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Marie GAUDIN

Maîtresse du roi François 1er



Marie Gaudin
Ecole française




Lorsque François 1er rencontra Marie Gaudin, il la trouva "la plus belle femme du royaume" et pour la garder près de lui, il s'attacha les services de son mari. Marie Gaudin, la plus belle femme de son époque, fut la première maîtresse de François 1er, encore duc de Valois. Elle se vantait, selon Tallement des Réaux, d'avoir couché en outre avec le pape Clément VII à Nice et avec l'empereur Charles Quint lors de son passage en France pour aller écraser la révolte de Gand. Elle était fille de noble homme Victor Gaudin, maire de Tours et argentier de la reine, propriétaire du château de la Bourdaisière acheté à son frère le 14 avril 1494, et d'Agnès Morin. Elle épousa par contrat du 25 avril 1510, Philibert Babou, alors secrétaire du roi et argentier à Bourges, fils de Laurent Babou, notaire et secrétaire du Roi de Bourges, au sujet duquel le roi Louis XV dit un jour : Sous le règne de Louis XI, vers 1470, il y avait à Bourges un honnête notaire qui s'appelait Babou. On trouva même quelque part que le père de ce notaire avait été barbier, mais cela n'est pas si constant que l'état de notaire exercé par son fils, dont il existe dans les archives du Berry nombre d'actes signés de sa main. Le roi exposa alors aux courtisans les dix maillons de sa généalogie qui le relient à Laurent Babou, notaire à Bourges, en passant par les Savoie, César de Vendôme, la belle Gabrielle et Philibert Babou de la Bourdaisière. Et de conclure sa leçon: Ainsi vous voyez, Messieurs, que mon dixième aïeul était, comme je vous le disais, un très digne notaire de Bourges, dont le père aurait même été barbier. Je ne le renie point, je n'en ressens aucune honte, et je vous invite tous, tant que vous êtes, à ne pas être plus difficiles que moi en arbres généalogiques.

Les fêtes du mariage eurent lieu au château de la Boursaidière. Victor Gaudin donna cette baronnie en dot à sa fille, et le jeune marié en prit aussitôt le titre. En faveur de ce mariage, le roi Louis XII le nomma argentier de la cour. La mort de ce monarque en 1515 ne mit pas un terme aux grâces de la royauté. François 1er se montra encore plus généreux que son prédécesseur.

Marie Gaudin accompagna François 1er en Italie en 1515 et fut présente à l'entrevue de Bologne entre Léon X et François 1er. Le pape, émerveillé de la beauté de Marie Gaudin et sans doute pour plaire à son royal amant, offrit à Marie Gaudin un superbe diamant qui a été appelé le diamant Gaudin et qui est ensuite passé dans la famille d'Escoubleau de Sourdis.

Le superbe portrait de femme, connu sous le nom de la belle ferronnière, maîtresse de François 1er, est universellement connu. Il représente une jeune femme d'une grande beauté, le front ceint d'une ganse noire retenue par un diamant, ou ferronnière. Certains pensent que ce diamant est le diamant Gaudin et cet élément ajouté à plusieurs autres, leur fait penser que ce portrait est celui de Marie Gaudin et non pas celui de Lucrezia Crivelli selon l'opinion la plus accréditée.




La belle ferronnière
Léonard de Vinci
Musée du Louvre



Philibert Babou seigneur du Solier, fut par la suite seigneur de Thuisseau (1521), la Bourdaisière, Chissé, Vouillon et Sacièrges (1520), Pruniers, Germigny (don de la régente Louise de Savoie en 1523), etc. La qualité de première maîtresse du roi valut à son mari de multiples charges et honneurs tels que maître des eaux-et-forêts de Bourges, Mehun, Vierzon, et Issoudun, secrétaire du roi et grenetier à Bourges, argentier du roi (1510) et commis au paiement de l'extraorinaire des guerres (1520), maire de Tours (1520), trésorier général des finances de Louise de Savoie (mère de François 1er), trésorier de France et de l'épargne (charge érigée en sa faveur en 1522), surintendant des finances (1524) et surintendant de la maison de la reine Eléonore (1534), maître de la garde-robe du dauphin (1521-1522), contrôleur de l'argenterie (1528), maître de la chambre de la reine (1532), son premier maître d'hôtel (1544), maître d'hôtel du roi (1544-1545), conseiller au conseil privé, trésorier général de France, secrétaire des finances. Cela lui permettra de réaliser vers 1520 un ravissant château en pierres blanches et dès lors, la Bourdaisière devient lieu de villégiature pour François 1er lors de ses passages en Touraine.




Le château de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire)
Philibert Babou fit ériger en 1520 un château neuf à la place de la forteresse médiévale dont il ne conserva qu'une tour. C'est dans ce château que naquit Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'Henri IV.



En 1520, Marie Gaudin avait apporté le château de Jallanges à son époux, qui s'en sépara en 1522.
Le mari de la belle Marie Gaudin, perdant tout à fait de vue sa résidence à Bourges, habitait Tours quand il ne séjournait pas à la Bourdaisière, et fut nommé en 1520 maire de cette ville.

En 1532, Marie devient la dame d'honneur de la deuxième épouse de son ancien amant, Eléonore d'Autriche. Elle exercera cette charge pendant dix ans.



blason

Marie Gaudin
huile sur bois, musée d'Ecouen



Le couple fonda en 1544 cinq chapelains en l'église qu'ils avaient fait construire à Bondésir (dans leur fief de Thuisseau), à la charge pour les aumonier de dire au château une messe basse les dimanche, lundi et samedi de chaque semaine. Après la mort de son mari, Marie Gaudin augmenta le dotation de cette chapelle, sépulture ordinaire des seigneurs de la Bourdaisière.

Le couple aura d'excellentes relations avec les Médicis et comme nous l'avons vu plus haut, le pape Léon X, lors de l'entrevue de Boulogne, remettra à Marie le « diamant Gaudin » aujourd'hui dans la famille de Sourdis. Parmi leurs enfants il faut citer Jean, né en 1511, qui suit, et Philibert, né en 1513, évêque d'Angoulême, et d'Auxerre, depuis cardinal, ambassadeur de France à Rome où il est mort subitement le 17 janvier 1570.

Le couple eut 9 enfants :
  1. Jean Babou, (voir ici). Il eut onze enfants, quatre garçons et sept filles, toutes belles et volages, surnommées "les sept péchés capitaux" (Les Bâtards d'Henry IV: L'épopée des Vendômes par Jean-Paul Desprat). L'une d'elle, Isabelle ou Isabeau Babou, épouse de Sourdis, dont descendent les O'Mahony, mit sa nièce Gabrielle d'Estrées dans les bras d'Henri IV. Femme de François d'Escoubleau, seigneur d'Alluyes et de Sourdis, elle avait reçu de sa mère le fameux diamant Gaudin "comme flambeau de l'ardeur dont pétillaient les femmes de sa lignée", ardeur qui la fit maîtresse du chancelier de France Philippe Hurauly de Cheverny, dont on elle eut un fils Henri d'Escoubleau (1591-1645), filleul d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrée (Voir ici) ;
  2. Jacques Babou, doyen de Saint-Martin de Tours, évêque d'Angoulême, reçu maître des requêtes le 24 janvier 1531, mourut le 26 novembre 1532 ;
  3. Philibert Babou, dit de la Bourdaisière, aumonier du roi Henri II,, futévêque d'Angoulême après la mort de son frère, doyen de Saint-Mrtin de Tours en 1538, trésorier de la Sainte Chapelle de Paris, maître des requêtes en 1557, créé cardinal le 4 mars 1561, évêque d'Auxerre le 18 juin 1563, mourut à Rome, ambassadeur du roi, le 25 janvier 1570, âgé de 57 ans ;
  4. Léonor Babou, valet de chambre de François 1er puis de Henri II, est qulifié pannetier du roi en 1557 par le père Ansèlme qui le fait mourir sans alliance ;
  5. François, panetier de la reine de Navarre en 1539 ;
  6. Claude Babou, mariée le 2 novembre 1534 à Nicolas Papillon, baron de Riau et du château de Montagne, en Boubonnais, mourut en 1590 ;
  7. Antoinette Babou, femme de René des Ligneries, seigneur d'Azay et d'Auge, morte sans enfants ;
  8. Marie Babou épousa par contrat du 10 mai 1542 Bonaventure Gillier, seigneur de Puygarreau ;
  9. Anne Babou, abbesse de Beaumont, près de Tours.



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Jean et Philibert, par François Clouet



Philibert Babou fit son testament le 9 septembre 1557 et mourut peu de temps après. Marie Gaudin, veuve, comparut pour la réformation des coutumes de Touraine en 1559. Dix-neuf ans après, le 19 juillet 1578, elle acquiert d'Antoine Bohier, la terre du Coudray. Elle meurt deux ans plus tard en 1580, âgée entre 85 et 90 ans.



   

Collégiale Saint-Denis d'Amboise : "Mise au tombeau", monument provenant de la chapelle de Bondésir à Montlouis
Si l'on en croit la tradition, ces figures en terre cuite, peintes et rehaussées d'or, représentent la famille de Philibert Babou, qui fit ériger ce tombeau. François 1er serait Joseph d'Arimathie, qu'on voit aux pieds du Christ ; la sainte Vierge et les trois femmes qui accompagnent seraient Marie Gaudin et ses trois filles, qui furent tour à tour, comme tant d'autres, les maîtresses de François 1er. Quant à Nicomède et à saint Jean, ce seraient les deux fils de Marie, l'un amrès l'autre évêques d'Angoumême. Philibert Babou est lui-même représenté, dit-on, dans la figure du Christ (extrait de "le château d'Amboise et des environs" par L. Boilleau, 1874)







Notice historique sur le château de la Bourdaisière depuis sa possession par la famille du maréchal de Boucicault Ier, au commencement du XIVe siècle, jusqu'à sa destruction en 1771 par M. le duc de Choiseul, ministre de Louis XV / [par le Bon Angellier]








Lien de Parenté

Isabeau BABOU
¦
Catherine d'ESCOUBLEAU
¦
Isabelle de CLERMONT
¦
Françoise de BEAUVAU
¦
Jean Armand de VOYER de PAULMY
¦
Céleste de VOYER de PAULMY
¦
Françoise de LA RIVIERE
¦
Yvonette RIVIE de RICQUEBOURG
¦
Louise du BOT, marquise du GREGO
¦
Monique de GOUY d'ARSY
¦
Arsène, comte O'MAHONY
¦
Maurice, comte O'MAHONY