Ajout page 18
Barthélemy O'Mahony
gouverneur et châtelain du Câteau-Cambrésis
prévôt de Solesmes
1781-1789
La charge de gouverneur-châtelain du Cateau-Cambresis qu'obtint Barthélemy à son retour des campagnes de 1780 et 1781 avec le régiment de Walsh aux
Isles du Vent et Sous le Vent [Polynésie], dans le grade de colonel était assez considérable pour s'y intéresser quelques instants.
Le Câteau-Cambrésis a été rattaché à la France en 1676. Au XVIIIe siècle la ville et sa châtellenie comprenant d'abord la banlieue, puis
les villages
de Pommereuil, Mazinghien, Maurois,
Reumont, Câtillon, Basuel, Ors, Saint-Benin, Montay, Sart, Molin et Saint-Crépin, n'étaient encore qu'incomplètement incorporées à la nation et formaient une sorte de principauté indépendante.
Elles appartenaient aux Archevêques de Cambrai qui
nommaient le châtelain pour gouverner la ville. En 1709 le titre était porté par Henri-Joseph de Beaumont de Gibaud. En 1768 le châtelain du Cateau était le marquis Duhamel de Bellenglise jusqu'en 1777 où,
le 10 septembre, c'est Henri de Benoist, marquis de la
Prunarède, qui était convoqué, en tant que gouverneur-châtelain du Cateau-Cambrésis. La "démission volontaire" de ce dernier mit le prince de Rohan, archevêque duc de Cambrai,
dans la nécessité d'y pourvoir, ce qu'il fit par commission du 1er mai 1781, établissant Barthélemy dans cette charge, ainsi que les états et offices de bailly de notre cour l'Evêque, de bailly de nos bois en la dite châtellenie, de bailly
de nos terres et seigneuries de La Feuillie et de Montai, comme aussi l'état et office de prévôt de nos terres franches et seigneuries de Solèmes.
François Michel, chevalier de Sereines, ancien capitaine d'infanterie, fut nommé vice châtelain le 21 mai 1781, pour gouverner en son absence.
Commission du 1er mai 1781
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Le gouverneur-châtelain, qui apartenait toujours à la noblesse, était en même temps
prévôt de Solesmes, bailli de la cour l'Evêque, de Montay et des bois de l'archévêché,
capitaine des chasses, etc.
Il était logé au palais archiépiscopal et touchait un traitement annuel de 475 florins ;
diverses autres rétributions et gratifications faisaient monter ce traitement à 2417 florins,
plus 123 mencauds de blé et 29 d'avoine.
Son administration s'étendait sur les mesures de défense et de sûreté aux points de vue militaire
et de police générale, sur le maintien des droits et prérogatives de l'Archevêque,
sur la bonne perception des impôts
et redevances que touchaient un receveur placé sous ses ordres et sur la gestion des biens de l'archevêché. Aux Etats généraux il représentait la noblesse de la châtellenie, mais
il ne pouvait y entrer qu'après avoir fait ses preuves de noblesse.
Devant prouver quatre degrés de noblesse, non compris le postulant, il fournit une généalogie du héraut d'armes d'Irlande remontant
à ses sextaïeux paternels et maternels, fait suffisamment unique, dans ce genre de preuves,
pour avoir été remarqué par les historiens (AD du Nord C 18401).
La réception du châtelain se faisait en grande pompe. C'est lui qui nommait les échevins.
Avant la Révolution, les intérêts généraux du pays se discutaient au sein d'assemblées solennelles qu'on appelait "Etats". Il y avait les Etats Généraux
du Royaume, dont
ceux de 1789 sont restés les plus célèbres, et les Etats Généraux de chaque province. Dans la province qui nous intéresse, se tenaient les Etats de Cambrai
s'occupant des affaires de la cité, les Etats du
Cambrésis traitant de celles de la campagne, et les Etats généraux de Cambrai et du Cambrésis qui s'assemblaient chaque année pour voter les subsides et discuter
les questions générales. Ces derniers étaient formés du clergé, de la noblesse de la ville et de la campagne et des échevins et notables de Cambrai.
Leurs réunions, qui
se tenaient en grande pompe, dans la grande salle de l'hôtel de ville, pouvait durer plusieurs jours.
M. Delannoy publia les procès-verbaux des Etats de 1768, 1786 et 1787 qu'il avait acquis. Nous savons ainsi que la convocation de 1786 porte la signature de M. de Montmorency, lieutenant général des armées de Sa Majesté en Flandre, Hainaut et Cambrésis.
Qu'au rang des messieurs de la noblesse, savoir les gentihommes ayant dans le Cambrésis une terre à clocher et quatre générations de noblesse,
figurait "le chevalier de Mahony, châtelain du Cateau".
Que M. de Montmorency présidait, en uniforme de lieutenant général, avec son cordon sur l'habit ;
à sa droite, Monseigneur l'Archevêque en rochet et camail ; à sa gauche, M. de Sénac de Meilhan, conseiller du Roi, et son commissaire, en manteau et rabat de maître des Requêtes.
Que les scéances durèrent 7 jours.
Bathélemy, qui fut
le dernier gouverneur des ville et châtellenie pour le compte de l'archevêque Ferdinand Maximilien
Meriadec de Rohan, assista à ces Etats jusqu'à la Révolution.Il n'assista pas au compte-rendu des comptes de la ville rendus en 1788 devant messire Pierre de Bryas,
vicaire général et officiel délégué par son altesse le prince archévêque: "le comte O'Mahony
semble avoir regagné son régiment de Bervick où il est colonel."
De même pouvait-on lire au registre des délibérations du magistrat : "Monsieur de Mahony,
châtelain titulaire, ne pourra se rendre cette année
(1789) au Cateau pour entendre les comptes de la ville. Colonel au régiment de Berwick, il y est
retenu par le service du Roi.
M. de Rohan qui tenait beaucoup à "la chaussée aristocrate" de Cambrai à Cateau,
comme on l'appelait alors, fit publier un
arrêté
qui amena de vives protestations de la part des
communes qui, comme Maurois et Molain, se trouvaient trop éloignés de la chaussée pour en profiter.
Les habitants de ces villages refusèrent même le travail au bout de quinze jours : d'autres du Pommereuil et de Basuel osèrent réclamer contre les privilèges
qui exemptaient de la corvée certaines personnes de ces communes . Le gouverneur , M. de Mahony , fut obligé de sévir en frappant les défaillants et les réclamants de la peine de l'amende , et , en cas de récidive , de la prison
Ferdinand Maximilien Meriadec de Rohan, nommé prince-archevêque de Cambrai le 28 janvier 1781,
2 mois avant la nomination de Barthélemy. Est-ce une coïncidence où le fait d'alliance entre les deux familles ?
Lettre des commissaires chargés par le corps de la noblesse des états de Cambrai et du Cambrésis
d'examiner les titres de Barthélemy pour être admis au sein de ce corps
Le palais archiépiscopal, résidence de Barthélemy à Câteau-Cambrésis
aujourd'hui musée Fénelon.
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