Pierre d'Orgemont
1322-1389

Seigneur de Méry-sur-Oise et de Chantilly
Premier président au Parlement de Paris (1355)
Chancelier de France (1373-1380)
Chancelier du Dauphiné (1384)



portrait   blasons
Gravure de Chaillot d'après l'effigie de la tombe du chancelier et armoiries



La date de sa naissance à Lagny-sur-Marne est incertaine. Il commence sa carrière en 1340 comme avocat au Parlement de Paris, où il est nommé conseiller, maître clerc en mai 1347, puis délégué à l'Echiquier de Normandie en 1350.

Son rôle était alors assez considérable pour que le roi lui confia des missions importantes. Le roi Jean le Bon (1350-1364) le chargea également d'administrer les duché et comté de Bourgogne durant la minorité de son beau-fils le jeune duc de Bourgogne Philippe de Rouvre (mort de la peste en 1361).

Tout en s'occupant de l'administration de la Bourgogne, il continuait à siéger au Parlement de Paris, et vraisemblablement à l'Echiquier.

Lorsqu'en 1355 le dauphin fut nommé lieutenant du roi en Normandie, Pierre d'Orgemont fut un de ceux qui l'accompagnèrent dans ce duché. Il dut rendre de grands services au duc de Normandie car celui-ci lui fit don de 300 écus d'or le 11 juin 1356 et peu après lui accordait 200 moutons d'or pour le couvrir de ses frais et missions.

Devenu maître des requêtes de l'hôtel puis quatrième président au Parlement de Paris, employé à de délicates missions en Bourgogne et en Normandie, conseiller influent et écouté de la couronne, il fut naturellement l'un de ceux contre lesquels s'acharnèrent les meneurs des Etats de 1356-1357, Etienne Marcel et Robert Le Coq. Il fut ainsi destitué de ses offices le 3 mars 1357 et ses biens de Gonesse furent pillés.

Sa disgrâce, exigée par les Etats, ne servit qu'à augmenter la confiance que le dauphin avait en lui et il est probable qu'il fut un des conseillers qui inspirèrent le dauphin, quand celui-ci se fit nommer régent du royaume (1358) pendant l'absence du roi, prisonnier des Anglais après la bataille de Poitiers (1356-1360).

Le régent, devenu roi en 1364, sous le nom de Charles V (1364-1380), s'attacha de plus en plus à son fidèle conseiller. De la charge de Conseiller en la Cour, il l'éleva premièrement à celle de Chancelier du Dauphiné, puis le 12 novembre 1373 il le pourvut de la charge de Premier président au Parlement de Paris, vacante par le décès de Guillaume de Sens.

Quelque jours après, le 20 novembre, le roi tint son conseil au Louvre, pour élire le chancelier de France au lieu de Jean de Dormans dernier décédé. Pierre d'Orgemont, déjà président du Parlement, fut élu par les prélats, les princes, les barons et les autres nobles, les seigneurs du Parlement, de l'Hôtel des requêtes, de l'Hôtel des comptes et les autres conseillers. "Il prêta serment le même jour entre les mains du roi, qui lui accorda 2500 livres de pension outre ses gages, attendu qu'il ne pouvait tenir aucun bénéfice ; et le fit chevalier au Louvre le jour de Noël."

Le chancelier se trouva ainsi mêlé à tous les grands évènements de l'époque, et on retrouve partout trace de son rôle prédominant. Le 24 mars 1374, Charles V le choisit pour être l'un de ses exécuteurs testamentaires, et l'envoya comme ambassadeur en Hongrie négocier le mariage de son fils Louis (le duc d'Orléans) avec Catherine, fille aînée du roi Louis le Grand ; cette alliance projetée n'aura pas de suite.

Le 24 mars 1375, il achèta le domaine de Mery-sur-Oise vendu aux enchère après l'expropriation d'Henry de Milly. Il fit aussitôt bâtir un nouveau château (dont il ne reste qu'une salle souterraine) où il reçut le roi en 1377. Le 26 mai, il obtint du roi des lettres patentes lui concédant "tout droit de justice haute, moyenne et basse, en la ville et témoin de Méry et même en la rivière d'Oize autant comme les fins et termes de lad. terre de Méry s'estendent et comportent, avec l'hommage du fief Colin Bertault, pourveu que lad. justice n'excedde point par an, la valeur de vingt livres parisis ; se réservant led. seigneur Roy la souveraineté et le ressort par devant ses juges et officiers".



portrait
Signature de Pierre d'Orgemont



Peu avant sa mort, survenue le 16 septembre 1380, Charles V lui confia la clef de la Tour de Vincennes où il avait enfermé une partie de son trésor. La disparition du roi dont il avait été un des plus fidèles serviteurs, termina pour ainsi dire la carrière active de Pierre d'Orgemont. Au lendemain de l'avènement de Charles VI, discussions et conflits apparurent entre les ducs d'Anjou et de Bourgogne. Pierre se rangea au parti du duc de Bourgogne, qui était le protecteur de sa famille, et se démit de ses fonctions de chancelier. Le départ du duc d'Anjou pour l'Italie et la prédominance du duc de Bourgogne dans le gouvernement royal lui permirent de reparaître momentanément sur la scène politique. Il faisait partie du conseil de Charles VI et accompagna Philippe le Hardi dans l'expédition en Flandre de 1383. S'il ne recouvra pas les sceaux de France, il demeura chancelier du Dauphiné, et la faveur du roi et du duc de Bourgogne continua de s'étendre sur ses fils.

En juin 1386, Guy de Laval lui vendit Chantilly, pour 8 000 livres tournois. Pierre entreprit aussitôt la réfection du château, pour en faire une véritable forteresse, travaux que poursuivit son fils Amaury. Cette même année, Philippe le Hardi le désignait au nombre de ses exécuteurs testamentaires.

Il fit son testament le 19 mars 1387, partageant ses biens entre ses dix enfants qu'il avait eu de son mariage avec Marguerite de Voisines. Il légua sa maison des Tournelles à son fils aîné Pierre, évêque de Paris, qui l'habitait déjà. Baptiste hérita de Chantilly. Notre ancêtre Guillaume eut Méry.

Pierre mourut le 3 juin 1389, âgé de 86 ans, dans l'hôtel des Tournelles qu'il possèdait à Paris, près de la rue Saint Antoine, et dont plusieurs historien lui attribuent la reconstruction en 1388. Il fut inhumé dans l'église Sainte Catherine, dans la chapelle de la Trinité qu'il avait fondée, et où sa femme reposait déjà.



portrait
Tombe de Pierre d'Orgemont au couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (BNF)
Ci-gisent les corps de Messire Pierre d'Orgemont , vivant chancelier de France et de Dauphiné, qui trépassa l'an M CCC LXXXIX
et de Marguerite de Voisines, sa femme, qui trépassa l'an M CCC LXXX.










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Pierre d'ORGEMONT
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François de MONTMORENCY
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X Maurice, comte O'MAHONY