Françoise-Mélanie de Salomon de Poulard de La Lande, marquise d'Arsy
Inventaire après décès
28 février 1726
Ce document est très intéressant à plusieurs égards :
- Il nous apprend que les Gouy d'Arsy (Michel-Jean et Françoise-Mélanie, née de Salomon) avaient deux lieux de résidence :
- le château d'Avrigny, et
- un entresol avec vue sur la Seine, que leur laissait madame de La Lande, belle-mère et mère, situé dans son appartement du Louvre .
L'inventaire des biens de Françoise-Mélanie montre qu'au Louvre elle n'avait guère que sa chaise à porteurs, ses papiers et ses vêtement (riches semble-t-'il) alors qu'elle semble avoir meublé Avrigny où sont à son actif des lits en grand nombre, du linge de maison et des meubles, sans oublier la berline, la calèche et les chevaux.
- Nous voyons que les époux étaient séparés de biens depuis 1725, soit 10 ans après leur mariage fait sous le régime de la communauté, selon la coutume de Paris ; la raison la plus probable est sans doute un grand désordre dans la conduite des affaires du marquis, cause généralement mise en avant à l'époque pour ces séparations. Cette séparation de biens à conduit à des remboursements de l'un à l'autre, à une saisie de la marquise sur des biens du marquis (28/04/1725) etc. La sentence de séparation a été arrêtée en la chambre du conseil du Châtelet le 1er juin 1725
- L'inventaire des papiers de l'appartement du Louvre fournit des données concernant plusieurs actes intéressants dont la cote sera ainsi facilement trouvable. Je pense notamment à :
- Expédition du contrat de mariage Gouy-Salomon du 5 avril 1715 chez Laideguive
- Sentence de séparation de biens rendue par la chambre du conseil du Châtelet le 1er juin 1725
- Procès-verbal de vente du 23 au 25 mars 1725 de biens appartenant au marquis et saisis au château d'Avrigny par la marquise
- Quittance passée devant Billeheu le 26 janvier 1726 du remboursement à Alexandre Guillaume de la Vieuville de la somme de 10.689 livres
- Contrat passé devant Caron et Billeheu le 10 juillet 1725 de constitution d'une rente de 2.200 livres au profit de la marquise
- Expédition faite par Laiguedive de l'inventaire fait au château de Poulard en 1703
- Madame de Lalande avait donné à sa fille à l'occasion de son mariage :
- Son douaire de 750# de rente ;
- Une rente de 2000# au principal de 50.000# (contrats chez Laiguedive le 3/4/1715) ;
- Une rente de 2003# au principal de 40.060# sur la ferme des Postes (voir contrat chez Torinon 03 /05 /1700) ;
- Des dettes de son mari (Jacques de Salomon) qu'elle avait payées sur ses biens.
-
Le marquis de Gouy donnait à son épouse 2.000# de rente au cas où ils aient des enfants.
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L'an mil sept cent vingt-six, le jeudi vingt-huitieme et dernier jour de février, trois heures de relevée [=après-midi],
à la requête
de haut et puissant seigneur Messire Michel Jean de Gouy, chevalier, marquis d'Arsy, seigneur d'Avrigny, Troussencourt, Maricourt,
Poulard, du Donjon, Dampmarais, Danduelle et autres lieux, mestre de camp de cavalerie, gentilhomme de la manche du Roi,
gouverneur de Béziers, demeurant à Paris, au Vieil Louvre, paroisse Saint-Germain-L'auxerrois, au nom et comme tuteur et gardien noble
de Messire Louis de Gouy d'Arsy, chevalier, âgé de neuf ans environ, mineur, fils unique de lui et de défunte haute et puissante
dame Dame Françoise Mélanie de Salomon de Poulard de La Lande, son épouse, laquelle était séparée quant aux biens d'avec lui
par sentence
du Châtelet de Paris du deux juin de l'année dernière 1525, dûment insinuée, le dit sieur mineur habile à se dire et porter seul et unique
héritier de ladite défunte dame sa mère,
En la présence de Dame Jeanne Françoise de Biaudos de Castéja, sous gouvernante du Roi, veuve de Messire Jacques de Salomon de Poulard et de
La Lande, dmeurante aussi au Vieil Louvre, paroisse Saint-Germain-L'auxerrois, ayeule maternelle et subrogée tutrice dudit mineur,
lesdits seigneur marquis d'Arsy et dame de La Lande assurant lesdites charges de tuteur et subrogé tutrice dudit seigneur mineur
de l'avis de ses parents et amis, homologué par sentence du Châtelet de Paris du quatorze du présent mois, étante aux registres de
Chaillon, greffier de la chambre civile, au dos de laquelle est l'acceptation qu'ils ont faite de la dite charge les seize
et vingt cinq dudit présent mois, et ladite garde noble dudit seigneur mineur acceptée par ledit seigneur son père, en jugement,
d'audience tenante au parc civil du Châtelet de Paris le vingt six du présent mois de février, suivant qu'il parait
par l'acte expédié audit Châtelet le jour vingt six du présent mois de février étant au registre de Du Chastelier, greffier
au Châtelet, le tout ? et sans préjudice audit seigneur marquis d'Arsy de jouir ainsi qu'il se le réserve des biens appartenant audit sieur son fils mineur situés en pays de droit écrit par droit de puissance paternelle.
Sous la confirmation des droits et actions dudit seigneur mineur et de tous autres qu'il appartiendra, a été par les conseillers du roi, notaires au Châtelet de Paris, soussignés,
fait bon inventaire et fidèle description de tous les biens et effets, titres et papiers, restés après le décès de ladite
Dame marquise d'Arsy
et étant de sa succession trouvés et étant ès lieux ci-après déclaré où ladite Dame d'Arsy est décédée le dix du présent mois
et dépendant de l'appartement que ladite défunte dame et ledit seigneur son époux occupaient au Vieil Louvre chez ladite Dame de La Lande,
leur mère et belle-mère, chez laquelle ils étaient logés, et représenté aux dits notaires et mis en évidence par ledit seigneur
marquis d'Arsy, en la possession duquel le tout est demeuré après le décès de ladite dame son épouse et par Anne Maréchal, fille majeure,
fille de chambre de ladite défunte dame, André Delaporte, son cocher, Pierre Florent Chennebault et Etienne Lesage, ses deux
laquais, tous présents,
Après serment par chacun d'eux séparément fait ès mains desdits notaires de tout représenter sans en rien cacher ni en avoir
rien détourné sous les peines de droit en tel cas introduites, qui
leur ont été expliqués et donnés à entendre par lesdits notaires.
L'autre présence de choses sujettes à estimation, prisées en février par Maître Jean Joseph Guichard, huissier commissaire priseur
vendeur de biens meubles au Châtelet de Paris à ce présent, qui a fait ladite prisée eu égard au cours du temps, aux formes
et ainsi qu'il suit, et ont signé, excepté lesdits André Delaporte et Etienne Lesage qui ont déclaré ne savoir écrire ni signer
Et de ce jour et ceux suivants [?] où était logée ladite Dame marquis d'Arsy et qui lui servait de garderobe ayant vue sur la rivière.
- Premièrement une armoire de bois de noyer à deux volets fermant à clef, prisée la somme de vingt livres
Dans ladite armoire :
- Un sac et un carreau de velours cramoisi galonné de galons d'or fin avec les glands, prisé 100 livres ;
- Un corps de robe de damas noir brodé en or, le bas de robe de même damas, prisés ensemble 50 livres ;
- Un autre corps de robe, bas de robe et jupe de damas giroflé et argent, prisé 480 livres ;
- Un manteau et une jupe de satin blanc brodé en or et soie, prisé 200 livres ;
- Une robe de chambre de damas blanc brodé en or et soie, prisé 120 livres ;
- Une autre robe de chambre de velours rond couleur de feu à étoffe brodée d'argent, prisé 43 livres ;
- Deux jupons, l'un de drap d'argent et l'autre de Damas à ? d'or en cerceau, prisé 80 livres ;
- Une jupe à l'étoffe d'or sans les parments, et un manteau de même étoffe, un manteau et une jupe en morceaux de vieux damas à fleurs d'or, une vieille robe de chambre de satin gris de perle aussi à fleur d'or, prisé le tout 300 livres ;
- Une jupe et une écharpe de velours vert gauffré, prisé 40 livres ;
- Une robe de damas, prisé 48 livres ;
- Une robe ? de mousseline brodée en soie, un paquet de coupons et morceaux de de damas blanc vieux, un manteau, une jupe en damas blanc doublée de taffetas blanc, un manteau, une juppe de taffetas, un autre manteau, une jupe de satin blanc, une robe de chambre de damas blanc, prisé 300 livres ;
- Un couvre pieds de moire blanche brodé en partie en or et soie, prisé 30 livres ;
- Un habit de chasse bordé de castor brun doublé de taffetas, la jupe aussi de rat de castor, la veste de taffetas, une housse de selle de drap écarlate bordée d'un petit galon d'argent, prisé avec la selle, 40 livres ;
- Une écharpe de gaze de jude rouge et or, une autre écharpe d'alonde (?), une autre écharpe de dentelle noire avec un fichu pareil, un fichu de gaze, prisé le tout 160 livres.
En suit le linge :
- Trente-sept chemises de toile fine à l'usage de la dite défunte dame, quatre peignoirs, vingt-huit mouchoirs de toile blanche, prisé le tout ensemble
avec nappe, serviettes à café de toile 180 livers ;
- Un paquet de linges à layette garni de dentelles, prisé 20 livres ;
- Une garniture de robe de point
- Une coiffure n"gligée en deux pièces d'Angleterre, une paire de manchettes simples en dentelle d'Angleterre à reseau, prisé 20 livres ;
- Une autre garniture négligée en deux pièces, une paire de manchettes plates, garnie de dentelles d'Angleterre à brides, prisé 20 livres ;
- Une garniture de séjour de deux pièces avec fond, tour de gorege, une paire de manchettes de dentelle d'Angleterre à bride, prisé 24 livres ;
- Une autre garniture de deux pièces avec le fond, une paire de manchettes avec rangée de dentelle d'Angleterre à réseau ou plein, prisé 240 livres ;
- Une autre garniture de deux pièces avec fond et fichu de dentelle d'Angleterre à brides, prisé 40 livres ;
- Une autre garniture de deux pièces, fond et manchette en dentelle d'Angleterre à réseau, prisé 40 livres
- Trois paires de manchettes avec garniture de nuit complète de mousseline garnie de dentelle commune, prisé 8 livres ;
- Une toilette de mousseline garnie d'une dentelle d'Angleterre à réseau élimée, un tapis de ? de serge cramoisi, un miroir cintré de dix-huit
pouces de haut par douze de large, deux grands carrés, deux boites rondes, une pelotte et brosses, le tout de bois de chêne,
une ? de toilette de velours vert bordé d'un galon d'or et garni de quatre glands d'or, prisé le tout ensemble 120 livres ;
- Une autre toilette de mousseline brodée et deux peignoirs, prisé ensemmble 30 livres.
En suit :
- Trois petits coffrets dont un couvert de chaagrin, prisé 6 livres ;
- Trente opéras imprimés chez Bellard, le dictionnaire économique en deux volumes, prisé 140 livres ;
- Une chaise à porteur de trois places doublée de velours, prisé 200 livres ;
- Une tabatière de nacre de perle garnie d'or, prisé 100 livres ;
- Une autre petite tabatière aussi de nacre de perle garnie d'argent, prisé 16 livres ;
- Deux boîtes à mouches, une de chagrin et l'autre d'écaille, prisé 6 livres ;
- Un petit étui de chagrin, prisé 8 livres ;
- Une tablette de chagrin garni de son fermoir en aiguille d'or, prisé 24 livres ;
- Un cachet d'or pesant deux gros neuf grains, prisé à juste valeur et sans crue à raison de 536 livres 14 sols 6 deniers le marc menant à la somme de 17 livres 15 sols neuf deniers ;
- Une médaille d'or pesant une once deux gros et demi, prisé à juste valeur et sans crue à raison de 536 livres 14 sols 6 deniers le marc menant à la somme de 79 livres ;
- Cent jetons d'argent pesant ensemble 12 marcs 16 onces 5 gros, prisé à juste valeur ... 54 livres 4 sols ;
- Un étui d'or garni de sa chaine en agraphe, un manche de couteau, un encrier, un porte crayon aussi d'or pesants ensemble
3 onces un gros, prisé à juste valeur ... 209 livres 13 sols ;
- Une écuelle couverte, une soucoupe, deux gobelets couverts, deux petits flambeaux, une assiette et deux ? d'argent d'Allemagne
pesant ensemble 12 marcs 5 onces cinq gros, prisé à juste valeur ... 349 livres 5 sols ;
- Une petite bague d'un diamant jaune et deux petits brillants aux côtés, un petit diamant rose, une aigrette de deux pierres de couleur,
deux boucles d'oreilles avec leur pandeloque de deux pierres de couleur et six petits brillants, un collier de pierres de valeur et diamnats, trente
un cailloux de diverses tailles en brillants et non montés, une boucle de ceinture garnie de Médoc, un collier ? et deux petits
colliers de semence de perles fines, prisé le tout
Ensuivent les papiers :
- Premièrement une expédition en papier d'un contrat de mariage dudit seigneur marquis d'Arsy avec ladite défunte dame son épouse
passé devant Melin et Laideguive, notaires à Paris, le cinq avril mil sept cent quinze par lequel il aurait été stipulé la communauté de biens
entre eux suivant la coutume de Paris sans être tenus des dettes et hypothèques l'un de l'autre crées et contractées avant
la célébration
du mariage, les seigneurs père et mère du dit seigneur lors futur époux et la dite dame de Lalande mère de la dite dame
lors future épouse ont déclaré et certifié réciproquement le dit seigneur leur fils et demoiselle leur fille sans ( ?)
acquitter les dites dettes jusqu'au jour de la célébration de leur mariage, le dit seigneur lors futur époux a pris la dite
lors future épouse avec les biens et droits qui lui appartenaient comme fille unique seule héritière du dit sieur de Lalande
son père, consistant en la terre et seigneurie de Poulard située en Guyenne près Clairac avec la maison meublée, bâtiments et
dépendances, la métairie de Quittimont près la dite terre de Poulard, la Mairie de Clairac et diverses rentes sur plusieurs
particuliers du dit lieu, tous les dits biens étaient francs et quittes et de toutes dettes et hypothèques exemptés, de
pensions viagères ci-après énoncées : premièrement six cent vingt livres qui étaient dus à la dite aïeule paternelle
[Marie de Martin] de la dite demoiselle lors future épouse, et en cent cinquante livres à deux demoiselles filles de la
dite aïeule [Catherine et Marguerite de Salomon] faisant trois cents livres à elles deux, plus du douaire de sept cent
cinquante livres de rente de la dite dame mère de la dite demoiselle lors future épouse [Jeanne Françoise de Biaudos,
dite Madame de Lalande], duquel douaire la dite dame sa mère lui a fait don et remis par ledit contrat en
considération du mariage et à compter du jour de la célébration d'icelui ; et en outre la dite mère de la dite demoiselle
lors future épouse aussi en considération du mariage donne à la dite demoiselle sa fille deux mille livres de rente au
principal de cinquante mil livres au dernier vingt-cinq constituée à son profit par messire Le Preusse du Mac (?),
échevin de cette ville, sur les aides et gabelles, par quatre contrats passés comme l'autre devant le dit Laideguive et
son confrère, notaires, le trois avril mil sept cent quinze (1715) en deux de cinq cents livres de rente chacun au principal
de douze mil cinq cents livres aussi chacun, un autre de six cents livres de rente au principal de quinze mille livres et
l'autre de quatre cents livres de rente au principal de dix mille livres, desquelles rentes la dite dame de Lalande a fait
délaissement aux dits seigneur et dame lors futurs époux pour en jouir et disposer par eux dès lors du dit mariage, plus
la dite dame veuve de Lalande a encore assuré à la dite demoiselle sa fille deux mille trois livres de rente au principal
de quarante mil soixante livres constituant profit de la dite dame sur la ferme des postes par contrat passé devant Torinon
et Foucault (?), notaires à Paris le trois mai mil sept cents, lesquels deux mil trois livres de rente la dite dame veuve
de Lalande pourrait néanmoins vendre si bon lui semblait, à condition par elle d'y employer le prix en acquisition de fonds
de terres [fond de terre = propriété d'une portion de terre] en héritage de pareille valeur, lesquels fonds de terres en
héritage serait au dit cas assurés à la dite demoiselle lors future épouse comme l'était la dite rente aux conditions .
la même chose serait aussi stipulé dans les nouveaux contrats qui seraient passés du remploie de la dite somme au moyen
desquels avantages la dite lors future épouse ne pourrait demander à ladite dame sa mère ou au compte de la tutelle et a
dministration qu'elle a eu des sus sommes ( ?) et biens ni rien prétendre ou demander dans les meubles et effets compris
dans l'inventaire qui en a été fait après le décès dudit seigneur de Lalande son père, attendu que la dite veuve dame de
Lalande sa mère a payé plusieurs dettes sur son bien particulier du dit seigneur son époux, desquelles dettes elle a fait
don et remise à la dite demoiselle sa fille.
Les seigneur et dame père et mère dudit seigneur lors futur époux lui ont aussi, en faveur du dit mariage, donné les biens
et effets mentionnés au dit contrat, dont l'énonciation est ici inutile attendu la séparation de biens de la dite défunte.
Le dit seigneur lors futur époux a donné la dite lors future épouse deux milles livres de rente en cas qu'il y eusse
enfants pour en jouir suivant la coutume.
Le remploi des propres biens a été stipulé en la ? et l'action du dit remploi ( ?) a été stipulée immobilière et propre de
part et d'autre, et la faculté de renoncer à la communauté a été accordée à la dite demoiselle lors future épouse et, en ce cas, de reprendre, franc et quitte, tout ce que la dite demoiselle lors future épouse aurait apporté au dit mariage et ce qui lui serait advenu pendant icelui par une succession ou autrement en meubles ou immeubles, sans être tenue des dettes ni hypothèques de la ? dont elle serait acquittée ? sur les biens du dit seigneur futur époux,
La dite expédition inventoriée sous la cote UN
- La grosse d'un parchemin de la sentence de séparation de biens de ladite défunte dame marquise d'Arsy d'avec ledit seigneur
son époux rendue au Châtelet de Paris, signée et arrêtée en la chambre du conseil dudit Châtelet le premier juin 1725, prononcée
en jugement le deux dudit mois, signé par collection,
? et scellé la fin du mois de juin 1725, insinué au greffe des insinuations du châtelet de Paris le vingt dudit mois par Baudon,
et signifiée au ? seigneur marquis d'Arsy le même jour, par laquelle ? a été dit que la dite dame serait et demeurerait séparé
quant aux biens d'avec le dit seigneur son époux pour ? en jouir par par elle et par . par note reçue par Cochard, greffier au Châtelet du vingt-sept avril mil sept cent vingt-cinq (27/05/1725) dument ?, le dit seigneur marquis d'Arsy a été ? de rendre et de restituer à la dite dame son épouse la somme de cinquante mille livres pour le ? principal des quatre contrats de rente sur la ville énoncés en leur dit contrat de mariage et ? à quelle justifierait avoir apporté . l'acquit des dettes enquelles il l'a fait obliger ; et pour en faciliter le paiement, il a été ordonné que les meubles et effets qu'elle a fait saisir sur ledit seigneur son époux par ? du vingt-huit du mois d'avril mil sept cent vingt-cinq seraient vendus et les deniers provenant des livres . nonobstant tout ce qui pourrait être dit ou produit par ledit seigneur marquis d'Arsy dont il a été débouté et condamné aux dépens
La dite grosse prenant la cote DEUX
- La grosse en papier du procès verbal de vente qui a été fait par Filocquet, huissier à cheval au Châtelet de Paris en
date du vingt trois ou vingt cinq juin 1725, délivré par ledit Filocquet le trente du mois, duement controllé, de meubles
et autres choses
qui étaient dans le château d'Avrigny appartenant audit seigneur marquis d'Arsy, qui ont été sur lui saisis à la requête de
ladite dame son épouse en conséquence de la sentence de séparation de biens, par lequel procès-verbal de la dite vente faite sur ledit seigneur à la requête de ladite dame, il parait que le total de ladite vente de trouve monter à la somme de dix mille deux cent dix-sept livres (10.217#), laquelle somme est restée ès mains de la dite dame marquise d'Arsy, dont elle tiendrait compte audit seigneur son époux sur celle de cinquante mille livres . par la dite sentence de séparation, de laquelle somme se déduisent deux cent dix-sept livres par elle acquittée en décharge ledit seigneur au moyen de quoi elle n'est plus resté . que la somme de trente-neuf mille sept cent quatre-vingt-trois livres (39.783#) .
La grosse inventoriée prenant la cote TROIS
- Six pièces attachées ensemble, la première est l'expédition d'une quittance passée devant ledit Billalet et son confrère, notaires,
le 26 jancier de la présente année 1726, de remboursement fait par ladite defunte dame, en qualité de femme séparée de ses deniers
tant en l'acquis dudit seigneur son épous qu'au sien personnel et en celui de la Dame de La Lande, sa mère, solidairement obligée
à Messire Alexandre Guillaume de la Vieuville, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, secrétaire des commandements de
Madame la Dauphine de Savoie, de la forme de 10.689 livres 4 sols, savoir 10.000 livres de principal
contenant promesse de constitution des dits seigneur et dames d'Arsy et de Lalande au profit du dit seigneur de la Vieuville en date du trois novembre mil sept cent vingt un (03/11/1721) contrôlé le vingt-neuf août mil sept cent vingt-cinq (29/08/1725) conformément à laquelle et à la demande formée en conséquence le six septembre dernier les dits seigneur et dame d'Arsy ont été solidairement condamnés envers ledit seigneur de La Vieuville de lui ?? de completation de cinq cents livres de rente et de lui payer ??? de la promesse qui lui a été tenue ?? par sentence du Châtelet du cinq dudit mois de janvier dernier et le surplus pour arrérage
? des dits dix mil livres de principal et frais comme il est porté par la dite quittance contenante subrogation en faveur de ladite dame d'Arsy pour son recours ? pour se faire par elle payer de continuer la dite rente de cinq cents livres si elle le juge à propos, et les autres sur l'original de ladite promesse de constitution remboursée qui avait été déposée à Dutartre, Notaire, le vingt-sept juillet mil sept cent vingt-quatre (27/07/1724) en éxécution . le premier septembre mil sept cent vingt-cinq , l'expédition qu'il en avait délivré, l'exploit de demandes, ladite sentence et la quittance des frais, toutes ces pièces inventoriées l'une comme l'autre sous la cote QUATRE.
- La grosse en parchemin de Vercoutrant (?) passé devant Caron et Billeheu, notaires soussignés, le 10 juillet 1725 par lequel
les commissaires du conseil nommés par le roi à cet office en exécution de son édit de janvier 1724 ont constitué au profit de ladite
défunte dame de 1.200 livres de rente ? sur les tailles revenant la somme de 55.000 livres qui a été fournie par ladite dame de La Lande,
sa mère, pour la rente constituée à ladite dame d'Arsy, sa fille unique, à laquelle elle en a fait don pour en jouir par ladite dame d'Arsy
dès l'instance dudit contrat enregistré n° 18821, prenante le CINQ
Déclare ledit seigneur marquis d'Arsy qu'il ? de la fin du dernier mois 1725 à la portion de la présente année
jusqu'au jour du décès de ladite dame de ladite rente
- L'expédition en papier de l'inventaire fait par Laideguive, notaire à Paris, en présence de Lemonier à Versailles,
le 6 août 1703 après le décès du seigneur de La Lande, père de ladite feue dame d'Arsy, à la requête de la dame de La Lande
mère, en son nom et comme tutrice de leurs enfants, en présence de leur subrogé tuteur, ? duquel inventaire est transcrite
le legs
qui a été fait au château de Poulard, juridiction de Clairac, en Agenais, après le décès dudit seigneur de La Lande, des biens
et effets qui se trouvaient audit château, par Frezon, notaire à Clairac, présents témoins, le 27 septembre 1703, annexé
audit inventaire fait etc.
Ce fait, après avoir vaqué jusqu'à six heures sonnées, et qu'il n'est plus rien trouvé à inventorier à Paris,..., pour
procéder au château d'Avrigny appartenant audit seigneur marquis d'Arsy, distant de Paris de quinze lieues ou environ, situé
près la ville de Clermont-en-Beauvaisis, à l'inventaire et description de meubles et effets qui s'y trouveront, appartenant
à la feue dame marquise d'Arsy, a été remise à vendredi prochain du présent mois huit heures du matin, à l'effet de quoi les parties
s'y transporteront en personnes fondées de leurs pouvoirs, etc.
Au château d'Avrigny :
- Cinq aulnes de tapisserie de satin de Bruges, bleu et blanc, par bandes ; une petite tables à pied de liège de
bois noirci à filets de cuivre fort, trouvé en nature, prisé 55 livres ;
- Une armoire de bois de chêne à deux volets ; un canapé de velours gris, fauteuils de bois de noyer, remplis de crin, couverts de velours de plusieurs couleurs ;
un divan de bois de noyer couvert de même velours ; une table à jouer couverte de drap vert fort, trouvé en nature ; prisé 180 livres ;
- Six aulnes de tapisserie de bergame avec petit lai à tombeau de serge bleue bordé d'un petit galon de soie aurore, le bois foncé de sangle ; deux matelas
de laine ; un traversin de coutil rempli de plumes ; et une couverture de laine blanche, aussi trouvé en nature, prisé 40 livres ;
- Douze aulnes de tapisserie de coutil peints en personnages ; douze chaises de bois de noyer couvertes de moquette ; deux tables de bois de
chêne ; un tapis de Turquie et deux tapis de moquette, aussi trouvés en nature, prisé 75 luvres ;
- Deux fauteuils de bois de noyer, remplis de crin, couverts de serge rouge ; un tapis de Turquie ; aussi trouvés en nature, prisé 42 livres 10 sols ;
- Une couche à ban, piliers de bois de noyer, sanglé, garni de deux matelas de laine, d'un lit et d'un traversin de coutil empli de plumes, une couverture
de laine blanche, d'une housse d'étoffe de soie bleue et argent, doublée de taffetas jaune, aussi trouvé en nature, prisé 180 livres ;
- Une commode de bois de noyer à trois tiroirs fermant à clef ; une chaise de commodité de même bois ; un rideau de serge bleu ;
douze aulnes ou environ de tapisserie de ? bleue et jaune, prisé 44 livres ;
- Un bois de lit de noyer garni de son enfonçure, de deux matelas de laine et d'un traversin de coutil rempli de plumes, prisé 32 livres ;
- Deux aulnes de tapisserie de bergame, un lit de sangle, un matelas, un traversin de coutil rempli de plumes, douze aulnes d'autre tapisserie
de bergame, d'une commode de bois de noyer à trois tiroirs fermant à clef, un rideau de serge jaune, prisé 80 livres ;
- Quatre aulnes de tapisserie de bergame, un vieux paillasson de serge verte, un lit de sangle, un matelas de laine, un traversin de coutil rempli de plumes, une couverture de laine blanche,
une chaise de bois d'aulne fourré de paille, prisé 24 livres ;
- Une couche de bois de chêne sangglée, garnie de deux matelas en laine et un traversin de coutil rempli de plumes, la housse
de damas cramoisi et aurore ; un bureau de bois de rapport à cinq tiroirs fermant à clef, prisé 220 livres ;
- Une tenture de tapisserie haute tisse à grangs personnages contenant dix sept aulnes de coutil en cinq pièces ; un rideau
de serge bleu ; prisé 440 livres ;
- Six aulnes de tapisserie de bergame ; une couchette à bas piliers de bois de noyer, un matelas de laine, un traversin de coutil rempli de plumes, une housse de serge bleu ; une chaise de comodité
de bois de noyer ; une chaise de bois d'aulne fourrée de paille ; une couverture en laine blanche, prisé 26 livres ;
- Six aulnes de tapis de Turquie ; un lit de sangles, un matelas de laine, un traversin de coutil rempli de plumes, une couverture de laine blanche, une paillasse
de serge bleu ; une chaise de commodité en bois de noyer, prisé 32 livres ;
- Une commode de bois de noyer à quatre tiroirs fermant à clefs ; deux couchettes aussi de bois de noyer sanglée, quatre matelas de laine,
un traversin de coutil rempli de plumes, deux couvertures de laine blanches, prisé 90 livres ;
- Quatre aulnes de tapisserie de bergame ; un lit de sangle garni d'un matelas, d'un traversin de coutil rempli de plumes, d'une couverture de laine blanche ; une chaise de bois d'aulne fourrée de paille ; prisé 24 livres ;
- Trois couchettes de bois de noyer sanglées, deux matelas, un traversin de coutil ; six aulnes de coutil rempli de plumes, prisé 90 livres ;
- Une couchette à bas piliers, sanglée, ; une paillasse, deux matelas de laine, un traversin de coutil rempli de plumes, une couverture de laine blanche, une housse
de serge rouge ; une chaise de bois d'aulne fourrée de paille ; une table de bois en noyer ; dix aulnes de tapisserie de
coutil, prisé 110 livres ;
- Six feux garnis de leur pelle et pincettes en tenaille, le tout de fer poli, prisé 32 livres ;
- Une berline et une calèche ; la berline doublée de drap rouge, garnie de six glaces ; le coussins de la calèche doublé de
cuir jaune ; toutes deux montées sur leurs trains de roues ; et aux armes et chiffre dudit seigneur marquis d'Arsy, prisé 660 livres ;
- Quatre chevaux de carosse sous poils noire ayant ? queues et oreilles ; deux chevaux de scelle, l'un sous poil gris et
l'autre sous poils jaune, avec brides et harnais, prisé 800 livres ;
- Deux chenets, deux landiers, une crémaillère, un tourne broche garni de ses cordes et pieds, deux ?, deux lèche frites,
trois poeles à frire, quatre marmites, le tout de fer, prisé 8 livres ;
- Quatre marmites, six casseroles, une passoire, deux tourtières de cuivre rouge, un chaudron et une passoire de cuivre jaune,
une table de cuisine en bois de chêne avec deux bancs de pareil bois, un garde manger, prisé 110 livres ;
- Six flambeaux de cuivre argenté, quatre flambeaux de cuivre jaune ; prisé 16 livres ;
- Vingt plats de différentes grandeur ; un bassin ; dix huit assiettes, prisé 28 livres ;
- Cent trois draps de différentes tailles, tant de maîtres que de domestiques ; trente cinq nappes dont dix huit de taille assurée, douze de petit Venise et cinq
de toile damassée ; dix essui mains, douze torchons, une pièce de toile de chanvreécru contenante vingt aulnes de coutil, prisé 600 livres ;
- Vingt-sept nappes de différentes toiles, dont partie à l'usage de la cuisine ; cent neuf serviettes ; vingt huit tabliers ;
six essui mains et quarante huit torchons, prisé 480 livres ;
- Un réchaud d'argent poinçon de Paris pesant trois marcs, prisé à juste valeur ... 103 livres 10 sols 9 deniers.
On remarquera la signature de Louis Roger de Fransure, chevalier, seigneur de Villers, officier des vaisseaux du roi
ainsi que celle de Mathias Demortain, bourgeois de Paris, procureur de Mme de La Lande qui n'a pu se rendre à Avrigny