Arsy, que l’on a longtemps écrit Arcy, est un village du département de l’Oise, arrondissement de Compiègne, canton d’Estrées Saint-Denis, province de l’Ile
de France et diocèse de Beauvais, situé à quelques kilomètres de Compiègne. En 1373 la seigneurie d’Arsy appartenait à Garin de Picquigny, du chef de sa femme
Marguerite d’Arcy. Leur fille, Marguerite de Picquigny, épousa Jean d’Orvillers (ou d’Arvillier) qui, le 11 juin 1438, en son nom et au nom de sa femme, avoua
tenir en fief de Perceval de Boulainvillers, sa terre « d’Arcy en Campaigne », mouvante de Gournay et tout ce que Garin d’Arcy avait tenu de Perceval de Gournay.
Marguerite de Picquigny fit don de la seigneurie d’Arcy à sa cousine Jeanne de Villers-Saint-Paul, fille de Thomas de Villers, seigneur des Trois-Estocs, et de
Jeanne de Berthaucourt. Le 13 mars 1480, cette dernière apporta cette terre en dot à Louis de Gouy, chevalier, demeurant à Fresnoy, troisième fils de Jacques,
seigneur de Gouy-en-Artois, et de Marie de Melun, qui s’était rallié à Louis XI après la mort de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, tué le 5 janvier
1477. La terre demeura dans cette famille jusqu’à la Révolution.
On trouve aux Archives départementales de l'Oise, à Beauvais, dans une revue du Club Arsy Philatélique (cote 2BR4359) un article de M. Lucien Verrier qui nous apprend que le château fut construit dans la seconde moitié du XVIIe siècle par Jules Hardouin-Mansart
(1646-1708), premier architecte du Roi et neveu du grand Mansart, au lieu-dit Le Parc,
sur les fondations d’une ancienne maison forte: «Il s'élevait à l'ouest de l'église et du presbytère. Il était construit en
pierres de taille et en briques. Il était alimenté en eau par une source située au lieu-dit La Mayolle. Un tunnel, construit en briques,
où un homme pouvait circuler en étant courbé,
amenait cette eau au château dans une pièce d'eau. Elle était particulièrement bienvenue, car à l'époque, la population n'était exclusivement
approvisionnée que par les puits particuliers et communaux.
Le château était entouré d'un magnifique jardin anglais dû au jardinier du Roi, André Le Nôtre (1613-1700), et d'un immense parc, d'un jardin potager entouré de murs, de cours spacieuses, d'une ferme, d'un étang.
Des remises éparses sur tout le territoire étaient construites et de nombreuses avenues bordées d'ormes, de tilleuls, de châtaigners et
de peupliers entouraient ce domaine ou le reliaient au "Grand Bois" et à "Pleumel" autres domaines seigneuriaux.
Le 20 juillet 1794, ce fût l'exécution du marquis de Gouy d'Arsy, malgré les démarches de ses manants. Cette année même
sa résidence vendue au profit de la Nation commençait à disparaitre sous le marteau des démolisseurs. Le château fut pillé, la cave qui
contenait de forts bons vins, fut mise à sac.
Dès 1805, la charrue avait nivelé et couverts ses jardins et son parc en terres labourablles. Il ne reste plus de ce magnifique domaine
que la maison du régisseur et quelques dépendances (ferme, écuries), l'auditoire où le bailly du Seigneur rendait ses arrêts. Les poteaux de
justice étaient dressés sur la place de l'église face à l'auditoire, il reste encore la prison et ses oubliettes, plus la
longue muraille qui entourait le jardin potager le long de la route du Grand Fresnoy.»
Le château fut certainement érigé pour François de Gouy, comte d'Arsy (1656 - 1727) et son épouse Marie Elizabeth Dorange des Roches, fille du gouverneur des Invalides, qui sont les arrière-arrière-grands-parents d'Arsène O'Mahony. On y trouvait dans la salle à manger un portrait de Louis XIV et dans un salon les portraits de Louis XV enfant et de Madame de Maintenon. Ces portraits
furent sans doute offerts à l’occasion des quelques visites que fit la famille royale lors de ses séjour au château de Compiègne. On sait que la marquise de Gouy,
belle-fille de Madame de la Lande, sous-gouvernante des enfants de France, était au service de Madame Adélaïde et s’installait à Arsy lors de ces séjours.
En 1790 Louis-Marthe de Gouy d'Arsy demanda à l'architecte Jacques-Etienne Thierry de réaliser des transformations importantes et fastueuses.
L’inventaire après décès de Louis de Gouy liste les meubles, objets et papiers répartis dans les salle-à-manger, salons, vingt chambres, garde-robes, bureaux etc.
C’est dans l’église, dédiée à Saint-Médard, et qui fut longtemps l’église du château, que se trouve le caveau des seigneurs d’Arsy, pratiqué sous la chapelle
des dits seigneurs, et ayant son entrée sous le pupitre de la dite église. Y étaient entre autres enterrés : Anne de Brodeau, âgée de 60 ans, femme de
François de Gouy, seigneur d’Arsy et de Pieumelles, marquis de Cartigny, vicomte de Cessières etc., le 11 mai 1685 ; François de Gouy, âgé de 78 ans, mari
d’Anne de Brodeau, le 1er mai 1688 ; Marie-Charlotte-Dorothée de Gouy, âgée de 10 ans, fille de François de Gouy, chevalier, comte d’Arsy, et de Marie-Elisabeth
d’Oranges des Roches, le 3 mars 1698 ; Charles-Gédéon de Gouy, âgé de 14 ans, son frère, le 30 septembre 1712 ; Messire Louis de Gouy de Cartigny, abbé de
Clingenmünster, diocèse de Spire, docteur de Sorbonne, grand vicaire de Strasbourg, fils de François de Gouy et d’Anne de Brodeau, le 15 septembre 1715 ;
François de Gouy, son frère, âgé de 72 ans, le 12 décembre 1727 ; Caston-Louis de Gouy, né en 1733, fils de Michel-Jean de Gouy, chevalier, marquis d’Arsy,
et de Françoise-Madeleine Tarteron de Moustier, le 12 mai 1734 ; etc. (suivant les registres de catholicité)
Les restes mortels des ancêtres furent dispersés en 1794 par les révolutionnaires. Les ossements furent réunis par les soins d’Emmanuel, marquis de Gouy d’Arsy, dans une sépulture nouvelle en 1860.