Léonard des POTOTS
Premier président et chef du conseil du Parlement de Dijon
Chevalier, seigneur de Fourg et d'Ouhans
Armoiries du président des Potots
d'azur au pot d'or rempli de trois fleurs de lys d'argent tigées de même.
Léonard (Liénard) des Potots ou Despotots, chevalier, seigneur du Fourg et d'Ouhans, conseiller du Roi, premier président et chef du Conseil du Parlement de Dijon (précedemment Parlement de Bourgogne hébergé à Beaune), Maître des Requêtes de l'Hôtel, Maître des Comptes à Paris et Trésorier de France.
Après la mort du dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, le roi Louis XI se rendit maître du duché et du comté de Bourgogne. Les 3 états de ces pays le supplièrent d'établir pour le duché de Bourgogne
et le comté de Charolais, une cour souveraine et d'entretenir les parlements de Dole et de Saint-Laurent pour les comtés de Bourgogne et d'Auxonne. Le Roi l'accorda par Lettres données à Arras le 18 mars 1476.
Ce nouveau parlement devait siéger pendant 3 mois chaque année et siéger une année à Beaune et à Saint-Laurent et l'année suivante à Dole. Ces premières lettres n'eurent pas une exécution tranquille, et
quand les troubles céssèrent il y eut de secondes Lettres du 9 août 1480, instituant un Parlement pour les deux provinces, avec commission à Louis d'Amboise, évêque d'Alby et son lieutenant
dans les Pays de Bourgogne, pour en régler l'exécution. Le lendemain un office de second président (président à mortier) fut créé pour Léonard des Potots.
Après la mort du premier président Jean Jaquelin, il fut pourvu de sa charge le 23 décembre 1481 et reçu le 12 janvier suivant.
Fils d'Etienne des Potots, élu 6 fois co-gouverneur de Besançon, et de Jeanne du Change dont le père a été également plusieurs fois élu co-gouverneur, Léonard a dû naitre
vers 1420, ses parents s'étant mariés par contrat du 24 février 1414 et ayant eu au moins 7 enfants. Licencié ès lois et décrets, juge de la régalie à Besançon, il servit d'abord
Philippe (le Bon) -qui l'envoya en mission auprès d'Henri VI d'Angleterre en 1451- et
Charles (le Téméraire), derniers ducs de Bourgogne, en qualité de maître des requêtes de leur hôtel et de conseiller au parlement de Dole et de Saint-Laurent de 1447 à 1461.
Lors de l'insurrection contre des gouverneurs fomentée en 1451 par Jean Boisot qui y laissa sa tête, Léonard se retira à Dole, ainsi que Pierre des Potots le vieil (son père) alors cogouverneur,
dont la populace pilla le logis, et Pierre des Potots le jeune. De retour dans la cité, le quartier de Saint-Pierre l'élut cogouverneur le 24 juin 1452.
Le 7 février 1453 Léonard des Potots quitta Besançon pour rejoindre Jean Jouard (plus tard le premier des présidents nommés par Louis XI) à Dijon. De là tous deux partirent pour les Flandres, avec mission d'obtenir du duc "le fait d'avoir à Besançon une Université,
ou celle de Dole se fère se peult".
Ils étaient de retour au milieu du mois
de mai suivant sans avoir obtenu gain de cause pour le transfert de l'Université mais ayant obtenu le retrait complet des troupes, à savoir la garde imposée à Besançon par Thiebaud de Neufchâtel.
Ils rentrèrent à Besançon où ils recueillirent l'hommage de la reconnaissance des habitants.
Léonard, réélu cogouverneur en 1454, et conseiller au Parlement de Dole, retourna à Bruxelles en mai 1464.
Continué dans ses fonctions de maître des requêtes par Charles le Téméraire en 1467,
il était le 28 novembre, après l'écrasement à Brusthom des milices liégeoises, aux côtés du nouveau duc à Liège, lors de la signature du traité de paix avec cette cité.
En 1468, au retour d'un nouveau voyage en Flandre, il reçut du Magistrat de Besançon six bichots d'avoine comme cadeau de bienvenue.
L'an 1472, c'est auprès du duc d'Autriche qu'il est député par le duc, ainsi que Pierre de Hagenbach, grand bailli de Ferrette, et Bernard de Ramstein son lieutenant,
dans le but de négocier le mariage de Marie, fille de Charles le Téméraire, avec l'archiduc Maximilien (Jacques Pourcelot, trésorier ducal, leur avance à cet effet 222 francs
11 gros).
Après la bataille de Morat (22 juin 1476), Charles le Téméraire, en route du camp de la Rivière pour aller faire le siège de Nancy, passe, le 25 septembre 1476 à Besançon,
et c'est chez Léonard des Potots
qu'il dîne en son hôtel de la rue Saint-Pierre.
Après la mort du duc Charles tué devant Nancy le 5 janvier 1477, il vint au service du roi Louis XI, lequel après le réduction entière de la Bourgogne en son obéissance, l'honora des charges de maître des
requêtes ordinaire de son hôtel, maître en sa Chambre des comptes à Paris, trésorier de France (en Languedoc le 28 septembre 1480 en remplacement de Philibert Boutillat décédé le 15)
et chef de son conseil en Bourgogne. Et comme autant d'emplois semblaient incompatibles, Sa Majesté lui fit expédier ses Lettres le 11 octobre 1480, par lesquelles il lui était permis
de jouir des gages attribués aux dites charges, et desquels la jouissance lui fut continuée pendant l'exercice des charges de second et premier président. Il lui donna aussi permission d'acquérir seigneureries, rentes et revenus, tant aux duché,
comtés de Bourgogne et d'Auxonne, que ressort de Saint-Laurent, telles qu'elles pourraient être, soit en fief ou franc-aleu, en toute justice, haute, moyenne et basse, nonobstant
qu'il fut premier président et qu'il n'était permis alors à aucun officier,même au président, en la province où il présidait, d'acquérir aucune terre, rentes ou revenus.
Il avait été nommé un des commissaires chargés de poursuivre le procès du duc d'Alençon qui sera condamné à mort en 1474 (Louis XI ne fera pas exécuter la sentence).
« En 1477, parmi les citoyens qui présidaient au conseil de la ville de Besançon et dirigeaient ses detinées, se trouvait Léonard des Potots, jurisconsulte estimé, conseiller maître des requêtes dont l'influence était prépondérante à Besançon, chez qui avait logé Charles le Téméraire.
Après s'être emparé de Châtillon-le-Duc, le sire de Craon dépêcha deux hérauts d'armes chargés de notifier aux citoyens de Besançon qu'ils éteint requis d'accorder à Louis XI tous les droits dont jouissaient
dans cette ville les derniers ducs de Bourgogne. Dès qu'on annonça aux gouverneurs que deux envoyés français étaient arrêtés à la porte de Battant, ils se réunirent et décidèrent unanimement qu'aucune obéissance ne serait faite au Roi
et chargèrent Léonard des Potots de la réponse. Il arriva près de la barrière, accompagné d'une suite de citoyens et de seigneurs alors retirés dans la ville. Quand les herauts eurent expliqué l'objet de leur mission, Léonard, parlant au nom de ses concitoyens, répondit que la cité était impériale, qu'elle avait pour souverain l'empereur,
qu'elle ne connaissait ni le roi de France ni son lieutenant, et que, ne leur devant rien, jamais ils ne lui feraient obéissance, ne sachant même pas à quel titre il se disait duc et comte de Bourgogne. Les hérauts retournèrent à Châtillon-le-Duc
et rendirent au sire de Craon la réponse de la ville. Le lendemain, l'un des deux, accompagné d'un trompette, revint à la barrière. Il fut reçu comme la veille par Léonard des Potots qui répéta la même réponse. Le héraut déclara alors qu'il était chargé par son maître, lieutenant du Roi dans les deux Bourgognes, de défier la ville à feu et à sang,
assurant qu'une fois prise elle serait détruite et nivellée au sol. A ces paroles Léonard des Potots changea de visage, la rougeur de la colère lui monta aufront, et avec l'expression de
l'indignation la plus vive, rigoureusement et en grand dépit, disent les témoins de la scène, il dit au héraut de repartir sans ajouter un mot de plus ; que, si au nom du Roi
la ville était défiée, elle le défiait à son tour ; que ni le Roi
ni toute sa puissance ne pouvait rien contre Besançon, plus fort et plus imprenable qu'aucune place de ses Etats. Ce langage d'un patriotisme exalté fut applaudi dans toute la ville quand il fut connu. Les gouverneurs assemblés avec l'archevêque remercièrent
unanimement leur concitoyen qui avait si énergiquement traduit leur pensée. La vigueur de ces bourgeois fit réfléchir le sire de Craon qui préféra ne pas courir le risque d'un siège avec de pareils hommes et dirigea son armée sur Dole. » (Edouard Clerc, président de l'Académie de Besançon, 1873).
Au mois de juillet 1478 débuta une trève d'un an entre la France et le comté de Bourgogne. Cette suspension d'armes fut plus fatale aux Bourguignons que la guerre. Le Roi mena des intrigues
au sein du comté. Il donna Louise de Savoie, sa nièce en mariage à Hugues de Châlon en échange de son engagement à livrer toutes ses places et forteresses ; il promit à Charles de Neufchâtel, archevêque de Besançon, la conservation
de son diocèse et des vastes terres de sa famille contre le même engagement, etc. Louis XI sut également gagner Léonard à sa cause comme le montrent deux lettres de recommandation
portant sa signature, datées des 13 et 14 juillet 1479, soit quelques jours seulement après le traité signé par la ville avec le Roi.
La première était le don d'un office de juge pour le Roi à Besançon, et l'autre une demande
de prébende en faveur de son frère.
Besançon était maintenant divisée entre partisans des français et ceux des bourguignons. Le 7 août 1479 la ville ouvrit ses portes à Charles d'Amboise qui lui confirma ses privilèges de cité impériale. C'est Léonard des Potots, avec les autres gouverneurs du parti français, qui vint le recevoir en grande pompe à la porte de Battant.
Sa belle mère, Simone Sauvegrain, était très proche de la famille ducale, ayant été la nourrice du futur Charles le Téméraire. Elle resta dans le parti des Bourguignons et, le 23 octobre 1480, le Roi transfère à Léonard des Potots, chef de son conseil en Bourgogne, et Isabeau Morel, sa femme, ainsi qu'à Pierre Morel, la rente de 200 francs au
rachat de deux mille livres que les feux Ducs Charles et Philippe avaient assignées à feux Jean Morel et sa femme sur les tabellionages de Beaune et de St-Jean-de-Losne, laquelle
rente est confisquée sur la dite Simone pour avoir prisle parti contraire au Roi.
Dans ces comptes, le receveur du baillage de Dijon pour l'année commençant le 1er décembre 1480 note que deux cents livres ont été payées à Messires Leonard des Potots,
chevalier, conseiller du Roi et l'un des Présidents au Parlement de Bourgogne et Pierre Moreau (Morel), ecuyer, seigneur de Menans, que le Roi leur a données par la confiscation
de Simone Sauvegrain leur belle-mère pour avoir suivi la Duchesse d'Auteriche.
Il reçut en janvier 1482 des Lettres patentes de Louis XI lui accordant la naturalité, ainsi qu'à ses enfants.
Il a fait son testament le 28 juin 1488, est mort l'année suivante (son successeur fut nommé le 15 mars et reçu le 27 avril) et est inhumé en l'église Saint-Pierre de Besançon, en la chapelle des Potots, où il est encore entier dans le charnier (Le Parlement de Bourgogne par Pierre Palliot 1649)
Il avait épousé Ysabeau, fille de Jehan Morel, gouverneur de la Chancellerie sous Philippe le Bon et de Simone Sauvegrain, qui avait été la nourrice de Charles le Téméraire. Après la mort de son mari
, en 1438, Simone habita avec ses deux enfants Pierre et Ysabeau, l'hôtel que son mari avait fait construire en 1435 à Dijon. Et comme Ysabeau avait épousé Léonard des Potots qui avait été envoyé comme ambassadeur en Angleterre, cet hôtel prit le nom d'hôtel des ambassadeurs d'Angleterre.
Lien de Parenté
Léonard des POTOTS
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Isabeau des POTOTS
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François DUCHAMP
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Anne Claude DUCHAMP
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Claude Philippe GARNIER
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Pierre Ferdinand GARNIER de FALLETANS
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Paul Eugène GARNIER de FALLETANS
¦
Marie-Eugénie GARNIER de FALLETANS
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Maurice, comte O'MAHONY