Ajout
Rapport de police
Toutes les lettres, démarches et sollicitations de Louise pour son mari et pour son fils finirent par attirer l'attention des autorités qui commencent à se méfier. C'est
ainsi que le 26 août 1813, Savary, duc de Rovigo, ministre de la police, demande au commissaire de Lorient d'enquêtrer sur « une dame vve de Pontbellanger qui doit demeurer
dans votre département et a épousé M. Bonté. Je désire avoir des renseignements sur cette dame tant pour sa conduite et ses opinions présentes que pour sa conduite antérieure
notamment pendant les troubles qui ont eu lieu dans la Bretagne ... »
Le commissaire répond au ministre le 17 septembre :
« Après la mort de M. de Pontbellanger, elle suit, dit-on, un chef vendéen et quelques temps après s'attache au général Hoche. C'est alors qu'elle fit connaissance de
M. Bonté qui était aide de camp du général. Cette dame a joué un certain rôle dans les troubles civils, quelques personnes m'ont même assuré qu'elle avait commandé la
cavalerie des Chouans mais ce fait n'est point avéré. Du reste, elle a la réputation d'avoir beaucoup d'esprit, d'être femme de caractère et de savoir agir au besoin.
Elle est aussi connue par de nombreuses galanteries. Mme Bonté demeure depuis quelques mois au Grégo et parit s'être jetée dans la dévotion. Il est sûr du moins qu'elle
suit tous les offices religieux et qu'on la voit marcher à toutes les processions... On peut même dire que si elle n'est point sincèrement attachée au gouvernement, elle
ne néglige aucune occasion de se montrer telle. J'ai vu dans le Journal administratif du Finistère, qu'au mois de janvier 1813, elle avait fait don d'une jument pour
le service des armées et de soixante pieds d'arbres de construction évalués 1000 à 1200 francs ...»
Source : Georges Le Cler : Le Vaudequip, lieu de mémoire.