Ajout et correction page 193



Abbé Félicité de La Mennais, dit Lamennais
parrain de Monique O'Mahony





portrait   portrait
Deux portraits de l'abbé de Lamennais, par Paulin Guérin
Celui de droite, daté de 1827, est au Musée des châteaux de Versailles et de Trianon




Marie Félicité Augustine Monique O'Mahony est le premier enfant du deuxième mariage d'Arsène, qui a épousé Augustine Pasquier de Franclieu le 26 février 1827. Elle est née le 1er décembre suivant à Versailles et est décédée le 4 septembre 1887 à Chambéry. Elle était religieuse au Sacré-Cœur et avait 27 ans au décès de son parrain.




Monique, religieuse au Sacré-Cœur




Son parrain est l'abbé de Lamennais, alors considéré comme la personnalité la plus éminente du clergé français, rédacteur au Conservateur avec Arsène, Châteaubriand, de Castelbajac, le cardinal de Luzerne, Genoude et Fiévée.

Le 16 novembre 1827 Lamennais écrit à son ami l'abbé Gerbet (1) : "Mahony m'a écrit pour me demander d'être parrain de l'enfant qu'il attend. Je lui répond que j'accepte et que je vais vous écrire pour vous prier de me remplacer, comme il le désirait. Cette lettre vous vaudra donc procuration. Aux noms déjà choisis par Mahony, je souhaite qu'on ajoute celui de Félicité, si l'enfant est une fille, et celui de Félix, si c'est un garçon. (...) J'oubliais de vous dire de faire ce qui sera convenable pour le baptême, selon les usages, ramenés à l'économie qu'exige ma position. Vous pouvez tout simplement vous entendre là-dessus avec Mahony".

Le baptême eut lieu en la cathédrale Saint-Louis de Versailles, le 30 janvier 1828. La marraine était Catherine de Belleval, comtesse de Franclieu, bisayeule de l'enfant.




Acte de baptême
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Le 19 décembre, il écrit au même : "J'ai reçu hier, mon cher ami, votre lettre du 12, qui me donne de vives inquiétudes sur madame O'Mahony. Vous deviez m'écrire le vendredi suivant. J'espère que les nouvelles que vous me donnerez seront plus tranquillisantes. Dîtes bien à Mahony la part que je prends à cette nouvelle épreuve que Dieu lui envoie ; mais encore une fois, j'espère qu'elle sera moins cruelle que votre lettre ne pourrait le faire craindre".

Et le 7 janvier 1828 : "Dîtes à Mahony tout l'intérêt que j'ai pris à ses cruelles inquiétudes. Je ne lui ai point écrit, parce que je suis souffrant moi-même, très souffrant".

Le 13 avril 1830, Arsène écrivait à l'abbé Gerbet, en se recommandant au souvenir de leur vénérable ami : "Dîtes-lui que nous pensons sans cesse à lui ; dîtes-lui que sa petite filleule est fort occupée. Quand on lui demande le nom de son parrain : C'est M. de La Mennais.- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il prie Dieu.- Où est-il ? - Dans le beau livre de ma tante ; parcequ'on lui a montré l'image d'un saint en prière et qu'on lui a dit que c'était son parrain. Au reste, on pourrait prendre sa réponse à la lettre, et elle parle plus juste qu'on ne croit quand elle dit qu'il est dans un beau livre" (Lamennais, sa vie et ses doctrines, par l'abbé Boutard, tome II, Perrin 1908).

Quelques mois après il y eut scission entre Lamennais et O'Mahony. Le premier fonda avec Montalembert et Lacordaire le journal l'Avenir et le second, pour combattre ses idées, fonda à Fribourg, avec de Bonald, le journal l'Invariable .

En avril 1834, Lamennais publie Paroles d'un croyant, ouvrage que condamne le pape Grégoire XVI par l'encyclique Singulari nos du 25 juin. Dès lors il voit ses anciens amis le quitter. Dans son livre sur l'abbé, A. Blaize précise : "Il ne faut pas confondre avec les "anciens amis" quelques personnes qui, bien que catholiques, étaient restées attachées de cœur à Lamennais et parmi lesquelles je citerai (...) et encore une des filles du comte O'Mahony, filleule de Lamennais, qui du fond du cloître lui écrivit une lettre fort touchante". (Œuvres inédites de Lamennais par A. Blaize, tome second)




Lamennais par Ary Scheffer (1845)
Elu député de la Seine en 1848, il siégea à l'extrème gauche




(1) Olympe Philippe Gerbet était un disciple de Lamennais jusqu'en 1834, un des fondateurs en 1824 du Mémorial Catholique auquel Arsène collabora jusqu'en 1830. Il fut évêque de Perpignan en 1854. voir ici.