Aurore DES SALLES
(1779-1886)
Comtesse de Ludre
Dame de Bulgnéville
Dame engagiste des domaines de prévôté de Vaucouleurs
Dernière représentante de la famille lorraine des Salles
Miniature représentant Aurore des Salles avec son fils Auguste Gabriel Barthélémy de Ludre (né en 1800)
(Photo aimablement communiquée par M. Nicolas de Maupéou)
et armoiries de la famille de Salles
Aurore des Salles, enfant posthume, est née le 13 septembre 1779 dans l'appartement du Louvre que le roi Louis XIV avait donné à Madame de La Lande, son AAA-grand-mère. Son père
Louis Antoine Gustave des Salles, comte des Salles et de Bulgnéville, baron de Mercy, seigneur de Malpierre, de Chardogne, de Longchamp, de Rigny, etc.,
Maréchal de Camp, gouverneur et grand-bailli de Neufchâteau, chevalier de Saint-Louis, était mort le 26 avril précédent, âgé de 45 ans. Sa mère est Monique, fille du marquis"louis antoine gustave des salles"
de Gouy d'Arsy.
Le 27 avril 1785 son grand-père, marquis de Bulgnéville (terre érigée en marquisat par lettres du duc de Lorraine du 8 juin 1708), décède à Nancy-Saint-Epvre. Il était lieutenant général, commandeur de Saint-Louis, gouverneur des villes de Vaucouleurs,
Neufchateau et Maubeuge, conseiller d'Etat et chambellan du duc de Lorraine. Il avait contesté la propriété du château à Monique et sa disparition permet de clôturer
la succession, Aurore étant la seule héritière. De cet héritage considérable il restait à Aurore à la Révolution les domaines engagés de Vaucouleurs et de la Voivre,
les domaines de Malpierre, de Bulgnéville et de Mars la Tour, deux hôtels à Nancy, deux maisons à Essey-les-Nancy.
Cachet de Monique, comtesse des Salles sur une lettre datée de 1785 concernant la chasse dans le marquisat de Bulgnéville
Dans cette lettre Aurore est qualifiée marquise des Salles et de Bulgnéville
(cliquer sur les vignettes pour agrandir)
-document aimablement communiqué par M. Lejuste-
Elle a 8 ans quand sa mère épouse en secondes noces, le 26 mai 1787 au château de Malpierre, à Rigny-la-Salle, Barthélemy, comte O'Mahony, alors colonel commandant le régiment de Berwick. Son demi-frère, rsène O'Mahony nait au Vieux-Louvre à la fin de l'année.
Barthélemy est nommé co-tuteur d'Aurore (acte notarié du 20 avril 1789)avec le marquis de Gouy (grand-père), le duc de Montmorency-Luxembourg (parent),
le vicomte de Gouy (grand-oncle), le duc de Villars-Brancas (grand-oncle), le marquis de Gouy d'Arsy (Louis Marthe, oncle), le marquis de Lusignan et le duc de Céreste.
De plus Barthélemy est autorisé, ainsi que son épouse, à procéder à la liquidation de la succession du marquis des Salles.
De cet héritage considérable il restait à Aurore à la Révolution les domaines engagés de Vaucouleurs et de la Voivre, les domaines de Malpierre, de Bulgnéville et de Mars la Tour, deux hôtels à Nancy, deux maisons à Essey-les-Nancy.
Le maréchal des camps Maillart la représente à l'Assemblée générale des trois ordres du bailliage de Chaumont-en-Bassigny, en Champagne, qui se tint le 12 mars 1789
Le 10 avril 1790 son autre grand-père décède à Paris, en son hôtel de la rue de la chaussée d'Antin.
Cet hôtel particulier, qu'il avait acheté en 1775, se situait à l'angle de la rue de Provence et de la rue de la Chaussée d'Antin.
Il avait une entrée rue de Provence par une porte cochère à colonne et une autre rue de la Chaussée d'Antin, par une porte cochère simple.
Il consistait en quatre corps de bâtiments. C'est Aurore des Salles qui en hérite, mais Monique hérite de la jouissance et de l'usufruit.
Elle proteste en 1791 contre la vente comme bien national du couvent des Récollets de Bulgnéville fondé par son ancêtre en 1709. Dernière représentante de la branche aînée de la famille des Salles, elle est l'héritière des titres de baron de Rorté, marquis de Bulgnéville et des comtes des Vouthons après le mort de son cousin François-Louis des Salles, comte des Salles. L'hôtel des Salles qu'elle habitait a été détruit après 1866 pour construire la basilique Saint-Epvre de Nancy.
L'arrestation du roi à Varennes (22 juin 1791) décide la famille à partir en émigration. Monique et ses deux enfants partirent de Nancy pour rejoindre Barthélemy qui avait passé la frontière avec une partie de son régiment.
Ils partirent vraisemblablement de Nancy, o^les O'Mahony avaient acheté un hôtel, dit
hôtel O'Mahony, tristement célèbre durant la Terreur (
voir ici).
Aurore et Monique sont inscrite sur la liste des émigrés du département de la Meuse le 5 février 1793. Aurore allait avoir 14 ans et sa mère jugea nécessaire que sa fille
revienne en France pour que, bénéficiant de sa minorité, elle puisse être radiée de ladite liste. Ainsi le citoyen Jean-André Hystes, demeurant à Port-sur-Seille (Meurthe-et-Moselle)
la ramena en France. Elle fut effectivement radiée (provisoire) de la liste des émigrés le 7 juin 1793 par le département de la Meuse, mais ce que n'avait pas prévu sa mère
c'est que, demeurant chez son oncle de Ludre, celui-ci l'épousa l'année suivante (28 thermidor an II), à l'insu de ses parents, au château de Port-sur-Seille, autrefois propriété
de la famille des Salles, à laquelle succéda celle de Ludre (En 1778, la seigneurie appartenait à Françoise des Salles, épouse de Charles Marie de Gournay-Duc, et mère de Louise, premièré épouse
de Louis François Hyacinthe). Elle avait 15 ans, il en avait 53 ! L'autorisation qui est indispensable, puisqu'Aurore est mineure a été donnée
par deux voisins de Port sur Seille, "les citoyens républicains Chipel et Menil". Monique et Aurore seront définitivement rayées le 20 octobre 1800 et le 8 juin 1801 respectivement.
Signature d'Aurore sur le registre de son mariage civil
Le 1er novembre 1797, Aurore met au monde au château de Port-sur-Seille, Charles, plus tard comte de Ludre, officier de dragons et député de la Meurthe, dont le fils Auguste-Louis,
comte de Ludre et marquis de Frolois, épousa Valentine Le Gonidec de Kerdaliel, plus tard marraine de Patrice O'Mahony (1887-1936).
Le 30 septembre 1800 Aurore met au monde à Port-sur-Seille Auguste de Ludre, dont le fils, Gaston, comte de Ludre, auteur d'un livre sur Charles X et d'un autre sur Napoléon
IV, fut témoin en 1881 au mariage de Maurice O'Mahony et Marthe de Pontbellanger, mariage dont il fut à l'origine, dit-on dans la famille.
N'ayant pas d'enfant, François-Louis des Salles, comte de Vouthon, gouverneur de Philippe-Egalité, beau-frère de l'illustre Rochambeau, institua pour sa légataire
universelle
sa cousine Aurore. Mais en tant qu'émigré ses biens furent saisis et vendus comme bien nationaux. Ces ventes rapportèrent à l'Etat 201 335 livres.
Tous les biens ne furent pas vendus car un arrêté du Département de la Meuse intervint pour suspendre les adjudications.
Ainsi Aurore put réclamer les papiers saisis chez
le citoyen Dessales, dit Vouthon qui avait été rayé de liste des émigrés. On lui répondit à la date du 12 prairial an XI (1er juin 1803)
qu'elle pourrait récupérer les livres existant au dépôt mais pas ceux déjà entrés dans les bibliothèques publiques. C'est ainsi que les manuscrits du comte des Salles sont devenus la propriété de la ville de Nancy.
Le 15 septembre 1801 Monique rend le compte de tutelle d'Aurore par lequel les dépenses excédent les recettes de 151 341 livres dont Aurore se trouve donc
débitrice envers sa mère. Monique, "prenant en considération la situation de Mme de Ludre", ne lui réclame que 100 000 livres, remboursables dans un délai de 5 ans avec intérêt à 5%.
En 1809 elle se sépara du château de Malpierre, qui passa au comte Charles de Bellocq-Feuquière.
En 1818 elle se sépara par lots "des immeubles patrimoniaux à elle appartenans, composant la terre de l'ancien marquisat de Bulgnéville",
le premier lot étant le "grand et beau château moderne", bâti en pierre de taille, et le vaste terrain y tenant
voir plan dressé au moment de la vente.
le 4 avril 1823, sa mère, Monique, âgée de 74 ans, meurt à Versailles dans son appartement du 88 de la rue Royale, où le couple s'était établi en 1820, se rapprochant decimalleur fils
Arsène, habitant alors rue Saint-Honoré, n°1 . Monique avait rédigé un testament le 1er janvier 1812. Elle laissait pour héritiers ses deux enfants,
le comte O'Mahony (Arsène) et la vicomtesse de Ludre (Aurore), qui ont accepté sa succession sous bénéfice d'inventaire. Elle laissait néanmoins à Barthélemy
l'usufruit de tout ce que la loi autorisait. Les comptes faisaient apparaître une somme de 459 998 F pour laquelle les prétendants sont les créanciers de la succession de
la comtesse O'Mahony, le comte Arsène O'Mahony, à cause du legs de 200 000 livres que son grand-père lui réservait sur les 400 000 livres légués à sa mère,
et la vicomtesse Aurore de Ludre en raison de son legs de l'hôtel de la chaussée d'Antin. Ayant unis leurs efforts contre leurs cousins de Gouy, ce fut à eux de poursuivre
les procédures dans lesquelles Monique n'avait cessée de se battre pour récupérer ses héritages saisis à la Révolution.
Le 4 décembre 1823 le tribunal de première instance de Paris devait décider de la délivrance demandée par la vicomtesse de Ludre de l'hôtel de la Chaussée d'Antin légué à elle par son grand-père de Gouy d'Arsy
dont la valeur excède 600 000 francs, délivrance contestée par les syndics des créanciers réunis et par le comte O'Mahony ... Il semble qu'Arsène perdit son procès puisqu'il perdit l'usufruit hérité de sa mère
et s'établit à Versailles, selon son acte de mariage en 1824.
Document concernant le procès de 1823.
Aurore est la marraine de son neveu Paul O'Mahony, baptisé le 21 mars 1829 à Versailles.
Le 30 janvier 1833, un incendie détruisit le château de Malpierre. Il était dû à l'imprudence d'un domestique qui renversa une chandelle dans un grenier.
Elles est qualifiée comtesse douairière de Ludre sur le faire-part du décès d'Arsène en 1858.
Elle est morte le 2 juin 1866, à Nancy, dans la maison rue du haut-bourgeois, n°16.
A la mort de la vicomtesse douairière de Ludres, dernière descendante des barons de Rorté et des marquis de Bullegnéville, leur nom s'est éteint.
L'hôtel des Salles à Nancy (Meurthe-et-Moselle), avec son élégante tourelle, sur l'actuelle place du colonel Fabien
dont fut expropriée Aurore des Salles peu avant sa mort, pour la construction de la basilique Saint-Epvre
Il avait été construit au 15e siècle pour Pierre des Salles et sa femme Nicole de Vernaucourt.
Le marquis des Salles y habitait selon un état de la noblesse de 1775.
Des fines boiseries provenant de l'hôtel lambrissent une salle du musée historique de Lorraine
On trouve aujourd'hui une fontaine Wallace à son emplacement.
Dans l'église se trouvaient des tombeaux de la famille des Salles, détruits à la Révolution.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379767n/f145.image.r=%22comte%20des%20salles%22
https://books.google.fr/books?id=tqBVAAAAcAAJ&pg=PA1&dq=Histoire+de+la+Maison+des+Salles+originaire+de+Bearn&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiP45To3ZfnAhXzDmMBHcn2BBUQ6AEIKTAA#v=onepage&q=Histoire%20de%20la%20Maison%20des%20Salles%20originaire%20de%20Bearn&f=false
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