1822
Arsène O'Mahony, admis à la Congrégation de Paris
La Congrégation a eu ses jours de célébrité. De 1820 à 1830, il fut de mode, chez les adversaires de la monarchie, d'attribuer à cette association
catholique
un pouvoir occulte mais tout puissant, sur les affaires de la France. Mais bien loin de nous trouver en présence d'intrigants, d'ambitieux et d'hypocrites,
nous avions devant nous des personnages qui ont laissé un nom justement honoré dans l'Eglise, la magistrature, les belles-lettres et les sciences.
La Congrégation créée en 1801 par le père Jean-Baptiste Bourdier-Delpuits, chanoine de Paris, dissoute en 1809 par décret impérial, et reconstituée
en 1819 par l'abbé Legris-Duval, était une organisation charitable, constituée de laïcs et d'ecclésiastiques, qui a joué un rôle politique et religieux
important, notamment dans la défense de la Religion, sous le Directoire, le Premier Empire et la Restauration en rassemblant des personnalités
traditionalistes et ultras. Selon son réglement, pour être admis à porter le titre de congréganiste, il faut faire profession de la foi catholique, avoir fait sa première communion, jouir d'une réputation
intacte sur la probité, les mœurs, et l'assiduité des devoirs du culte catholique, jouir aussi dans son étét d'une sorte d'estime que la manière de s'y conduire et les habitudes
de la vie procurent ordinairement. Elle favorisera la carrière de ses membres.
Sous la Restauration, c'était toujours une société d'exercices pieux ; elle se réunissait dans la Maison des Missions étrangères, rue du Bac,
tous les quinze jours à 7 heures 30 du matin en été et 8 heures en hiver,
et les gens de la Congrégation y venaient pour faire ensemble des lectures religieuses. En général, il y avait là réunion d'environ 200 personnes et
après ces exercices et la messe, tous communiaient ensemble. Le total des affiliations à la Congrégation, d'après les registres d'affiliations qui sont
conservées, monte à 1 372, ce qui n'est pas très considérable, et ce n'est pas le chiffre dont les libéraux faisaient un épouvantail en politique,
puisque Montlosier, son adversaire acharné, dans ses Mémoires, parlait de 48 000 congrégationnistes.
En 1820, 14 évêques faisaient partie de la Congrégation ; ils seront au total 36.
La Congrégation a fondé des succursales en province, ainsi qu'une congrégation militaire, au mois d'octobre 1821, à Paris, qui s'est appelé la « Congrégation de Notre-Dame des Victoires ».
Il y a d'ailleurs, en dehors de la congrégation militaire, un certain nombre d'officiers dans la Congrégation proprement dite ; ils ne sont pas nombreux, 52.
Arsène O'Mahony, lieutenant-colonel de cavalerie, était un de ceux-là.
Le chef des officiers de la Congrégation est Mathieu de Montmorency qui en est président jusqu'à sa mort, le 24 mars 1826 ; il est alors remplacé par son frère Eugène de Montmorency.
Comme toutes les sociétés particulières, la congrégation avait son mot de reconnaissance, ses signes de ralliement, ses conciliabules secrets.
On lui prêta des menées subversives !
C'est Arsène O'Mahony qui lira à la Congrégation de Paris la notice funèbre de son ami Berthaud du Coin, premier assistant de la Congrégation de Lyon, mort en 1823.
La dernière séance de la Congrégation se tiendra le dimanche 18 juillet 1830. Commence alors "la petite émigration suisse de 1830" : un groupe de
royalistes, avec l'abbé Perreau et les mennaisiens, rejoignait Fribourg avec à sa tête Arsène O'Mahony... mais là, débute une autre histoire !