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Maison THOMAS


seigneurs de la Caunelaye et de la Ribaudière



armoiries de Georges Thomas, vicomte de la Caunelaye, chevalier de Saint-Michel



Seigneurs de la Caunelaye


Le château de la Caunelaye



Caunelaye ou Connelaye (parfois écrit Caulnaye), autrefois en Corseul, dans l'évêché de Saint-Malo, aujourd'hui à Plancoët, dans les Côtes d'Armor (22). Cette seigneurie, érigée en vicomté en 1656, relevait partie du Roi et partie des barons de la Hunaudaye et de Montafilant. Proche de Montafilant, puissante forteresse féodale qui soutint de vigoureuses attaques, et naturellement, subissant l'influence de leurs riches voisins, les Thomas durent se ranger tout d'abord sous les bannières des seigneurs de Montafilant. Le château abrita les premières armes de plusieurs membres de la famille qui, le soir venu, pouvaient en quelques foulées de galop regagner le modeste manoir de leurs ancêtres. Pendant un siècle, quatre générations de seigneurs de la Caunelaye possédèrent la capitainerie de Montafilant au point qu'ils pouvaient presque le considérer comme un office héréditaire.
Les créanciers de François-Hyacinthe, mort sans postérité de son mariage avec une Colbert du Terron, vendirent la vicomté par adjudication du 21 mars 1718 à Luc Trouin, frère aîné du célèbre Duguet-Trouin, pour 92 500 livres. Mais, Jean-Mathurin Thomas, seigneur de la Reignerais, fit un retrait féodal le 21 août suivant avec promesse de vente à Marie-Anne de Saint-Gilles, épouse de François-Louis-Mathurin du Breil, vicomte de Pontbriand, et arrière-petite-fille de Louise Thomas (voir 10. ci-dessous), qui en prit possession le 9 décembre suivant. La première naissance de cette famille qui y lieu est celle de René-Françoise-Elisabeth du Breil de Pontbriand, née le 3 mars 1720. La Caunelaye passa ainsi chez les Breil de Pontbriand ... mais les Thomas continuèrent d'en porter sinon le titre, du moins le nom, ce qui pourrait signifier qu'ils y avaient conservé quelques biens (sur cette seigneurie voir aux AD22 E 3422).



► Les ascendants de Maurice O'Mahony sont écrits en rose
  1. Guillaume, écuyer, est compris en cette qualité dans une rente faite en 1320 par Guy de Bretagne, seigneur de Penthièvre.

  2. Robin, écuyer, servit dans les guerres de son temps en qualité d'archer de la compagnie du Sire de Montfort, qui fit montre le 19 juillet 1351.

  3. Olivier, seigneur de la Caunelaye, se distingua dans les guerres de son temps, ayant sous sa charge une compagnie de onze écuyers dont la revue fut faite à Saint-Cloud le 20 mars 1413. Il suivit en 1414 l'armée du duc de Bourbon aux sièges de Soissons et de Compiègne. Il eut pour fils Robert, qui suit, et Guillaume qui fonde la branche cadette, dite de La Ville-Gratien.

  4. Robert, écuyer, seigneur de la Caunelaye, épousa vers l'an 1400, Aliette Bernier, dont il eut Jean, qui suit, et Pierre qui accompagna le duc de Bretagne dans son voyage en France en avril 1418.

  5. Jean, écuyer, seigneur de la Caunelaye, servit dans les guerres de son temps dans la compagnie de Guillaume de La Motte qui fit montre à Bourges le 20 juin 1418. Il accompagna en France Richard de Bretagne suivant un mandement du 22 octobre 1419, prêta serment au duc de Bretagne en 1437. Il avait épousé par contrat du 5 juillet 1429 Perrine de La Goublaye dont il eut 1° Olivier, qui suit, 2° Jean qui reçut les lettres de la comtesse de Laval pour lui renouveler l'office de capitaine du château de Montafilant qu'il possède depuis cinq ans (27 mai 1480) et 3° Perrine mariée vers l'an 1480 à Gille de La Choue.

  6. Olivier II, écuyer, seigneur de La Caunelaye et de la Collènes, capitaine de 12 archers, épousa par contrat passé dans la maison de Launay le 24 décembre 1472 Jeanne, fille de Bertand Gouyon, chevalier, seigneur de Launay, de l'illustre maison de Goyon de Matignon. Il eut de ce mariage Bertrand, qui suit, et Pierre.

  7. Bertrand, chevalier, seigneur de la Caunelaye, cité le 5 avril 1494 comme capitaine et gouverneur de la forteresse de Montalifant. Il épousa Catherine Abbé (ou Labbé) dont il eut Jean, qui suit, Julien, mort sans alliance et Françoise, mariée en 1534 avec Olivier de Vaunoise.

  8. Jean II, seigneur et vicomte de la Caunelaye, seigneur de Launay, de la Gaudinaye, chevalier de Saint-Michel, commandant de la forteresse de Montalifant, était capitaine des francs archers de l'évêché de Saint-Malo et grand pensionnaire de la province. S'étant distingué en plusieurs circonstances et notamment par la défense du château de Montalifant attaqué par les Espagnols, qu'il repoussa, le Roi Charles IX, en considération de ses grands et fidèles services, et de ceux rendus aux Rois ses prédécesseurs par les seigneurs de La Caunelaye, qui y avaient sacrifié leurs biens et leur vie, érigea par lettres patentes du mois de février 1554, la seigneurie de Caulenaye en châtellenie et vicomté. Il avait épousé Marguerite de La Choue vers 1505. A l'occasion du mariage de Richarde de La Choue, sa sœur, les époux Thomas lui donnèrent le domaine de Gretay (12 juin 1506). Il eut 1° Pierre, qui suit; 2° Julien, seigneur de la Gaudinaye, sans alliance; 3° Rolland, seigneur de la Bouexière en 1550; et 4° une fille.

  9. Pierre, chevalier, seigneur de la Caunelaye, de la Gaudinais (à Ploërmel) et de Launay, chevalier de Saint-Michel, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi en 1565, était capitaine du ban et arrière-ban de l'évêché de Saint-Malo, gouverneur de la ville et château de Dinan et de Saint-Lo en 1534 et maréchal des camps. Il eut commission du Roi de lever trois cents homme d'armes pour les mener en Piemont où il eut la cuisse cassée d'un coup de canon (19 avril 1537). Il testa le 17 octobre 1551 nommant son frère Julien curateur de ses enfants. Il avait épousé Françoise, fille unique de Jean du Quellenec, seigneur de Bienassis, d'où :
    • François, baptisé à Corseul le 12 février 1539, mort sans alliance;
    • Louise, baptisé à Corseul le 30 mars 1540, mariée à Julien du Breil de Rais dont Pierre avait été le curateur avant d'être son beau-père (il fit pour lui acte de foi et hommage à la chambre des comptes de Nantes le 1er octobre 1556).
    • Georges, qui suit;
    • Jean, seigneur de Launay-Caunelaye, tué au siège de Poitiers. Les Archives nationales conservent une lettre de rémission d'août 1568, du sénéchal de Rennes, pour Jean Thomas, écuyer, seigneur de Launay en Bretagne, capitaine de 300 hommes de pied, poursuivi pour le meurtre du seigneur de Villeroul, qui l'avait attaqué sur le chemin allant à la "Coullenaye, près la ville de Placounet" (JJ//266 fol.127v°, n° 248). Il était l'époux de Gillette de Vaunoise dont il eut plusieurs enfants parmi lesquels Charles qui fut tué à 22 ans au siège de Creny sans avoir été marié;
    • Françoise mariée par contrat du 27 juillet 1554 à Olivier de Vaunoise.

  10. Georges, dit le brave la Caullenaye, seigneur de la Caunelaye, baptisé à Corseul le 18 mars 1541, fût mêlé à toutes les luttes déchaînées à la fin du XIe siècle par les querelles de partis et la guerre religieuse. Capitaine des francs-archers de l'évêché de Saint-Malo sur démission de son père (1570), il surveille le chef huguenot Montgommery qui, avec les Anglais, menace sans cesse d'un débarquement; enseigne de la compagnie de Tournemine, il parcourt la Bretagne, la Normandie et le Poitou (1573-1574); en 1576 il est enseigne de la compagnie de 50 lances du lieutenant général du Roi en Bretagne (M. de La Hunaudaye) puis capitaine garde-côtes de Saint-Malo et de Dol (1578). A cette époque (Guerres de la Ligue) le Roi défendait, retardait ou autorisait les dépars de pêche selon les vicissitudes de la politique ou les besoins de la guerre. Ainsi, au moment où se préparait la campagne de pêche de 1580, le 2 avril, et suite à une lettre missive du Roi, "M. de La Caunelaye, capitaine général de l'évêché de Saint-Malo", reçoit une commission de Monseigneur de La Hunaudaye pour arrêter les navires au soir de Pâques et fait publier, "à son de trompe, par les carrfours et les cantons, des missives du Roi défendant à tous les maîtres de la Bretagne de mettre à la voile pour Terreneuve, à moins d'un avis spécial". Le 20 avril 1580, il reçoit une lettre du Roi lui annonçant son admission dans l'ordre de Saint-Michel et la remise du collier par M. de La Hunadaye. Il est cité avec cette qualité dans une monstre du 25 août 1581. Gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi et l'un de ses pensionnaires en Bretagne, gouverneur des ville et château de Fougères, député aux Etats de Blois de 1588, maréchal de camp en l'armée de Bretagne en 1590. Il est mort en 1591 à la suite d'une blessure reçue aux environs du Fort La latte. Le chroniqueur Jehan Pichard rapporte ainsi sa mort : « Du mercredi 8 jour de mai 1591, on apprit pour certain, M. de la Cosnelaye estre mort d'une arquebusade, par lui receue à une charge entre le château de la Latte et Guingamp, comme il allait à une sienne maison, ayant pris congé de M. le Prince, environ les festes de Pâques dernières. C'est un grand dommage car c'était un très vaillant, saige et asvisé gentilhomme, autant qu'il s'en peust guères trouver, et estait du conseil de M. le Prince de Dommbes. » Et de son côté Jean du Matz dit : « Le sieur de la Cosnelaye qui faisait la charge de maréchal de camp en Bretagne, après que M. de Montsaureau se fut retiré, fut blessé en la cuisse, dont il mourut, en une escarmouche qu'il fit à quelques harquebusiers qui estaient près du château de la Latte. Ce fut perte de la mort de ce brave gentilhomme, car il était fort sage et courageux, et avait toujours bien servi le Roy. » (Les chevaliers bretons de Saint-Michel par d'Hozier). Il rendit hommage en 1583 au nom de Jacques de Matignon pour la seigneurie de Matignon.
    Il avait épousé par contrat du 27 juillet 1554 Mathurine de Vaunoise, dame en partie du Boscaige en Maroué, qui en 1604 fit une fondation de quatre messes par semaine en l'église de Romillé (seigneurie appartenant aux Saint-Gilles) et testa le 28 mars 1605. Ils eurent :
    • René, qui succéda à son père et à son grand-père comme capitaine des côtes de l'évêché de St Malo (1591) et capitaine des francs archers de Saint-Malo (1592). Chevalier de Saint-Michel, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, il est mort en 1597 sans postérité de Marguerite de Quistriny ;
    • Jean (1562-1653), seigneur de la Caunelaye et de la Vaunoise, chevalier de Saint-Michel en 1570, gouverneur de Fougères, maréchal des camps tué au siège de Saint-Briai. Il succéda à son frère aîné dans les mêmes fonctions mais fut aussi capitaine aux gardes, à Paris. De son mariage avec Sylvie de Roncherolles il eut deux filles et un fils.
      • François-Hyacinthe, baptisé à Corseul le 30 septembre 1647, que Saint-Allais qualifie comte de la Caunelaye et le vicomte d'Urvoy vicomte de la Caunelaye, capitaine aux gardes à Paris en 1689, chevalier de Saint-Louis (1700), maréchal des camps à la promotion de 1704, gouverneur de Belle-Isle, mort le 8 juillet 1716 sans postérité de son mariage (contrat 10 juin 1699) avec Anne-Marie Colbert du Terron, veuve de François du Prat, dit le chevalier de Nantouillet, premier maître d'hôtel du duc d'Orléans, dont elle avait eu 2 fils. Sa succession devait revenir à son neveu Pierre (n°13 ci-dessous).
    • Julien, auteur de la branche de la Ribaudière, qui suit ;
    • François, seigneur de Menehy, sans descendants; ;
    • Louise, mariée par contrat du 3 août 1600 avec Gilles de Saint-Gilles, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi ;
    • Suzanne, mariée à Julien de Merlières le 25 novembre 1639.


  11. Seigneurs de la Ribaudière


       
    Le château de la Ribaudière : vues avant et de côté

    Les premiers seigneurs connus de la Ribaudière à Montauban-de-Bretagne en Ille-et-Vilaine (35), sont de la famille de La Feuillée. Charles de La Feuillée n'eut qu'une fille de Bonne de Saint-Gilles. Cette fille n'eut aucun enfant de ses trois mariages. La seigneurie passa ensuite à Catherine de Rohjan, qui la vendit en 1562 à François Bérard et Peronnelle Chauchart. Guillaume Le Bouteiller de la Gautrays, époux d'Olive Chauchart, l'acheta par contrat du 17 août 1606 et sa fille l'apporta en mariage à Julien Thomas.



     
  12. Julien ou Jules, seigneur de Launay-Caunelaye (Launay venait des Gouyon) et de la Ribaudière, épousa par contrat du 19 janvier 1608 Olive, fille de Guillaume Le Bouteiller et de Olive Chauchart, seigneur et dame de La Gaulteraye (La Gautrays). Les parents de la jeune fille lui donnèrent en dot 4 000 livres à prendre sur les deux tiers de la maison et métairie nobles de la Ribaudière et firent réparer la dite maison pour servir d'habitation aux nouveaux époux. En exécution du contrat ils reçoivent le 6 juillet 1610 la sixième partie des fiefs et bailliages de la Ribaudière, consistant en plus des grand et petit bailliages, en ceux de la Grenetrye, Saint-Uniac, le Labou, le Cutteloup, et quelques rentes et une dime en Montauban. Son cousin Molac lui écrit le 13 août 1611 : "Le passé fait juger de vous pour l'avenir, le service du Roi et l'autorité du gouverneur vous sont assez recommandés". Brissac, le 30 mai 1611, lui dit : "Je prie M. de Retz allant en Bretagne ... il vous dira l'estime que je fais de votre mérite et amitié et qu'en toute occasion je vous témoignerai la mienne soit vers leurs Majestés, ou partout ailleurs". Le 2 octobre 1626, son cousin Guémadeuc lui demande de l'accompagner à Angers où il est appelé par la Reine, et il ajoute : "Vous-même étant un de ceux de l'amitié duquel je me tiens le plus assuré, et que désire d'avantage servir ...". Le 14 février 1632 fut instituée la tutelle, confiée à leur mère, pour les sept enfants mineurs qu'il laissait à son décès en sa maison de la Ribaudère (inventaire après décès du 29 février au 5 mars), à savoir :
    • Jeanne, demoiselle des Préaux et du Hautfait, née en 1612;
    • François, qui suit ;
    • Mathurin, seigneur de Launay-Caunelaye, né en 1614, qui épousa en 1645 Jeanne Hervochon, dame de la Reigneraie à Eréac (Côtes d'Armor) et qui fit la branche des seigneurs de La Reigneraie et conserva Caunelaye jusqu'en 1718 ;
    • Julienne, religieuse à Saint-Georges de Rennes, née en 1616;
    • Suzanne, demoiselle de Brodz, née en 1618, qui épousa en 1639 Julien des Merliers;
    • Marguerite, demoiselle du Parc, née en 1620;
    • Françoise, demoiselle de la Tour et des Bois, née en 1622.

  13.  
  14. François Thomas, ainsi qu'il signe sur son acte de mariage, seigneur de la Ribaudière, baptisé à Montauban le 29 juin 1613, rendit aveu au Roi le 14 mai 1438, de concert avec sa mère, pour la terre de la Ribaudière. Il épousa : 1° par contrat du 3 juin 1644 Marie-Anne Luette, sans postérité; 2° par contrat du 13 août 1646 et dans la chapelle Notre-Dame des Lices à Vannes le 16 août 1646 (voir registre), Françoise Le Gal (Gall), dame de Langle, d'une famille de notaires de la juridiction de Rochefort-sur-Terre au diocèse de Vannes. Son père, Me Jehan Le Gal, seigneur de la Haye, Kermeur, le Pont-aux-Roux, Kerhart, la Croix-aux-Moines, Lestauge, Trevido, la Gréé-Brodo, Langle, etc., était receveur des devoirs d'une partie de l'évêché de Vannes. Sa mère était Bertranne, fille de Pierre Thomas l'aîné, notaire, procureur au siège de Vannes et greffier d'office et de Jehanne de Coetlagat. François fit bâtir dans le parc du manoir, vers 1660, une chapelle qui était fondée de messe (elle fut restaurée en 1752 et est aujourd'hui détruite). Il fut maintenu dans sa noblesse, avec ses fils, par arrêt du 7 décembre. Il mourut en 1680 et l'inventaire après décès eut lieu à la Ribaudière le 16 mai 1680. Leurs enfants furent 1° Pierre, qui suit; 2° Jean-François qui eut 2 filles; 3° Marie, mariée par contrat du 25 octobre précédent 1669 à Jean de La Haye, seigneur de la Ville-Davy, 4° Suzanne-Françoise, religieuse à Saint-Georges de Rennes pour laquelle son père conclut un contrat de dot de 5 400 livres le 25 janvier 1660 avec les religieuses, et 5° Sylvie mariée par contrat du 21 janvier 1670 à Jean-Baptiste Le Vayer.

  15.  
  16. Pierre Thomas de La Ribaudiere, ainsi qu'il signe sur son acte de mariage, seigneur de la Ribaudière, reçut la succession de ses père et mère le 22 juin 1696, conjointement à ses frère et sœurs. Il était syndic de Montauban en 1711. Il devait recueillir la succession de son oncle François-Hyacinthe mort en 1716 sans enfants, mais en réalité elle fut saisie presque entièrement par les créanciers. C'est ainsi que les Thomas perdirent deux anciennes terres de famille, la Caunelaye et Vaunoise. Il est décédé le 19 novembre 1718 et sa veuve le 7 août 1720. Il avait épousé à Saint-Sauveur de Rennes le 18 octobre 1681 (contrat du 3 octobre) Jacquemine de Kerverien (voir registre) qui lui apporta le Vaudequip en Allaire (voir ici) pour lequel il rendit aveu le 2 mars 1717. Il se faisait néanmoins appeler "Thomas de La Caunelay, seigneur de la Ribaudière", comme on le voit sur les actes de naissance de ses enfants, tous nés en la maison noble de la Ribaudière et baptisés en l'église de Montauban-de-Bretagne. En 1720 la capitation de la noblesse de l'évêché de Saint-Malo était payée à Montauban par "Madame de la Ribaudièere Thomas veuve et ses domestiques (55 livres), Monsieur de la Ribaudière son fils aisné et ses domestiques (55 livres), Monsieur le chevallier de la Ribaudière (15 livres)".
    • Françoise-Rose, née le 25 juillet 1682 et baptisée le 13 septembre 1684 ;
    • Hyacinthe, ou Louis-Hyacinthe selon un acte de baptème de 1787, qui suit ;
    • Marie-Françoise, née le 31 juillet 1685 et baptisée le 10 septembre 1685 ;
    • Louis-Pierre, né le 25 août 1686 et baptisé le 25 novembre ;
    • Jean-François, né le 11 février 1689 baptisé le 17, parrain Jean Thomas, écuyer, chevalier de la Ribaudière et marraine Françoise Henry, dame du Coudray. Seigneur de la Chevalleraye, il a épousé le 30 décembre 1717 à Saint-Maugan (35) Marie du Vau-Ferrier, des seigneurs du lieu et de la Basse-Ardaine, d'où 10 enfants, tous nés en la maison noble de la Chevalleraye. L'un d'eux, François-Pélage, seigneur de la Chevaleraye et de Quemillac, comte de la Basse-Ardaine, épousa en 1769 Renée de Talhouët ;
    • Mathurine-Suzanne, née le 20 février 1691 et baptisée le 24 ;
    • Marguerite, née le 29 octobre 1692 et baptisée le lendemain (vue 30/38), mariée le 5 février 1719 à Saint-Brieuc (22) avec Jean Herménigilde Calloët, seigneur baron de Trégomar ;
    • Joseph-Guy, né le 27 mai 1694 et baptisé le 29 mai, qui a contracté mariage le 9 mai 1722 avec Gillone Thérèse de Vaumnoise, décédée le 9 avril 1760. Il exprime ses dernières volonté le 14 avril suivant comme simple gentilhomme, demeurant au bourg de Guichen, et décède peu après ;
    • Renée-Françoise, née le 30 juillet 1695, baptisée le lendemain et décédée à 7 mois ;



  17.  
  18. Hyacinthe Thomas de la Caunelaye, ainsi qu'il signe sur son acte de mariage de 1745 dans lequel il est qualifié "seigneur et comte de la Caulenaye", ainsi que l'acte de baptème de sa première fille en 1747. Seigneur de la Ribaudière, de Vaudequip, du Plessis-Beaublé et autres lieux, né le 7 avril 1684 à la Ribaudière, baptisé à la maison le lendemain par nécessité et à l'église de Montauban-de-Bretagne le 3 juin suivant, il rendit aveu au Roi le 20 mai 1719 pour le manoir de la Ribaudière. Capitaine au régiment des gardes, décédé le 3 mai 1752 et inhumé à Saint-Pierre de Vannes, il fut marié deux fois. Il épousa le 16 janvier 1717, malgré l'opposition de son père, Anne-Louise Guervasic de Malestroit (voir registre), d'où un fils Pierre-Gilles, baptisé le 20 décembre 1724 (parrain et marraine le cocher et une fermière des dits seigneurs). Veuf depuis à peine un mois, il épouse le 23 février 1745 Louise-Françoise Le Sénéchal de Kercado-Molac (voir registre) qui lui apporte la terre de Botblay, (sur cette famille, voir ici) dont il a deux filles : Louise-Aline-Guillonne née le 8 juillet 1747 (parrain Alain Magon et marraine Guillonne Devaunoraire, dame de la Ribaudière) et Jeanne-Françoise-Vincente, qui suit. Comme ses prédécesseurs il se fait appeler Thomas de La Caunelaye alors que cette terre n'est plus dans sa branche ni même dans sa famille ... et que ce serait peut-être lui qui l'aurait vendue en 1718.



  19.  
  20. Jeanne-Françoise-Vincente Thomas de La Caunelaye de La Ribaudière, ainsi nommée dans son acte de mariage, fille unique et héritière, portée sur les fonts le 21 juillet 1750 à Saint-Pierre de Vannes par Pierre-François de Callouet, baron de Tregommar et Jeanne-Marie le Sénéchal, dame de Carcado (voir registre). Orpheline de père à 26 mois, c'est son parrain qui fut nommé son curateur. Elle est également héritière principale de son oncle Joseph-Guy, mort en 1760 sans héritiers directs, et les biens meubles qui lui sont échus (bestiaux, hardes, linges et effets mobiliers), sont mis en vente publique aux halles de Guichen le 18 août. Elle épousa le 22 août 1768 dans la chapelle du château de Vaudequip, à Allaire, Charles-François-Jules du Bot du Grégo, Chevalier, Marquis de La Roche-Helgomarc'h (1767-1789), Baron du Laz, Comte de Gourmois, Vicomte de Curru, Châtelain de la châtellenie de Kerouzas, de Penanech, de Kercharles, de Coeteves, du Merdy, de Botenigneau et de Brouillac, Seigneur du Grégo, de Kerglas et autres lieux. Elle est alors qualifiée "dame de la Caunelaye de la Ribaudière" (voir registre) et le 31 octobre suivant, en leur hôte à Vannes, rue Saint-François, les époux se donnent respectivement leurs biens meubles en pleine proriété, ainsi que les acquêts et conquêts en usufruit.
    Ses parents possédaient un hôtel particulier dans le vieux Vannes. Son enfance se déroula en grande partie à Allaire où la famille avait le manoir de Vaudequip, alors bien entretenu et vraiment demeure seigneuriale. Un étang d'une grande superficie étalait ses eaux au midi du château et faisait tourner la roue d'un moulin banal, disparu aujourd'hui. Le domaine comprenait 482 hectares. A l'extrémité de l'enclos s'élevait un oratoire privé qui fut délaissé, semble t'il, pendant fort longtemps puisqu'on retrouve aux archives l'acte de réconciliation de la chapelle fait en 1726. C'est dans cette chapelle du Vaudequip que Jeanne épousa à dix-huit ans, donc en 1768, Charles du Bot du Grégo, marquis de la Roche et autres lieux. Il possédait entre autres le château de Trévarez, situé près de Châteauneuf-du-Faou, paroisse de Saint-Goazec. Riche seigneur aimant les fêtes, les beaux habits, le marquis semble avoir été un de ces gentilhommes si fréquents à cette époque, instruit mais jouisseur et insouciant. Les premières années du mariage furent, sinon heureuses, du moins sans histoire. La naissance d'une fille, Louise-Exupère-Charlotte, aurait du logiquement venir combler de joie ce jeune ménage. Mais le vers était dans le fruit. Charles du Bot délaissait de plus en plus sa femme pour courir la prétrentaine de château en château. L'épouse, ainsi abandonnée, ne trouvant pas suffisante la compagnie de sa petite Louise, se consola rapidmement dans les bras du régisseur, Yves le Moigno, de Saint-Jacut. Il arriva ce qui devait arriver : la rupture. Jeanne du Bot écrivit un mémoire relatant ses infortunes : Charles y est dépeint sous un jour peu favorable : jaloux et despote. Il est certain que le marquis du Grégo n'était pas un modèle de vertu, mais sa femme valait-elle beaucoup mieux ? Le mémoire de Jeanne n'est qu'un plaidoyer "pro dome sua" qui n'a d'ailleurs trompé personne.
    Ainsi que sa fille la vicomtesse de Pontbellanger, la marquise du Grégo a toujours passé pour avoir été une espionne de Hoche.
    Jeanne s'assagit l'âge aidant. Elle se retira au couvent des calvériennes de Redon, où elle mourut le 22 mai 1822, âgée de 72 ans.









Sources principales :
Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume. T. 11 / par M. de Saint-Allais
AD35 2 E T/13 Thomas de la Caunelais 1699-1725
Généalogie et parenté Urvoy par le vicomte Louis Urvoy de Portzamparc
Inventaire des archives du château de Tredion par le vicomte du Hasgouet





Liens de Parenté

Jeanne Françoise Vincente THOMAS
¦
Louise du BOT du GREGO
¦
Charles Félix d'AMPHERNET de PONTBELLANGER
¦
Michel d'AMPHERNET de PONTBELLANGER
¦
Marthe LAFERTE d'AMPHERNET de PONTBELLANGER X Maurice O'MAHONY