Françoise-Mélanie de Salomon de Poulard de La Lande, marquise d'Arsy
Inventaire après décès
28 février 1726



Ce document est très intéressant à plusieurs égards :
  1. Il nous apprend que les Gouy d'Arsy (Michel-Jean et Françoise-Mélanie, née de Salomon) avaient deux lieux de résidence :
  2. L'inventaire des biens de Françoise-Mélanie montre qu'au Louvre elle n'avait guère que sa chaise à porteurs, ses papiers et ses vêtement (riches semble-t-'il) alors qu'elle semble avoir meublé Avrigny où sont à son actif des lits en grand nombre, du linge de maison et des meubles, sans oublier la berline, la calèche et les chevaux.
  3. Nous voyons que les époux étaient séparés de biens depuis 1725, soit 10 ans après leur mariage fait sous le régime de la communauté, selon la coutume de Paris ; la raison la plus probable est sans doute un grand désordre dans la conduite des affaires du marquis, cause généralement mise en avant à l'époque pour ces séparations. Cette séparation de biens à conduit à des remboursements de l'un à l'autre, à une saisie de la marquise sur des biens du marquis (28/04/1725) etc. La sentence de séparation a été arrêtée en la chambre du conseil du Châtelet le 1er juin 1725
  4. L'inventaire des papiers de l'appartement du Louvre fournit des données concernant plusieurs actes intéressants dont la cote sera ainsi facilement trouvable. Je pense notamment à :
  5. Madame de Lalande avait donné à sa fille à l'occasion de son mariage :
  6. Le marquis de Gouy donnait à son épouse 2.000# de rente au cas où ils aient des enfants.



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L'an mil sept cent vingt-six, le jeudi vingt-huitieme et dernier jour de février, trois heures de relevée [=après-midi], à la requête de haut et puissant seigneur Messire Michel Jean de Gouy, chevalier, marquis d'Arsy, seigneur d'Avrigny, Troussencourt, Maricourt, Poulard, du Donjon, Dampmarais, Danduelle et autres lieux, mestre de camp de cavalerie, gentilhomme de la manche du Roi, gouverneur de Béziers, demeurant à Paris, au Vieil Louvre, paroisse Saint-Germain-L'auxerrois, au nom et comme tuteur et gardien noble de Messire Louis de Gouy d'Arsy, chevalier, âgé de neuf ans environ, mineur, fils unique de lui et de défunte haute et puissante dame Dame Françoise Mélanie de Salomon de Poulard de La Lande, son épouse, laquelle était séparée quant aux biens d'avec lui par sentence du Châtelet de Paris du deux juin de l'année dernière 1525, dûment insinuée, le dit sieur mineur habile à se dire et porter seul et unique héritier de ladite défunte dame sa mère,

En la présence de Dame Jeanne Françoise de Biaudos de Castéja, sous gouvernante du Roi, veuve de Messire Jacques de Salomon de Poulard et de La Lande, dmeurante aussi au Vieil Louvre, paroisse Saint-Germain-L'auxerrois, ayeule maternelle et subrogée tutrice dudit mineur, lesdits seigneur marquis d'Arsy et dame de La Lande assurant lesdites charges de tuteur et subrogé tutrice dudit seigneur mineur de l'avis de ses parents et amis, homologué par sentence du Châtelet de Paris du quatorze du présent mois, étante aux registres de Chaillon, greffier de la chambre civile, au dos de laquelle est l'acceptation qu'ils ont faite de la dite charge les seize et vingt cinq dudit présent mois, et ladite garde noble dudit seigneur mineur acceptée par ledit seigneur son père, en jugement, d'audience tenante au parc civil du Châtelet de Paris le vingt six du présent mois de février, suivant qu'il parait par l'acte expédié audit Châtelet le jour vingt six du présent mois de février étant au registre de Du Chastelier, greffier au Châtelet, le tout ? et sans préjudice audit seigneur marquis d'Arsy de jouir ainsi qu'il se le réserve des biens appartenant audit sieur son fils mineur situés en pays de droit écrit par droit de puissance paternelle.

Sous la confirmation des droits et actions dudit seigneur mineur et de tous autres qu'il appartiendra, a été par les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, soussignés, fait bon inventaire et fidèle description de tous les biens et effets, titres et papiers, restés après le décès de ladite Dame marquise d'Arsy et étant de sa succession trouvés et étant ès lieux ci-après déclaré où ladite Dame d'Arsy est décédée le dix du présent mois et dépendant de l'appartement que ladite défunte dame et ledit seigneur son époux occupaient au Vieil Louvre chez ladite Dame de La Lande, leur mère et belle-mère, chez laquelle ils étaient logés, et représenté aux dits notaires et mis en évidence par ledit seigneur marquis d'Arsy, en la possession duquel le tout est demeuré après le décès de ladite dame son épouse et par Anne Maréchal, fille majeure, fille de chambre de ladite défunte dame, André Delaporte, son cocher, Pierre Florent Chennebault et Etienne Lesage, ses deux laquais, tous présents,

Après serment par chacun d'eux séparément fait ès mains desdits notaires de tout représenter sans en rien cacher ni en avoir rien détourné sous les peines de droit en tel cas introduites, qui leur ont été expliqués et donnés à entendre par lesdits notaires. L'autre présence de choses sujettes à estimation, prisées en février par Maître Jean Joseph Guichard, huissier commissaire priseur vendeur de biens meubles au Châtelet de Paris à ce présent, qui a fait ladite prisée eu égard au cours du temps, aux formes et ainsi qu'il suit, et ont signé, excepté lesdits André Delaporte et Etienne Lesage qui ont déclaré ne savoir écrire ni signer






Et de ce jour et ceux suivants [?] où était logée ladite Dame marquis d'Arsy et qui lui servait de garderobe ayant vue sur la rivière.

- Premièrement une armoire de bois de noyer à deux volets fermant à clef, prisée la somme de vingt livres

Dans ladite armoire : En suit :






Ensuivent les papiers :

Ce fait, après avoir vaqué jusqu'à six heures sonnées, et qu'il n'est plus rien trouvé à inventorier à Paris,..., pour procéder au château d'Avrigny appartenant audit seigneur marquis d'Arsy, distant de Paris de quinze lieues ou environ, situé près la ville de Clermont-en-Beauvaisis, à l'inventaire et description de meubles et effets qui s'y trouveront, appartenant à la feue dame marquise d'Arsy, a été remise à vendredi prochain du présent mois huit heures du matin, à l'effet de quoi les parties s'y transporteront en personnes fondées de leurs pouvoirs, etc.






Au château d'Avrigny :




On remarquera la signature de Louis Roger de Fransure, chevalier, seigneur de Villers, officier des vaisseaux du roi
ainsi que celle de Mathias Demortain, bourgeois de Paris, procureur de Mme de La Lande qui n'a pu se rendre à Avrigny