La Maison de Colbert Chabannais

 

Louise Perrine d’Amphernet, sœur de notre ancêtre Antoine Michel, née en 1741 et qui a été pensionnaire de Saint Cyr de 1753 à 1763, a épousé en 1769 "messire Colbert, chevalier, marquis de Chabannais" comme cela est généralement écrit. Samuel Potier du Courcy donnes plus de précisons puisqu’il dit que le mari de Louise Perrine est Gilbert.

La famille Colbert, ou de Colbert selon l’usage, a produit quatre ministres secrétaires d’Etat, cinq ambassadeurs et ministres plénipotentiaires, deux archevêques et quatre évêques.

Elle doit son origine et le glorieux éclat de son nom à Jean Baptiste Colbert, dit le grand Colbert, principal ministre de Louis XIV, né à Reims le 29 août 1619, décédé à Paris le 6 septembre 1683, fils du secrétaire du roi Nicolas Colbert, sieur de Vaudières.

La postérité du grand Colbert s’est éteinte en 1761 et celle de Charles, son frère, auteur de la branche des marquis de Croissy et de Torcy, a fini avec Jean-Baptiste, marquis de Sablé, créé lieutenant général en 1781.

Les avis divergent sur les Colbert Chabanais. L’annuaire de la noblesse les dit issus du troisième frère du grand Colbert :

Edouard François, troisième frère du grand Colbert, forma la branche des comtes et marquis de Maulevrier, qui s’est subdivisée en plusieurs rameaux dont celui des marquis de Saint-Pouange, devenus marquis de Colbert-Chabannais, du nom d’une seigneurie qu’ils ont hérité par alliance des d’Escoubleau de Sourdis.

C’est en 1669 qu’Edouard François, futur lieutenant général, acquiert le comté de Maulévrier. Entre 1679 et 1683, il fait construire le château, avec Mansart comme architecte principal. Pendant les guerres de Vendée, Maulévrier sera un des foyers insurrectionnels et sera, pour cette raison, incendié à plusieurs reprises.

Par contre le RP Anselme les dit issus de Jean-Baptiste, oncle du grand Colbert et donne cette filiation ;

1.      Jean-Baptiste Colbert, seigneur de Saint-Pouanges et de Villacerf, conseiller d’Etat en 1657 et intendant de Picardie, mort le 19 avril 1663, cousin germain de Nicolas Colbert, seigneur de Verdières. Il avait épousé Claude Le Tellier, sœur de Michel Le Tellier, chancelier de France, dont il eut Gilbert, qui suit (Anselme tome IX, p 327)

 

2.     Gilbert Colbert, chevalier, seigneur de Saint-Pouanges et de Chabanais, secrétaire des commandements de la reine et du cabinet du roi, pourvu de la charge de grand trésorier des Ordres sur la démission du marquis de Torcy, par lettres du 16 janvier 1701, mourut le 23 octobre 1706, âgé de 64 ans, et fut enterré aux Capucines à Paris. Il avait épousé Marie-Renée Berthemet, fille de Laurent Berthemet, maître des comptes, morte à Paris le 28 février 1732, âgée de 85 ans, dont il eut un fils unique, François-Gilbert, qui suit. (Anselme tome IX, p 327)

 

3.     Le 24 mars 1702, François-Gilbert Colbert, marquis de Saint-Pouanges et de Chabanais, maréchal des camps le 1er mars 1719, mort à Paris le 11 novembre de la même année,  épouse Angélique d’Escoubleau de Sourdis, fille unique de François d’Escoubleau, dit le chevalier de Sourdis, lieutenant général, gouverneur d’Orléans et chevalier des ordres du roi, de laquelle il a eut François Gilbert, qui suit (Anselme tome IX, p 327)

 

4.     François-Gilbert, marquis de Chabanais, né le 7 septembre 1705, mousquetaire en 1720, capitaine au régiment de cavalerie d’Orléans en 1725, guidon de la compagnie des gendarmes écossais en 1733, reçu chevalier de Saint Louis en 1740, maréchal de camp en 1745, lieutenant du roi du comté Nantais, mort le 23 décembre 1765. (Hozier, II, p389)

Il avait épousé le 22 janvier 1731 Marie-Jeanne Colbert, fille du chevalier de Croissy, dont il eut Louis Henri François, né en 1737 (Histoire des Colbert du XVè au XXè siècle).

 

L’annuaire de la noblesse 1894 p 274 permet d’établir ce qui suit :

?? (sans doute fils de François-Gilbert précédent) a eut au moins deux fils :

1.      Gilbert Colbert, marquis de Chabanais, épouse en 1769 Louise Perrine d’Amphernet (source Samuel Potier de Courcy). Il s’agit sans doute du « seigneur de Saint Pouanges, secrétaire des commandements de la reine et du cabinet du roi par lettres du mois d’août 1671 et depuis grand trésorier » (Anselme tome IX, p341)

·       Alexandre Louis Gilbert, marquis de Colbert-Chabannais, pair de France, né en 1783, marié en 1798 à Aglaé, fille de Joseph Robert Seurrat, écuyer, seigneur de Guilleville. Trois de ses cousins germains ont été généraux de l’Empire ou de la Restauration.

2.     Louis Henri Joseph marié à Marie Jeanne David, d’où :

·       Ambroise Jean Joseph, père de Joseph Edouard Théobald, comte de Chabanais

·       Pierre David, dit Edouard, 1774-1854, créé baron d’empire en 1809, pair de France, général, mort sans postérité

Sous lieutenant de hussards en 1795 il est suspendu par Hoche en raison de ses sentiments royalistes. Il recommence une carrière comme commissaire des guerres à l’armée d’Orient. De retour en France il est capitaine des mamelouks de la garde en 1802, aide de camp de Junot puis de Berthier. Blessé à Austerlitz en 1805, à Friedland en 1806 et à Wagram en 1809. Il est alors général de brigade. Baron d’Empire il est en Hollande en 1810 et en Allemagne en 1811. Il fait la campagne de Russie à la tête des lanciers rouges de la Garde. Il se distingue à Bautzen lors de la campagne de Saxe et est nommé général de division en 1813. A la tête des lanciers de la Garde, il chargera à Waterloo où il recevra une dernière blessure. Emprisonné à la seconde restauration, il sera nommé inspecteur général de cavalerie en 1826 et suivra le duc de Nemours dans l’expédition de Constaine dix ans plus tard. Il a son nom inscrit sur l’Arc de Triomphe.

·       Louis Pierre Alphonse, né en 1777, lieutenant général, mort en 1843 laissant 3 filles de sa femme Isidore Petiet

·       Auguste François-Marie, célèbre général de cavalerie, né en 1777, tué en Espagne en 1809, avait été créé baron d’Empire en 1808. Il avait épousé Marie Joséphine de Canclaux.

Lieutenant en 1795 et aide de camp de Grouchy, il est de l’expédition d’Irlande en 1797 avant de devenir l’aide de camp de Murat. Chef d’escadron en Egypte, blessé au siège de Saint Jean d’Acre, revenu en France avec Desaix, il est l’aide de camp de Murat à Marengo. Il fait partie de la Grande Armée, devient général de brigade en 1805, sert en Prusse et en pologne, se bat à Iéna, à Friedland. Baron d’Empire, envoyé en Espagne la même année 1808, il commande la brigade de cavalerie légère sous Ney. Il est tué d’une balle en plein front lors d’une charge.

Annuaire de la noblesse 1854 p 199