Complément page 25



Testament de Monique de Gouy O'Mahony, rédigé le 1er janvier 1812 et enregistré à Paris le 12 avril 1823 (conservé aux Archives nationales MC/ET/LVIII/696)



Testament de Monique de Gouy d'Arsy,
épouse de Barthélemy O'Mahony



Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine. Je demande pardon à Dieu, à mon mary, à mes enfants, parents, amis et domestiques du scandale que j'ai pu leur causer. Je les prie de prier Dieu pour moy et de me conserver quelques souvenirs.
Je veux être enterrée avec la plus grande simplicité. Je prie mon bon mary et mon excellent fils de faire dire cent messes pour le repos de mon âme, par un bon prêtre, bien pauvre, et de les entendre si cela leur est possible.
Je nomme et institue monsieur O'Mahony, et, à son défaut, mon fils, pour mon exécuteur testamentaire.
J'institue madame de Ludre, née des Salles, ma fille, et mon fils Arsène O'Mahony, mes héritiers ; mais ayant donné à madame de Ludre, ma fille, lors de mon arresté de compte de tutelle avec elle, le quinze septembre mil huit cent un, la somme de cinquante un mille trois cents quarante livres douze sols deux deniers tournois (laquelle elle a acceptée), je veux et entend que cette somme dont je ne lui fis la remise alors qu'en considération des embarras qu'elle éprouvait alors dans sa fortune, mais dont je ne pouvais entendre et n'ay entendu la faire jouir que par avancement d'hoirie, soit reportée par elle à la masse de ma succession, ainsi que les intérêts de cette somme (si toute fois il y a lieu pour des intérêts) depuis le quinze septembre mil huit cent un jusqu'au jour de mon décès, pour entrer en partage.
Voulant donner à monsieur O'Mahony, mon digne et excellent mary et l'objet de mes plus chères affections, des marques de ma sensible reconnaissance du bonheur constant dont il m'a fait jouir pendant tout le temps qu'a duré notre union, et aussy pour luy assurer une existence dont il manquerait absolument après moy, je luy donne et lègue, tant en propriété qu'en usufruit, tout ce que la loy me permet de luy donner, dans ma fortune présente et avenir, de quelque nature qu'elle puisse être, et de quel lieu et de quelque personne elle puisse m'advenir. Et je veux et entend encore, que dans le cas, ou par quelque raison quelconque, mon mary ne voudrait ou ne pourrait pas accepter le don que je luy fais, et en profiter, mon fils Arsène O'Mahony, soit subrogé, comme je le subroge par ces présentes, en lieu et place de son père, pour qu'il jouisse de la donation faite à son père, et hors part, pour tout ce dont la loy me permet de disposer en faveur de mon fils.
Telle est ma volonté formelle et positive, telle j'entends et ordonne qu'elle soit exécutée par mes enfants.
Cet écrit, fait tout entier de ma main, saine de corps et d'esprit, renferme mes dernières volontés.
Fait à Versailles, le premier janvier mil huit cent douze, et je signe de tous mes noms et prénoms.
Marie Louise Henriette Monique de Gouy O'Mahony.


  
testament olographe
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Monique est décédée le 4 avril à Versailles, en son domicile rue royale, n°88. Les témoins sont le marquis de La Londe (Louis Le Cordier de Bigars, maire de Versailles 1809-1813) et le marquis de Bailly, maréchal des camps). Elle est enterrée au cimetière Saint-Louis.

Le 28 avril suivant on procédait, comme cela était l'usage, à un inventaire après décès des objets dépendant de la succession tant en son domicile à Paris (rue de la chaussée d'Antin n° 58) qu'en son logement à Versailles (rue royale n° 88) à la demande de monsieur Barthélemy O'Mahony, lieutenant général des armées du Roi, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, agissant comme exécuteur testamentaire.

A Paris, le mobilier inventorié, prisé 193 francs, consiste :
- dans une pièce au deuxième étage éclairée sur la rue : un fourneau de tole, une cafetière de fer blanc, un balai d'âtre ;
- dans une pièce à côté éclairée sur la cour : deux sceaux, un pot et une cuvette en faïence, onze assiettes, une théïere, deux tasses et leurs soucoupes en terre de pipe, deux autres tasses et leurs soucoupes en porcelaine, deux tables de bois de chêne et hêtre sur leur quatre pieds couvertes en toile cirée, une bergère, deux fauteuils et deux chaises de bois peint en gris fourrés de crin et plumes couvertes d'indienne fond blanc ;
- dans une pièce servant de chambre à coucher au même étage et éclairée sur la cour : deux chenêts, une pelle et une pincette de fer, deux flambeaux et un bougeoir en plaqué, une lampe de tôle vernie, une paire de mouchettes, un soufflet ; une petite commode de bois de placage à deux tiroirs fermant à clé garniture cuivre et dessus de marbre de Flandre, une table à jouer et son travers couverte en drap vert, une table de nuit de bois de noyer, deux fauteuils et deux chaises fourrés de paille, les dits fauteuils garnis de coussins couverts en indienne, une chaise de bois peint couverte en nankin ; une couchette de bois peint à deux dossiers fond sanglé roulettes à équerre, un sommier de crin et deux matelas de laine couverts de toile à carreaux, un lit, un traversin et un oreiller de coutil remplis de plumes, une couverture de laine, un couvrepied piqué en calicot et deux draps de toile blanche, deux rideaux d'alcove en calicot, deux petits rideaux de croisée en mousseline brochée, un lit de sangle, une toilette portative en bois d'acajou garnie de sa glace, un tabouret couvert en nankin, une caraffe, un verre, une cuvette de faïence blanche ; un vieux rideau en toile blanche, une taie d'oreiller, trois serviettes dépareillées ; cinq chemises de toile élimée à usage de femme, une robe de la tounade, une camisole et un jupon blanc, sept paires de bas de coton et deux vieux chapeaux.

A Versailles, on prise pour 254 francs de vêtements et habits et aucun meuble n'est inventorié.

Parmi les papiers recensés à Paris se trouvent des relances et sommations pour le paiement d'impôts pour l'année 1819, l'expédition d'un parchemin contenant les conditions civiles de son mariage avec le comte des Salles, une copie informe du contrat contenant les conditions civiles de son mariage avec le comte O'Mahony, la copie informe du testament de Louis de Gouy, son père, et les codicilles, la copie informe d'un arrêté dans lequel le département de la Seine accepte la qualité de légataire universel dans la succession de Louis de Gouy, et divers autres papiers relatifs à cette succession, les papiers relatifs à la succession du comte des Salles, le compte de tutelle de leur fille Aurore, des documents servant de renseignements sur sept mille livres de rentes perpétuelles sur l'Etat, vingt sept pièces qui sont les renseignements sur la succession de mademoiselle de Régis décédée en 1822 à Provins, recueillie par la comtesse O'Mahony en mil huit cent vingt deux et un état des comptes des recettes et dépenses fait par M. Briot pour la comtesse O'Mahony.