Contrat de mariage
Le Bas de Girangy - Quentin
16 octobre 1706



Il s'agit du mariage de Louis Le Bas de Girangy (sur cette famille, voir ici) avec Marie-Catherine Quentin. Lui est un veuf (sans enfants) de 46 ans, bien établi dans la vie, elle n'a que 16 ans. Le contrat dont on parle ici fut passé le 16 octobre 1706 devant Lignet et Bellanger, notaires à Paris, en présence de la famille royale. La mère de la future étant première dame de chambre de la duchesse de Bourgogne, c'est dans l'appartement de cette dernière, au château de Versailles, que furent célébrées, par son aumonier et en présence du "supérieur de la congrégation de la mission de la maison de Versailles et curé au même lieu", les fiançailles, le lendemain, comme le raconte Dangeau : "L'après-dînée à cinq heures, se firent dans la chambre du lit de madame la duchesse de Bourgogne les fiançailles de mademoiselle Quentin ; c'est un privilège de première femme de chambre de fiancer leurs filles dans la chambre du lit de leur maîtresse, et les autres femmes de chambre sont fiancées chez le dame d'honneur." Le dit curé inscrivit dans le registre des mariages de Notre-Dame de Versailles, à la date du 18 octobre, les fiançailles et l'autorisation qu'il donna aux futurs époux de recevoir la bénédiction nuptiale en l'église Saint-Roch, à Paris (Mariages 1706, vue 84/101). Nous n'avons malheureusement pas le registre de Saint-Roch.


Le contrat (AN MC/ET/CXIII/223 dématérialisé MC/RS//1446) débute par la liste impressionnante des témoins, ainsi libellée :

« Furent présents Louis Le Bas, écuyer, sieur de Girangy, conseiller du roi, trésorier général des Gardes du Corps et Grenadiers à cheval de Sa Majesté ; demeurant à Paris rue Neuve des Petits Champs, paroisse Saint-Roch, pour lui et en son nom, d'une part,

Jean Quentin, écuyer, seigneur de Viliers-sur-Orge et de Chamlo (Champlost), Maître d'hôtel du roi et premier valet de garderobe de Sa Majesté et Dame Angélique Poisson, son épouse, première femme de chambre de Madame la duchesse de Bourgogne (voir ici) ; de lui autorisée à l'effet des présentes au nom et comme stipulant en cette partie pour demoiselle Marie Catherine Quentin leur fille à ce présente et de son consentement demeurant ordinairement à la cour, étant cejourd'hui à Paris, d'autre part ;

Lesquelles parties avec la permission et en la présence de

[la famille royale]

Louis XIV


 
Louis
Le Grand Dauphin

Louis
Duc de Bourgogne

Marie-Adélaïde
Duchesse de Bourgogne
Charles
Duc de Berry

Princesse Palatine
Douairière d'Orléans
 


 
Marie-Françoise de Bourbon
Duchesse d'Orléans

Anne de Bavière
Princesse de Condé

Louis
Duc de Bourbon
Louise-Françoise de Bourbon
Princesse de Condé
Marie-Anne de Bourbon
Princesse de Conti
 


[suivent les dignitaires]


 
Duchesse de Maintenon
 

Louis Phélypeaux
Chancelier de France

Duc de Saint-Aignan
Ministre d'Etat

Duc de Noailles
Maréchal de France
Duc de Froulay
Maréchal de France
 


  Duc d'Harcourt
Maréchal de France
Mme de Béthune
Duchesse de Lude
Jérôme Phélypeaux
Secrétaire d'Etat

Michel Chamillart
Ministre & Secrétaire d'Etat

Geneviève Chamillart
Duchesse de Quintin
 



sur la page de gauche, les signatures de la famille royale, et sur celle de droite les signatures des dignitaires



[la famille et les amis] Et encore en la présence et de l'avis des parents cy après nommés, savoir de la part du dit sieur de Girangy,
et de la part de ladite demoiselle Quentin,



Signatures des parents et amis



Ont volontairement fait entre eux le traité de mariage et convention qui ensuivent ; C'est à savoir que les dits sieur et dame Quentin ont promis de donner en mariage ladite damoiselle Marie Catherine Quentin leur fille, de son dit consentement au dit sieur Le Bas de Girangy, qui de sa part s'oblige à prendre ladite damoiselle pour sa femme et légitime épouse, en faire incessamment célébrer ledit mariage en face de notre Mère sainte Eglise et sous sa license.

Sur le moyen duquel mariage lesdits sieur et damoiselle futurs époux seront communs en tous biens meubles, conquêts et immeubles suivant la coutume de Paris, au désir de laquelle toutes les conventions du présent mariage seront réglées, quoiqu'ils établissent leur domicile, ou fassent des acquisitions de biens situés sous coutumes contraires auxquelles ont expressément dérogé et renoncé.

Ne seront néanmoins tenus des dettes et hypothèques l'un de l'autre crées avant la célébration dudit mariage, mais si aucunes y a elles seront acquittées par celui qui les aura faites, sans que les biens de l'autre en soient chargés. »



                       
Détail du contrat (cliquer sur les miniatures pour agrandir)






Dans ce contrat il est expliqué comment les époux prendront possession de la dot de 60 000 livres que les parents de la future lui consentissent, et de la donation de 20 000 livres que sa tante Marie Poisson, veuve Picot, lui fait "à titre d'amitié".

Le futur quant à lui apporte son office de "Conseiller du roi, trésorier général ancien et mytriennal des gardes du corps et grenadiers à cheval de Sa Majesté" acheté 325 000 livres le 22 décembre 1701. Il apporte aussi pour 52 000 livres de rentes sur les Aides et Gabelles, 20 000 livres de rente sur le clergé, et 12 000 livres de rentes sur des particuliers. A cela il faut ajouter 60 000 livres de "pierrerie" (bijoux), vaisselle d'argent et tapisseries, tableaux, porcelaines, etc. (la description de cet apport est décrite dans une annexe jointe au contrat).


       
"Bref état des biens" qui appartiennent présentement à Louis Le Bas, écuyer, sieur de Girangy ..., annexé au contrat.