possession de la famille de 1661 à 1827
Le 15 décembre 1661, Gabriel de Kerverien et Françoise Allare, seigneur et dame de Kerverien
achetèrent le Vaudequip pour 72 000 livres à René de Quengo et Symone de Perefix de Beaumont, sa femme, comte et comtesse de Tonquedec et du Rochay,
résidant en leur château du Rochay.Les articles de cette vente étaient les suivants :
« Le manoir du Vaudeguip,
en Allaire, avec tous les logements et dépendances, jardins, pourpris,
retenue, fuie, étangs, prés, prairies, vergers, bois de haute futaie, fonds
de bois abattus, bois taillis et émondables, terres arables et non arables,
garennes, pâtis, marais, landes, communs et gallois.
Les métairies de la
Porte, de Tréméhan, Prémorhan, Legré, Le Placix, le Motay. Les
prééminences et droits honorifiques en l'église paroissiale d'Allaire,
consistant en une chapelle prohibitive fermant à clé àu chanceau et
joignant le balustre du grand autel du côté de l'épitre, droit de présen-
tation des messes fondées par le sgr
du Vaudeguip dans lad. chapelle,
bancs et accoudoirs prohibitifs dans lad. chapelle, avec tous les écussons
et armoiries qui peuvent appartenir au vendeur au dedans et au dehors.
Les moulins à eau de la Porte du Vaudeguyp, de Renaudin, et des
Roches ; les fiefs et bailliages de St-Eutrope, Coesnongle et la Fosse.
Le droit de juridiction haute, basse et moyenne, s'exerçant au bourg
d'Allaire, avec justice à trois pots dans la lande du Vaudeguip conduisant
à Coesnongle. Les rentes censives, rôles, fiefs et bailliages ; la dîme de
Coesnongle. Les chapelles de S'-Eutrope, Ste-Barbe, St-Barnabé et du Lopo.
En un mot toute la terre du Vaudeguip, à l'exception de la maison noble
de la Guidemays avec les métairies de la Guidemays et des Fontaines,
le moulin à eau de Cleoparts, la maison n. de Clegreal avec ses moulins
à eau et à vent, les fiefs de la Riays et de la Fosse, en Rieux, les rentes
dues par les vassaux de St-Gorgon et les possesseurs de ce fief, et les
prés de Cran, situés en Beganne.
Les choses vendues relèvent prochement et noblement, savoir : le
Vaudeguip du roi au domaine de Ploermel ; le rôle de St-Eutrope et le
moulin à vent des Roches, du roi en sa cour de Vannes ; le rôle de la
Fosse, en Allaire, les métairies de Tréméhan, Prémorhan, Legré, le
Placix et le Mottay, de la sgie de Rieux à Rieux ; le fief et la dîme de
Couesnongle de la sgie de Rieux à Peillac. »
Françoise Allaire mourut le 31 décembre 1663 et eut des funérailles splendides ;
on dit pour elle 100 messes au couvent de Bodélio. Le 18 novembre suivant (1664) Gabriel de Kerverien,
père et garde naturel de leurs enfants, rendit aveu de Vaudequip au marquis de Plancy, secrétaire d'État
et des commandements de S.M.
La famille de Kervérien ne laissa aucun héritier direct et le Vaudequip passa dans la maison
THOMAS de la CAUNELAYE, par suite du mariage de Jacquemine de KERVERIEN en 1681 avec Pierre
THOMAS, sieur de la Ribaudière. Celui-ci rendit aveu du Vaudequip le 2 mars 1717 à la seigneurie de Rieux.
Son fils Hyacinthe, comte de la Caunelaye, que certains confondent avec son cousin le
gouverneur de Belle-Isle et mari de Marie Colbert, hérita de Vaudequip.
Jeanne-Vincente, sa fille unique et héritière, le porta dans la maison du BOT du GRÉGO en
épousant en 1768 Charles François Jules, marquis du Grégo, qui fit faire un état des lieux en octobre.
Le compte de la recette du Vaudequip établi de novembre 1785 à juin 1787 se monte à
10 386 livres pour 971 livres de dépenses. Elle mourut le 22 mai 1822 au
couvent de la Retraite à Redon, où elle s'était retirée.
De ce mariage elle eut une fille unique, Louise, qui épousa Antoine Henri d'AMPHERNET de
PONTBELLANGER. Elle hérita du Vaudequip mais n'en profita pas car sa mère en avait donné
l'usufruit à son petit fils Charles-Félix d'AMPHERNET de PONTBELLANGER, à l'occasion de
son mariage en 1787 avec Zulmé QUESNEL de la MORINIÈRE.
Au décès de Charles Félix, en 1827, le Vaudequip se trouva dans la part de sa fille Antoinette,
comtesse de Virel. Son fils, Alban du FRESNE de VIREL, le transmit à son plus jeune fils.
Celui-ci s'en sépara et le vendit aux GARNIER, de Redon.
Maurice de KERVÉNOAËL, parent des VIREL, le racheta en 1976.
Les propriétaires de Vaudequip étaient seigneurs hauts justiciers avec sénéchal et officiers ministériels subalternes. Leur juridiction s'étendait aux terres du Vaudequip, du Vieux-Moulin, de Couesnongle en Saint-Jacut, de Saint-Eutrope, de la Fosse, du Placy, du Pré-Mohan, de Tréméhan, de Légré, du Motay, de Boger, de La Gourionnaie en Allaire qu'ils possédaient en domaine propre, et aux villages de la Regaudaie, du Joncheraye, des Chênes de Saint-Eutrope, du Sourd, de Tressenan et.
Le château de Vaudequip possédait une chapelle qui servait d'oratoire aux gens du château et où on y célébrait les baptèmes et mariages des membres de la famille seigneuriale. C'est à ces occasions que le château fut le théâtre de fêtes brillantes vers la fin du XVIIIe siècle.
Charles-Félix d'AMPHERNET de PONTBELLANGER y était domicilié en 1819. C'est lui qui acheta les deux moulins de Quip et les adjoignit au Vaudequip.