Parthey avait, au Moyen-âge, un château ferné de murailles très épaisses, d'une hauteur considérable, flanqué de quatre tours aux angles et entouré d'une triple ceinture de fossés.
La porte était défendue par un pont-levis. Attaqué en vain par Craon en 1477, il fut détruit en partie par Charles d'Amboise en 1479.
Deux tours, dont l'une servait de prison, restèrent seules debout.
On le restaura quelques temps après, mais il ne comprit plus alors qu'un bâtiment d'habitation à base rectangulaire,
ayant à un de ses angles une des tours du château primitif et un autre bâtiment servant d'écurie et d'herbage, parallèle au précédent, avec
lequel il était relié par d'énormes murs de 2,50 mètres d'épaisseur, servant de remparts.
[En lettres d'or, nos ancêtres ...]
Jean Dumay ou du May, chevalier, gentilhomme ordinaire de la chambre de l'empereur Charles Quint et son grand armurier de corps reçut
de Jean Dubois, en 1535,
la moitié de la seigneurie de
Parthey, située au nord-ouest du village de Choisey, incluant le château et la terre. Il laissa cette moitié à ses deux fils Jean et Pierre. Devenu seul possesseur de cette
moitié en 1550, Pierre acquit
l'autre le 11 juin 1554 d'Alain de Fallerans. Il eut trois filles dont deux lui survécurent et se partagèrent cette terre. La part de Suzanne Dumay, épouse de François Duchamp,
passa à Claude-François et Antoine Duchamp, ses fils. Claude-François acquit la part de son frère le 20 décembre 1592 et
les droits de son cousin Louis de Landriano sur l'autre moitié le 7 janvier 1621. Anatoile-Suzanne Duchamp, sa fille unique, épouse de M. de Germigney,
recueillit sa succession.
Jean-Baptiste Duchamp, chevalier, général de l'artillerie et surintendant des fortifications de Bourgogne, fils d'Antoine,
intenta un procès à sa cousine. Pour en éviter les suites, cette dame lui céda tous ses droits sur Parthey par une transaction du 2 octobre 1642. Le 24 octobre
1643, Jeanne-Baptiste de Mont-Saint-Ligier lui abandonna aussi ses droits, en sorte qu'il resta seul maître de cette terre.
C'est à cette époque que le château devint célèbre par l'apparition d'un esprit qui, pendant plusieurs mois, en tourmenta les hôtes, qui durent s'éloigner.
Le diable, maître de la maison, résista aux carmes déchaussés de Dole, au curé, aux bénédictins et aux dominicains. On porta dans la maison le saint-sacrement et les
reliques de Saint-Antoine, mais ni prières, ni conjurations ne le firent déguerpir ! Il fallut avoir recours à Notre-Dame de Mont-Roland pour que le château soit enfin délivré
de l'esprit satanique.
Jean-Baptiste transmit Parthey à
Jean-Bapitste II Duchamp,
son fils unique dont la fille Anne-Claude fit entrer ce fief dans la maison Garnier par son mariage contracté en 1696 avec
Claude-Joseph Garnier, seigneur de Choisey en partie. Leur fils aîné Claude-Philippe Garnier, marié à Marie-Nicole de Reculot, hérita de
Choisey et le cadet Pierre-François
reçut Parthey.
Il a décrit son château de Parthey vers 1745, dans son mémoire pour prouver l'indépendance de son fief contre
les co-seigneur de Choisey : " Elle a cette seigneurie pour siège principal, un château fermé de murailles très
épaisses, d'une hauteur considérable, avec canonnières. Anciennement ces murs
avaient en flanc quatre tours, dont deux encore existantes. Il y avait aussi un pontlevis
dont on voit les vestiges, et trois fossés qui subsistent en partie. Un château de
cette qualité qu'on pouvait envisager autrefois comme une forteresse, n'a pu être
construite sans permission du souverain."
En 1739 le même seigneur avait gagné un procès contre Eléonor De Saint
Mauris Montbarrey et contre les autres co-seigneurs de Choisey, tous hauts justiciers
qui revendiquaient le château de Parthey et les droits s'y rattachant de moyenne et
basse justice. La raison en était que Choisey et Parthey ne formaient autrefois qu'un
seul et même fief. En 1754, il obtiendra du roi Louis XV la haute justice sur Parthey.
Pierre-François épousa la fille du marquis de Monnier, conseiller d'Etat, premier président de la chambre des comptes de Dole,
dont il eut deux filles. La plus jeune, dame de Parthey, épousa en 1750 Pierre-François Portier, seigneur de Saint-Georges, dont la fille
s'allia à Pierre-Nicolas-Vincent de Reculot, mort en 1835.
Leur fils, Louis,
comte de Reculot (1790-1874), s'installa
dans ce château familial et y
entreprit de très importants travaux,
démolissant les remparts
et les écuries, modifiant les
ouvertures et surmontant la tour
rescapée de l'ancienne bâtisse,
d'une flèche particulièrement
élégante. Les anciens fossés
furent comblés, excepté une
partie transformée en étang. Le
comte de Valdahon, son gendre,
habita le château, puis M. de
Taragon qui épousa sa fille. Tué
durant la guerre 1914 - 1918, le
comte de Taragon laissa son
épouse avec deux fils et une
fillette. Mme Béatrice Maitre de
Tarragon habite encore cette
demeure classée à l'inventaire
des Monuments historiques.