprunt 100 000 écus sur la réserve destinée à opérer sur le conclave.
Antoine mourut comblé de biens et d'honneurs, en son château de Nantoüillet le 9 juin 1535, en sa 72ème année. Son cœur fut porté en l'église-cathédrale de Meaux et son corps en celle de Sens en laquelle son petit-fils fit élever un superbe monument à sa mémoire.
Le Roi ayant cruellement besoin d'argent fit d'importants "emprunts" sur la succession d'Antoine du Prat, reprenant après sa mort ce qu'il avait donné de son vivant !
Portrait du cardinal et chancelier Antoine Duprat, reproduction d'une lithographie in-fol. et in-8° de Delpech,
prise sur un tableau du temps de la Bibliothèque royale, où Duprat est en costume de Cardinal.
Le château de Nantouillet (Dessin à la mine de plomb estompée sur papier beige, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie)
C'est parce qu'il espérait pouvoir acheter son élection en tant que pape que le chancelier Antoine du Prat avait accumulé dans un caveau secret de son château de Nantouillet quelques 400 000 écus cachés dans des tonneaux. Il mourut en 1535. Aussitôt le roi investit son château, tous les biens du chancelier furent saisis mais son trésor resta introuvable. Le château de Nantouillet repose sur un système complexe de souterrains où fort probablement. reposent les tonneaux d'or.
Relevé du gisant du tombeau du cardinal Duprat
Cathédrale de Saint-Etienne de Sens
-base Mémoire du Ministère de la culture-
Les trois premiers livres de Diodore de Sicile, traduits en français par Antoine Macault. :
enluminure représentant Antoine Macault lisant sa traduction au roi François 1er et à sa cour.
On y voit :
Charles, duc d'Orléans,
Le chancelier Duprat,
Antoine Macault,
Anne de Montmorency,
Guillaume Budé,
Le futur Henri II,
Florimond Robertet,
Claude d'Ursé.
(L'oœuvre originale a été réalisée par Jean Clouet)
Homme de pouvoir et d'influence considérable, second personnage de l'État après le Roi, le Chancelier Duprat fut un personnage très controversé, et
un de ses arrière-neveux, le marquis Duprat, a écrit sa vie pour réhabiliter sa mémoire. En effet sa vie entière fut tournée vers le service de
François 1er, avec comme objectif l'accroissement du pouvoir de son souverain, et sans doute (!) l'accroissement de sa propre richesse, ce en quoi
il réussit parfaitement dans les deux cas au prix de quelques "affaires" qu'on lui reprochera par la suite, comme celle de Semblencay [1] et celle du
connétable de Bourbon [2] .
A droite : Antoine Duprat, Chancelier et cardinal, légat (Ecole de Jean Clouet)
- Jean de Beaune, sire de Semblencay, grand argentier du Roi, qui fut accusé à tord, et condamné à mort en 1524 sur un dossier monté de toutes pièces par Duprat . qui s'appropria les biens du condamné.
- Charles de Bourbon eut des démêlées avec la Reine mère qui voulait s'approprier les biens de son épouse morte sans enfants en 1521. L'affaire menée par Duprat conduira le connétable à se mettre au service de Charles Quint en 1523 et à combattre la France.
Plat armorié, aux armes du cardinal Duprat
Et pour en savoir plus ...
Antoine Duprat avait épousé Françoise de Veyni d'Arbouge dont il eut Antoine, qui continua la descendance, Guillaume, qui fut évêque de Clermont, et Géraude, mariée à Mery Rouvroy de Saint-Simon, dont nous descendons.
Lien de Parenté
Antoine du PRAT
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Géraude du PRAT (1686-1724)
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Antoinette de ROUVROY de SAINT-SIMON
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Antoine de CANONVILLE
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Jehanne de CANONVILLE
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Gabriel d'AMPHERNET (1605-1693)
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René III d'AMPHERNET (1658-1736)
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Gabriel II d'AMPHERNET (1692-1748)
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Antoine Michel d'AMPHERNET (1730-1797)
¦
Antoine Henri d'AMPHERNET (1759-1796)
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Charles Félix d'AMPHERNET (1788-1827)
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Michel d'AMPHERNET (1820-1886)
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Marthe d'AMPHERNET (1856-1936) épouse de Maurice, comte O'MAHONY