Le château de la Cour du Bas, joyau historique, terni par des années d'abandon
Le château est à quelques kms de Pontbellanger
Le 4 janvier 1716, François de Bures, seigneur et patron du lieu de Bures, âgé de soixante trois ans,
est décédé dans le logis de monsieur de Pontbellanger, son fils en loy
(autrement dit son gendre)
après avoir reçu les saints sacrements. Il fut inhumé le lendemain dans l'église de Pontbellanger.
Le gendre en question était René d'Amphernet, 3e du nom, seigneur de Pontbellanger, de Bures et de Bosmorel
qui mourut également au château de Pontbellanger et fut inhumé dans le chœur
de l'église. Sa femme, Jeanne-Magdelaine de Bures, veuve de Jean de Guernon, lui apporta la seigneurie de Bures (Bures-les-Monts)
dont elle hérita de son père, étant fille unique.
Ce mariage était une deuxième union, le seigneur de Pontbellanger étant alors veuf
de Marie Lambert. Pontbellanger resta dans la descendance de ce premier mariage. Bures
passa dans celle du second (
branche
bretonne).
Construit au XIIIe siècle, l'édifice a connu nombre de réfections,
comme le voulait l'usage de l'époque. Dès qu'une nouvelle mode arrivait en France,
les châtelains s'empressaient de remettre leur château au goût du jour.
Cependant que « les fenêtres à meneaux, la porte et
la tour-escalier sont d'époque ».
Parmi les habitants de ce château, il y a trace d'un certain Guillaume de Bures qui était en 1375
au siège de Cognac et à la bataille pour la prise de Saint-Sauveur-le-Vicomte, aux côtés du comte d'Harcourt.
Il est probable que la famille perdit le château à la Révolution et qu'il fut pillé
et de nombreuses pierres enlevées comme cela se fit trop souvent à l'époque.
Voué à la démolition, le château a, sous la pression des habitants,
été racheté par la municipalité en 2001. Elle en entreprit la restauration.
Le toit et la charpente ont été refaits et plusieurs endroits à l'intérieur ont
été sécurisés, mais aucune rénovation n'a pour l'instant rendu à l'édifice sa gloire
d'antan. Près de 400 000 € ont déjà été investis pour garder le château debout.
Outre le bâtiment principal, il comprend les corps de fermes classiques du Moyen
Âge, avec écuries et étables.
Un puits, dont on soupçonne qu'il possède une glacière
(trou dans la paroi pour conserver des aliments au frais) complète l'ensemble
niché au coeur du Bocage normand. Il a d'ailleurs été entièrement rénové par
la communauté de communes, en 2013, lorsque des fonds étaient encore disponibles.