Maison BERBIS
branche des barons d'Esbarres et marquis de Rancy
Originaire de Seurre, à quelques kilomètres de Dijon, la famille Berbis, par deux fois alliée aux Bossuet, a fourni plusieurs maires de cette ville, où elle était
connue dès le milieu du XIVe siècle. On remonte ainsi à :
1. Constantin Berbis, qui fut inhumé en 1358 dans l'église Saint-Martin de Seurre ;
2. Jacquelin Berbis, son fils, est connu pour avoir fait une fondation dans cette même église. A sa mort, sa femme
Jeannette de Chamblet et ses enfants Perrenet, Pernot et Odet, fondent le 14 juillet 1367 dans cette église une chapelle dédiée à Sainte Agnès ;
3. Pernot Berbis, qualifié bourgeois, fut élu maire de Seurre à sept reprises entre 1378 et 1416 ;
4. Pierre Berbis, seigneur de Marliens, maire de Seurre en 1424, a quitté cette ville pour s'installer à Dijon
où sa carrière prend forme. Licencié ès lois, conseiller du duc de Bourgogne en 1430, lieutenant du chancelier de Bourgogne (autrement nommé gouverneur de la chancellerie de Bourgogne)
du 2 mai 1431 au 15 mars 1432, vicomte mayeur de Dijon en 1434, 1435 et 1438, il était un magistrat très versé dans le
droit public et, pour cette raison il fut choisi comme un des douze conseillers du duc envoyés au monastère de Saint-Vaast le 6 août 1435. Il y prit une part importante
aux négociations du traité d'Arras signé le 21 septembre, qui sauva la France de la domination anglaise tout en agrandissant la Bourgogne, et, en récompense,
il fut anobli pour considération de ses bons et loyaux services et parce qu'il vivait noblement et en grand honneur par lettres de Philippe le Bon, datées du 7 octobre 1435.
Malgré l'éminent mérite de Pierre Berbis, la chambre des comptes refusa longtemps d'enregistrer ses lettres de noblesse et elle n'y
consentit que sur lettres de jussion, le 24 janvier 1443. Avocat du duc, il plaidera un procès devant le parlement de Dole en 1443, pour lequel il percevra 300 fr. Il sera garde des sceaux et maître des requêtes de l'hôtel des ducs de Bourgogne
en 1445 et le duc écrivit le 21 janvier aux maire et échevins de Dijon, les enjoignant de maintenir Pierre Berbis dans tous droits,
prérogatives, libertés et franchise appartenants à cet office. Pendant la durée de sa charge, il eut l'honneur d'abriter
dans sa maison l'hostie miraculeuse envoyée par le pape Eugène IV au duc de Bourgogne qui en fit don à la Sainte Chapelle de Dijon. Il reçut la seigneurie de Marliens, près de Dijon.
Il fit son testament en juin 1452 et mourut peu après ; il fut inhumé dans la nef de la chapelle des ducs à Dijon, où il avait fondé une messe quotidienne en l'autel Saint-Michel
, et dont
son frère Eudes Berbis était chanoine. Il avait été marié deux fois. En premières noces avec Henriette d'Agueville, dont il eut un fils Charles, qui suit,
puis en secondes noces avec Eglantine Monnot dont il eut une fille prénommée Jeanne,
et un autre fils nommé Charles, mort sans descendance ;

Pierre Berbis et Henriette d'Agueville
Vitrail de l'ancienne Sainte-Chapelle
déposé au musée des Beaux-Arts de Dijon
5. Charles Berbis, écuyer, seigneur de Marliens, capitaine de trente hommes d'arme, fut tué en 1477 à la bataille de Nancy. Il fut
marié le 17 janvier 1460 avec Marguerite de Buchard, d'où :
6. Guyot Berbis, son fils unique, écuyer, bourgeois de Seurre dont il fut trois fois élu maire entre 1495 et 1523, fut
marié en premières noces à Anne Taronnot le 8 mai 1490, dont il eut Gérard, auteur de branche aînée dîte des seigneurs de Maillys, fixée à Seurre et à Beaune, et en secondes
noces à Marie Ghisseret , d'où Philibert, qui suit ;

Charles Berbis
7. Philibert Berbis, écuyer, seigneur de Marliens. Licencié ès lois, il fut d'abord conseiller clerc au parlement de
Bourgogne en 1521 puis conseiller laïc en 1531. Il jouissait d'une grande estime dans sa compagnie, et fut chargé de plusieurs importantes
missions. Il fut entre autres choisi parmi les gentilshommes de la province pour aller demander à toute la noblesse du duché de Bourgogne
la dixième partie du revenu de leurs biens nobles pour aider à payer la rançon du roi François 1er. Henri II lui fit don de
1 000 écus en récompense des services signalés qu'il avait rendus.
Il avait épousé Andrée Lelièvre, fille de Philippe et Anne de Falletans, qui lui avait apporté en dot deux maisons contigües
qui avaient déjà 200 ans d'hitoire et qui étaient en piêtre état comme cela est exposé dans
dans un acte signé devant notaire le 16 janvier 1652 par Philibert, son épouse Lelièvre, et leur fils aîné Philippe. En effet
Philibert ne voulait pas reconstruire à neuf si la nouvelle maison restait soumise aux mêmes servitudes que l'ancienne
(le cens emphytéotique dû à Saint-Etienne), ce que les chanoines acceptèrent, moyennant une rente assise sur une autre maison.
C'est alors que dut être construit l'hôtel auquel il a donné son nom, avec son échauguette si célèbre.
Il mourut le 19 mai 1558 et fut inhumé en l'église Notre-Dame laissant 7 enfants : -1. Nicolas, qui suit ; -2. Philippe,
conseiller clerc au parlement en 1550, doyen de la Sainte Chapelle du Roi et vicaire général
du diocèse de Langres en 1557, député aux Etats généraux de Blois ; -3. Jacques, aussi doyen de la Sainte Chapelle du Roi ; -4. Magedeleine
mariée à Jacques Bailley ; -5. Claude, alliée à noble François Quarré, seigneur de Château-Regnault ; -6. Jeanne, femme de Pierre Girardot, conseiller
au parlemen de Dijon ; -7. Anne, mariée à Pierre Boursault, avocat au parlement de Bourgogne ;

Philibert Berbis
L'hôtel Berbis à Dijon, et son échauguette.
Philippe et Nicolas Berbis
8. Nicolas Berbis, né le 27 août 1539, fut conseiller au parlement de Bourgogne par provisions du 25 juin 1568.
Il épousa le 1er juin 1569 Marie, fille de
Lazare Morin, qui lui appporta les
seigneuries de Dracy-les-Couches, de Grangy et de Cromey. Ils eurent ; -1. Philippe, qui suit ; -2. Anne, mariée à Pierre de Vigny (1597)
qui devint en 1603 lieutenant général au balliage de Dijon ; -3. Marguerite, mariée à François Humbert, procureur du Roi en la Chancellerie ;
;
Le château de Dracy-les-Couches passa des Morin aux Berbis par mariage
9. Philippe Berbis, seigneur de Dracy-les-Couches, de
Grangy, de Cromey, de Gisset et de Benoisey, conseiller au parlement à la suite de son père,
par provisions du 31 décembre 1598. Il épousa Marie Ocquidem en premières noces le 8 avril 1609, et en eut, entre autres enfants,
-1. Pierre, qui suit ; -2. Bénigne, seigneur de Vesvrotte, conseiller au parlement, dont la descendance s'éteignit
avec son petit-fils, Pierre,
conseiller au parlement, demeuré célibataire ; -3. Jean, seigneur de Cromey, Grangy, etc., qui fit la branche des marquis de Longecourt.

Philippe Berbis
Jean Berbis, auteur de la branche de Longecourt, et son fils Jacques, seigneur de Longecourt, Marliens etc., et
Marie, arrière-petite-fille de Jacques, épouse en 1830 d'Etienne Le Gouz de Saint-Seine auquel elle apporta Longecourt, toujours dans cette famille.
Le château de Longecourt
10. Pierre Berbis, écuyer, baron d'Esbarres, seigneur de Dracy et de Lezeul, fut reçu gentilhomme ordinaire
du prince Gaston de France, duc d'Orléans, par brevet du 19 janvier 1636. Il reçut un ordre de ce prince pour la levée de 120 hommes de guerre
avec des passeports en 1639, et fut reçu en la chambre de la noblesse en 1642. Le fief d'Esbarres avait été érigé en baronnie en 1642 pour Claude Jaquot, gentilhomme ordinaire du Roi et dans Châteaux et vie quotidienne de la noblesse, Michel Figeac écrit que Pierre Berbis s'empara de la baronnie d'Esbarres
où il dénombra en 1684, 222 journeaux de terre et 280 soitures de pré. Son château, dit de La Nivelle, entièrement détruit à la Révolution, était
identique à celui de Longecourt. Pierre a épousé par contrat du 12 juillet 1648 Radegonde, fille unique et héritière de Jean de Gastebois, seigneur de Lezeul et de Savolle, avocat en Parlement et maître des requêtes ordinaires du duc d'Orléans.
Elle lui apporta la seigneurie de Lezeul. De ce mariage sont issus Bénigne, qui suit, et deux filles.
11. Bénigne Berbis, chevalier, baron d'Esbarres, a épousé le 10 février 1683 Marguerite du Faur de Pibrac,
fille du comte de Marigny. Il est décédé le 9 janvier 1721 et est inhumé dans l'église d'Esbarres.
12. Bénigne Berbis, baron d'Esbarres, 1er marquis de Rancy, seigneur de La Nivelle et de Molaise, premier président au parlement
de Bourgogne, né vers 1700, a épousé le 17 octobre 1724 Elizabeth Charlotte de Scoraille, fille du
1er marquis de Bouhans,
cousin de la duchesse de Fontanges, favorite de Louis XV. Il a été reçu en la Chambre de la Noblesse en 1757. Il avait eu un fils, Clément, capitaine de cavalerie mort sans postérité de ses blessures reçues le 23 juin 1758
à la bataille de Sunderhaussen (près Cassel), un autre fils, Claude-Etienne, chevalier de Malte, mort jeune, et deux filles, Marie-Marguerite et Aimée. Il est décédé le 11 février 1775 en son château de La Nivelle à Esbarres,
et a été inhumé aux côtés de son père, en l'église d'Esbarres. Avec lui s'éteint cette branche, et à la mort de leur père
les deux soœurs font hommage ensemble du fief d'Esbarres, mais c'est Marie-Edmée, alors veuve de Philippe de Bereur, qui a dans son lot
l'hôtel de Dijon, qu'elle lèguera à sa mort en 1789 à son neveu Marie-Bénigne-Ferréol-Xavier Chifflet d'Orchamps.
Pierre tombale de Bénigne père et fils, devant l'autel de l'église d'Esbarres
CY GISSENT
MESSIRE BENIGNE BERBIS
BARON D'ESBARRES
DECEDE LE IX JANVIER
MDCCXXI
ET
MESSIRE BENIGNE BERBIS
SON FILS
MARQUIS DE RANCY
BARON D'ESBARRES
SEIGNEUR DE MOLAISE
ROMAINE ETC
DECEDE LE XI FEVRIER
MDCCLXXV
13. Marie Marguerite Berbis (1729-1782), mariée le 9 juillet 1749 à Esbarres avec François-Xavier Chifflet d'Orchamps, chevalier, seigneur d'Orchamps et Palente,
conseiller du Roi, premier président au parlement (Besançon, puis Metz). Elle reprit le fief de la baronnie d'Esbarres en 1775, avec sa sœur.
François-Xavier Chifflet d'Orchamps
Nos remerciements à monsieur le comte de Saint-Seine qui nous a ouvert les portes de Longecourt
Lien de Parenté
Marie Marguerite BERBIS de RANCY
¦
Marie Jeanne CHIFFLET d'ORCHAMPS
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Victoire BOCQUET de COURBOUZON
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Adèle LE BAS de GIRANGY
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Marie-Eugénie GARNIER de FALLETANS
¦
Maurice, comte O'MAHONY