En Irlande au XVIe siècle, époque où les souverains anglais tentaient avec des succès divers, d'unir sous leur férule les descendants des rois celtes et les seigneurs anglo-irlandais
à la tête de peuples
qui s'affrontaient sans cesse, la confiscation demeurait le châtiment d'une rébellion. Henri VIII, roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à 1547, redistribuait volontiers les
terres confisquées
à des chefs irlandais, pour obtenir de leur part une soumission complète. De même qu'après sa rupture avec Rome, il s'intituait en 1537 chef de l'Eglise d'Irlande
et prononçait la dissolution des abbayes, couvents et monastères de l'Eglise catholique celte, dont les biens furent donnés à ses plus loyaux serviteurs. De plus en encourageant l'assimilation, en élevant à la pairie les descendants de la noblesse normande et
des roitelets irlandais,
en réunissant au sein du parlement les représentants des deux races, et par d'autres mesures éclairées, le Roi ambitionnait de transformer en loyaux sujets tous les habitants de son
royaume d'Irlande, qu'ils soient gaëls,
anglo-normands ou anglais. Pour s'acquitter de cette délicate mission, il envoya en 1520
Thomas Howard, comte de Surrey et plus tard 3e duc de Sufolk, comme son lieutenant en Irlande.
Voir ici.
Ses successeurs, Edouard VI (1547-1553), Marie Tudor (1553-1558) et Elizabeth Ire (1558-1603) ne continuèrent pas sa politique d'assimilation pour différentes
raisons dont les principales étaient l'indocilité des chefs locaux et la pression des milieux d'affaires anglais avides d'obtenir des concessions de terres à coloniser.
La Couronne cessa donc de distribuer à des chefs irlandais les terres confisquées et créa des "plantations" ; elle existaient sous deux formes : les exemplaires et les punitives.
Les premières étaient des communautés agricoles, constituées par des colons anglais, devant servir de modèle pour les irlandais. Les secondes consistaient à donner à des "undertakers" (entrepreneurs) anglais les terres confisquées
après les rébellions. En contrepartie ces entrepreneurs avaient obligation de conserver fidèlement les mœurs de la métropole et la langue anglaise, de défricher les champs,
de défendre le pays, de maintenir les routes et les gués, de bâtir une église dans chaque ville etc., ils devaient faire venir d'Angleterre tout le personnel nécessaire, leurs filles n'avaient pas le droit d'épouser d'Irlandais, etc. Les grandes familles envoyaient généralement leurs cadets en quête d'aventure gérer leurs biens et s'acquitter pour eux de ces obligations.
"Expropriés ou menacés de l'être, les Gaëls et les vieilles familles normandes irlandisées se soulevaient, résistaient plus ou moins longtemps, et cédaient devant
une soldatesque dont les instructions étaient moins de soumettre les rebelles que d'anéantir la population
en détruisant systématiquement villages, chaumières, troupeaux et récoltes" (
Histoire de l'Irlande et des Irlandais par Pierre Joannon, Perrin, 2006).
Le Munster se révolta en 1579 (rébellion des Geraldines du Desmond) et fut écrasé sans pitié en novembre 1583.
Après 4 ans de guerre, cette province
était dévastée et nombre d'habitants mouraient de faim. 574 000 acres (230 000 ha) de terres furent confisquées et, conformément à la politique en vigueur, concédés par lots à des colons anglais loyaux à la couronne anglaise, moyennant une rente différée
:
c'est ce qu'on a appelé la "plantation du Munster". C'est notre ancêtre
Valentin Browne, qui fut chargé par la Reine d'en lever les plans et de créer les lots.
Voir ici
Parmi les "undertakers" qui s'installèrent en Kerry, les plus importants sont les Herbert ; Sir William Herbert, de Saint-Julians, au comté de Monmouth, chevalier, reçut en 1586 un lot de 13 276
acres. Sa fille et seule héritière épousa Edward, Lord Herbert de Cherburry, créé en 1624 baron de Castle-Island
au comté de Kerry. Le premier de cette famille qui s'installa en Kerry est
Thomas Herbert, envoyé en 1655 par son parent le 3e lord Chirbury pour gérer ses biens. Ses descendants sont nombreux et sont
les Herbert de Muckross, les Herbert de Kilcow et les Herbert de Currans.
Voir ici.
Eleonore Howard épousa Francis
Holles et Margaret Herbert épousa son fils John Holles. Les Holles sont d'une famille fort ancienne en Angleterre.
John Holles
quitta ce royaume sous le règne de la reine Elizabeth et vint s'établir dans la seigneurie de Castle Island et dans une partie de la seigneurie que la reine a accordé à la famille
de sa femme.
Ils sont les quadriaïeux maternel de Barthélemy O'Mahony.
Voir ici.
La famille
Crosbie est une autre famille anglaise qui vint en Irlande sous le règne d'Elizabeth. La fille de
Sir John Crosbie, baronnet de Nova Scotia, épousa un irlandais, Walter Fitgerald. Ils sont
les bisaïeux maternels de Barthélemy.
Voir ici.