Elizabeth WOODVILLE
Reine consort d'Angleterre 1464-1483
reine douairère 1483-1492
"Elizabeth Woodville, Queen Consort to King Edward IV", Ecole anglaise
Dunham Massey, Cheshire (musée accrédité National Trust)
et ses armoiries de reine consort (Arnaud Bunel)
Voir
ici un historique des
portraits d'Elizabeth.
Jeunesse à Grafton Manor
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Armoiries de Sir Richard Wydeville (Woodville), père d'Elizabeth
Ecartelé : en 1 et 4 écartelé Wydeville et Gobion (sa grand-mère paternelle)
en 2 et 3 Beauchamps (sa grand mère maternelle)
sur le tout Rivers
Elizabeth Woodville (en son temps Wydeville ou Widvile, comme écrit sur sa pierre tombale) était la fille aînée d'un simple gentilhomme adoubé chevalier par Henri VI en 1426, Richard
Woodville
1, auquel Jacqueline de Luxembourg, veuve de Jean de Lancastre, duc de Bedford,
avait accordé sa main en mars 1437. Il était alors capitaine au service du duc de Suffolk.
Ce mariage considéré comme une mésaliance, l'épouse étant la cousine de Sigismond de Luxembourg, empereur du Saint-Empire romain et roi de Bohême et de Hongrie, fit néanmoins sa bonne fortune, puisque c'est à elle
qu'il dut, entre autres, d'être créé baron Rivers en 1448 puis fait chevalier de la Jarretière en 1450.
Elizabeth naquit vers 1438 à Grafton Woodville (aujourd'hui Grafton Regis) et y passa son enfance avec ses treize frères et sœurs.
Un "Journal" écrit de sa main a été découvert dans les papiers de sa famille, dont un extrait fut publié en 1842 par Thomas Russel Potter dans son livre "History and Antiquities of Charnwood Forest".
Elizabeth devait avoir treize ou quatorze ans ; elle rendait compte dans ce journal de toutes ses actions de la journée avec naïveté et simplicité.
Voici le fragment du journal autographe qui a été publié :
Jeudi matin (10 mai 1451), levée à quatre heures pour aider Catherine à traire les vaches.
A six heures, le déjeuner.
Sept heures, je suis descendue dans la cour, avec la duchesse, ma mère, et nous avons donné à manger à vingt-huit pauvres, tant hommes que femmes. J'ai grondé Roger sévèrement pour avoir témoigné du mécontement de ce que nous le faisions attendre et laissions refroidir le dîner.
A dix heures, le dîner auquel prend part John Gray de Grooby, l'un de ceux qui viennent nous voir ordinairement. C'est un jeune homme bien honnête ... mais que m'importe! Une fille vertueuse doit s'abandonner aux vues de ses parents. John est petit mangeur. Il m'a adressé plusieurs coups-d'œil affectueux.
A trois heures la maison du pauvre Robertson a été réduite en cendres par accident. John Gray a proposé à la compagnie de faire une souscription en faveur de ce pauvre fermier ruiné, et a donné lui même jusqu'à cinq livres sterl. à cette bonne intention. Jamais ses regard n'ont été si touchants.
A qutre heures, la prière.
A six heures, donné à manger à la volaille.
A sept heures, on a servi le souper ; c'est l'acident arrivé au pauvre Robertson, qui nous a fait souper si tard.
La tarte aux oies était trop cuite, et loin de la viande de porc presque rôtie en haillons.
Neuf heures :
La compagnie presque tous endormis. Ces heures tardives sont très désagréables. Dit une seconde fois mes prières, John Gray dérangeant trop mes pensées
la première. Endormie vers dix heures et rêvé que John était venu me demander à mon père.
... (le fragment s'arrête là)
Même si David Baldwin dans sa biographie d'Elizabeth ne croit pas en la véracité du document, il est agréable à lire et montre néanmoins
ce qu'étaient la vie et les occupations d'une jeune anglaise de condtion au XVe siècle, où selon les mœurs du temps on ne dédaignait pas de se livrer aux occupations champêtres les plus communes.
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Grafton House, siège des Woodville (auparavant Wivill), seigneurs du lieu, est situé à Grafton Regis, dans le Northamtonshire
Dessin de Thomas Trotter, 1789
Le manoir passa ensuite aux Grey, marquis de Dorset.
Lady Grey
Armoiries de Thomas Grey, fils d'Elizabeth (European Heraldry)
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Elizabeth devint l'épouse de Sir John Grey (ou Gray), de Groby, partisan dévoué de la maison de Lancastre. Elle était alors
dame d'honneur et confidente de Marguerite d'Anjou (épouse du roi Henri VI). John Grey était le fils de Sir Edward Grey et d'Elizabeth Ferrers,
baronne Ferrers de Grobyun. Sa grand-mère, Joan, baronne Astley avait apporté à son époux Reginald Grey, 3ème baron de
Ruthyn, le château d'Astley, depuis lors résidence des Grey. John s'engagea dans la guerre des Deux-Roses (1455-1485) du côté de la Maison de Lancastre et,
contrairement à son beau-père qui changea de camp, il resta attaché à la fortune de Marguerite d'Anjou et lui resta fidèle
jusqu'à la mort. Cette mort était venue l'atteindre le 17 février 1461 à la seconde bataille de Saint-Albans où les Yorkistes ne parvinrent pas à barrer la route de Londres aux Lancastriens.
Elizabeth pleura sincèrement l'époux enlevé si promptement à sa tendresse (à 29 ans), quitta Astley et vint, avec les enfants qu'elle avait eus de cette trop courte union,
chercher un asile auprès de son père, retiré dans sa terre de Grafton, dans le Northamptonshire.
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Le château d'Astley d'après une gravure de 1829.
Le château passa aux Grey par le mariage de l'héritière des Astley avec Reginald Grey, baron Grey de Ruthin
Son fils Edward épousa Elizabeth Ferrer, baronne de Groby et le couple résida à Groby
C'est leur fils John Grey de Groby qui épousa Elizabeth Woodville et c'est à Astley que vécut le couple
Le château, laissé à l'abandon pendant des années, a connu une importante détérioration jusqu'au jour où l'on a décidé de le retaures por en faire un centre de vacances.
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Ces enfants étaient :
- Thomas Grey (1455-1501), 1er marquis de Dorset (3e création, 1475), dont descend Barthélemy O'Mahony par sa mère Helena Holles.
Le mariage de sa mère avec Edward IV lui assura une position importante et il fut créé comte d'Huntingdon en 1471.
La même année il combattit pour le roi à Tewkesbury, où il prit part, dit-on, à l'assassinat du prince Edward, fils d'Henry VI. Il devint
Lord Harington et Bonville par sa mère, en 1475.
Le 18 avril de même année Thomas et son frère furent créés chevaliers du Bain le 14 mai, avec d'autres jeunes nobles, à l'occasion de la remise des honneurs de la chavalerie au prince de Galles et au duc d'York, enfants du roi.
Immédiatement créé marquis de Dorset, on dit qu'il porta sa robe de marquis par dessus celle de chevalier du Bain et qu'il "commença la Table des Chevaliers
dans la Chambre de Saint-Edward, et donna aux officiers d'armes ving marks pour leurs frais".
Il servit dans l'armée du roi envoyée en France. L'année suivante il fut fait chevalier de la Jarretière et peu après nommé conseiller privé.
En 1480 il reçoit la garde du comte de Warwick, neveu du roi.
À la mort de sa grand-mère Elizabeth Ferrers le 23 janvier 1483, il devient 7e baron Ferrers de Groby.
A la mort d'Édouard IV le 9 avril 1483, son fils Édouard V lui succède au trône. Grey est fait connétable de la Tour de Londres.
Arrivé au pouvoir, Richard III lui retire cette charge
et Grey soutient la révolte du duc de Buckingham contre le roi en armant plusieurs vaisseaux de guerre.
Suite à la défaite de la rébellion, ses terres son confisquées et il doit s'enfuir
auprès du prétendant Henri Tudor en Bretagne, auquel il prête allégeance et dont il devient le principal soutien.
En 1485, sa mère s'étant réconciliée avec Richard III, le pressa de rentrer en Angleterre. Alors qu'il s'y rendait, il fut intercepé à Compiègne
et confiné à Paris, en caution d'un prêt consenti à Henri Tudor par le gouvernement français. Il ne put
rentrer en Angleterre
que lorsque Henri VII se soit installé en toute sécurité sur le trône d'Angleterre, après la bataille de Bosworth au cours de laquelle Richard III fut tué.
Par la suite, Henri VII prit bien soin de garder le demi-frère de sa reine sous contrôle et Grey ne retrouva pas son ancienne influence.
Ce "revirement" de Thomas demeure une énigme pour les historiens !
Ses biens lui sont alors rendus. En 1486 Henri VII épouse sa demi-sœur Elizabeth d'York et il est nommé président de la cour "over and terminer" pour Londres et sa banlieue.
Soupçonné de participation lors de la révolte en faveur de Lambert Simnel, il est confiné dans la Tour de Londres en 1487 et n'en sort qu'après la bataille de Stoke.
Il accompagne Henri VII lors de son expédition en France en 1492 qui se termine par le traité d'Étaples et
tient un commandement dans l'armée royale levée pour mater
la révolte
cornique en 1497. Thomas Grey mourut le 20 septembre 1501 à Astley. Il avait entreprit la construction de Bradgate House, pour avoir une résidence plus
agréable que le château de Groby, mais mourut avant son achèvement.
Il est enterré dans l'église St Mary the Virgin d'Astley. Il avait
épousé en premières noces en octobre 1466 Ann Holland, fille unique et héritière du 3e duc d'Exeter et d'Anne York, morte sans enfants, et en secondes noces,
le 18 juillet 1474, Cecily Bonville, 7e baronne Harington,
dont il eut 14 enfants
parmi lesquels Thomas, 2e marquis de Dorset, son héritier, et Elizabeth, qui suit, dont descend Barthélemy O'Mahony.
-
Elizabeth Grey, dame d'honneur de Marie Tudor, qu'elle accompagna en France en 1514 pour son mariage avec Louis XI. Elle resta
à la cour de France et y demeura encore pour servir la reine Claude, épouse de François 1er, avec le même titre. Accompagnant la reine d'Angleterre
au Camp du Drap d'Or en 1520, avec 2 femmes de chambre, 3 domestiques et 6 chevaux,
elle y rencontra Gerald Fitzgerald, 9e comte de Kildare, qui y fut remarqué par son allure et sa suite, composée de 2 chapelains, 2 valets de chambre,
18 domestiques et 12 chevaux2.
Elle l'épousa à Londres quelques mois plus tard, contre la volonté de son père, exprimée dans son testament. Mais en 1527 sa mère lui pardonna et lui alloua un douaire
de 1000 £ "dans la mesure où ledit mariage est honorable et que moi et tous ses amis avons raison de nous contenter du même".
On ignore si ce mariage fut arrangé par le roi ou non, mais comme le comte de Kildare était alors en Angleterre sur assignation du roi il ne peut s'être marié qu'avec son consentement
et c'était probablement un moyen d'attacher le comte à la cour anglaise.
Elizabeth était retournée en Irlande en 1523 avec son mari qui exerça à nouveau la fonction de Lord Député. Mais il faut suivre maintenant l'histoire des Fitzgeralds
!
- Richard (1457-1483), chevalier de la Jarretière, il est nommé en 1479 connétable du château de Chester et
en 1482 est chargé de l'éducation de son demi-frère, l'héritier du trône. A la mort d'Edouard IV en 1483, il accompagne à Londres le nouveau roi Edward V
mais est arrêté et exécuté sur ordre de Richard de Gloucester qui s'empare du trône sous le nom de Richard III
Joan Shore (huile sur bois, XVIe, King's College)
Thomas Grey aimait les femmes, et Joan Shore fut une de ses maîtresses
après avoir été celle du roi ... ou en même temps selon certains !
Elle servit d'intermédiaire entre Elizabeth Woodville et William Hastings
et à cause de son rôle dans leur alliance le protecteur du royaume (futur Edward III)
la fit condamner pour conspiration. Elle du faire une pénitence publique
Bradgate House
Bradgate park a toujours fait partie du manoir de Groby.
Thomas Grey entreprit l'érection de cette maison non fortifiée mais mourut avant son achèvement.
Son fils Thomas l'acheva vers 1520.
La famille Grey y vécut les 220 années qui suivirent.
"The Grey Monument", église St Mary the Virgin à Astley
Il y avait de nombreux gisants en albatre de la famille Grey, situés dans la nef et dans les transepts de l'église d'origine.
Il n'en reste plus que trois, qui ont été regroupés dans le "Grey Monument" et qui sont ceux de
Cecily Bonville (à gauche), d'Edward Grey, lord Lisle (beau-frère d'Elizabeth) avec sa femme Elizabeth Talbot (au centre)
Reine consort d'Angleterre
Armoiries d'Elizabeth, reine consort d'Angleterre (Héraldique Européenne)
à gauche, celles de son mari, le roi Edward IV
à droite, les siennes ; elles sont écartelées à 6 quartiers dont les 5 premiers sont de sa mère et le dernier de son père :
En 1, Luxemnourg ; en 2, Baux ; en 3, Chypre ; en 4, Ursins ; en 5, Saint-Pol et en 6 Woodville.
Edouard IV, premier roi de la maison d'York, regna de 1461 à 1483 avec une interruption de 6 mois en 1470-71
Richard III fut roi de 1483 à 1485 après avoir fait assassiner Edouard V qui fut roi 2 mois seulement
Henri VII, de la maison de Lancastre, fut le premier roi de la dynastie Tudor et succéda à Richard III et regna 23 ans.
Edward Plantagenet, chef de la maison d'York, devenu possesseur de la couronne d'Angleterre en 1461, sous le nom d'Edward IV,
entendit parler de la beauté d'Elizabeth et désira en juger lui-même. Un jour qu'il chassait dans les environs,
il vint rendre visite à la duchesse de Bedford, mère d'Elizabeth.
La jeune veuve profita de la circonstance pour demander au souverain la restitution des biens de son mari, qui avaient été confisqués ; ce qui lui fut aussitôt accordé.
Edward, épris des charmes de Lady Grey, aussi recommandable par sa beauté que par sa vertu, lui fit la cour, oubliant qu'il avait envoyé en France le comte
de Warwick, auquel il était en grande partie redevable du trône d'Angleterre, négocier pour lui la main de Bonne de Savoie, sœur
de la reine de France.
Elizabeth toutefois résista à toutes les séductions du monarque, lui disant qu'elle n'était pas assez noble pour être son épouse, et qu'elle était de trop bonne maison pour être sa maîtresse.
Cela ne fit qu'irriter les désirs du roi qui enfin l'épousa secrètement à Grafton, sans doute le 1er mai 1465.
Le comte de Warwick , ayant appris cette nouvelle en France, et outré d'avoir été joué, revint en Angleterre le cœur plein de vengeance et déterminé à détrôner Edward.
Un mois après, ce mariage
fut rendu public et fit de nombreux mécontents parmi les barons du royaume, qui considéraient comme une mésaliance l'union du roi avec la fille d'un
simple chevalier.
Néanmoins, le couronnement d'Elizabeth eut lieu avec magnificence le 26 mai 1465, jour de l'Ascension, et nul n'osa se permettre d'en murmurer hautement.
Mariage d'Elizabeth et Edward IV
Page 215r des Anciennes Chroniques d'Angleterre (tome 85) de Jean de Wavrin
Gallica.bnf.fr
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La jeune reine ne tarda pas à obtenir, grâce à ses qualités d'esprit de de cœur, un grand ascendant sur l'esprit du roi, qui combla de ses faveurs
la famille des Woodville, dont les différents membres se trouvèrent occcuper bientôt
les premières charges de l'Etat
3, pendant que les jeunes sœurs d'Elizabeth contractaient des mariages qu'eussent enviées les plus riches héritières de l'Angleterre. Cette élévation rapide et surprenante créa à la reine des ennemis secrets et nombreux, qui, par
leurs instgations allumèrent la guerre civile en Angleterre.
La fortune insolente des Woodville irrita les amis du roi, son frère le duc de Clarence, et le comte de Warwick comme nous l'avons vu.
Clarence et Warwick levèrent une armée qui battit celle d'Edouard à Edgecote Moor le 26 juillet 1469. Le règne d'Edward fut interrompu par celui d'Henri VI entre
le 3 octobre 1470 et le 11 avril 1471.
Clarence fit exécuter le père et le frère aîné d'Elizabeth. De retour sur le trône, Edward les vengea en exerçant de cruelles
représailles qui aliénèrent encore bien des cœurs à la cause royale.
Miniature représentant Anthony Woodville présentant au roi et à la reine (sa sœur) le livre "Dictes and Sayings of the Philosophers"
qu'il a traduit de l'arabe ; c'est le premier livre imprimé en anglais, en 1477.
Il est accompagné de l'éditeur William Caxton
Lambeth palace, Londres
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Vitrail offert par Edward et Elizabeth, représentant les donateurs
"Royal windows", Cathédrale de Canterbury
-cliquer sur l'image pour l'agrandir-
Entourée d'adversaires dangereux, Elizabeth ne pouvait lutter avec avantage que grâce à la puissance de son époux ; aussi lorsqu' en mars 1483 une maladie soudaine mit
Edward IV aux portes du
tombeau (il est mort le 9 avril), la reine se souvint des inimitiés que son ambition pour les siens avait fait naître de toutes parts, et elle trembla alors
pour ses enfants plus que pour elle-même. La réconciliation apparente des deux partis l'avait néanmoins quelque peu rassurée ; le duc de Gloucester avait juré à son frère mourant de devenir le protecteur, le second père des deux orphelins ;
depuis, l'innocence des deux jeunes princes (Edward, prince de Galles, 13 ans, et Richard, duc d'York, 10 ans), les grâces dont la nature les avait dotés,
avaient éteint la haine dans quelques cœurs, éveillé une vive sympathie dans d'autres.
Elizabeth commençait donc à se laisser aller à de plus douces espérances, quand elle apprit, en 1483, la brusque arrestation de son frère, auquel le roi avait confié l'éducation du prince
de Galles, et qui avait toujours eu pour les enfants d'Edward une affection toute paternelle
4. Cette mesure rigoureuse,
employée contre son parent le plus proche, remplit d'effroi l'âme de la reine ; elle pensa que sa sûreté à elle-même était menacée, et,
quittant le palais du roi, elle vint se réfugier avec son plus jeune fils (le petit duc d'York) et ses cinq filles dans l'abbaye de Westminster ;
là, passant ses jours et ses nuits en prières, la veuve désolée attendait avec angoisse l'arrivée d'Edward V.
Le 4 mai 1483 arriva enfin. Edward fit son entrée à Londres. Après les cérémonies d'usage, il demanda à revoir sa mère, à embrasser son jeune
frère ; mais sans avoir égard à un désir si naturel, on lui répondit qu'il ne serait réuni à ceux qu'il aimait qu'après son couronnement,
et on le conduisit dans la résidence royale de la Tour de Londres.
Après négociation entre le duc de Gloucester, Lord Protecteur du royaume et président du conseil de régence durant la minorité du roi, et la reine, sa belle-sœur,
Richard de Shrewsbury, duc d'York, rejoignit le 16 juin son frère à la Tour. On ne sait pas ce qui arriva aux "Princes de la Tour", mais il est probable que
leur oncle les fit assassiner pour prendre la couronne sans obstacle, ce qu'il fit le 26 juin, sous le nom de Richard III.
Les Princes de la Tour
par Paul Delaroche, 1830
-cliquer sur l'image pour l'agrandir-
Ayant appris ensuite qu'il existait des pourparlers entre Elizabeth et le prétendant Richmond, alors en Bretagne, le nouveau roi s'efforça de les rompre,
et amena Elizabeth à lui promettre la main de sa fille aînée, aussi nommée Elizabeth. La bataille de Bosworth, livrée à Richard par Richmond, le 22 août 1485, déjoua ces calculs.
C'est Richmond, devenu roi sous le nom de Henri VII, qui épousa
la fille d'Edward IV.
Ce mariage, qui avait pour but d'éteindre les haines des deux familles rivales, fut accueilli
avec joie par l'Angleterre, mais Elizabeth, malgré ses vertus, ne put se concilier l'affection de son mari, qui, jaloux des preuves d'amour que le peuple lui prodiguait,
ne voyait en elle qu'une rivale.
Accusée d'avoir conspiré contre le roi, Lady Grey fut arrêtée et emfermée au couvent de Berdmonsey. Elle allait sortir de sa captivité pour épouser
Jacques III, roi d'Ecosse, quand celui-ci fut assassiné, le 11 juin 1488. Elizabeth vécut alors dans la retraite jusqu'à sa mort, survenue le 8 juin 1492.
A l'exception de la reine qui attendait son quatrième enfant, ses filles assistèrent aux funérailles au château de Windsor où elle est enterrée dans la chapelle Saint-Georges
avec son mari le roi Edward IV d'Angleterre.
L'abbaye bénédictine de Bermondsey
L'abbaye était située dans l'actuel Southwark, quartier au sud du London Bridge. Après la dissolution des monastères par Henry VIII, l'abbaye lui fut remise par le dernier abbé. Le roi en fit don à Robert Southwell qui la vendit à Thomas Pope.
Celui-ci démolit l'abbaye pour construire une résidence en y incorporant plusieurs bâtiments de l'abbaye. Rien ne reste aujourd'hui de l'abbaye et de la Maison.
Tombeau d'Edward IV et Elizabeth Woodville
1.
Richard Woodville, premier comte Rivers, chevalier de la Jarretière, était capitaine en 1429 et un des chevaliers de Jean de Lancastre, duc de Bedford en 1435.
Il était à Gerberoy en 1435 et servait sous le duc de Suffolk l'année suivante. Sa bonne fortune tient à son mariage en 1437 avec Jacquette de Luxembourg,
veuve du dit duc de Bedfort, mariage qui permet l'ascension rapide des Woodville.
Il combattit sous Sommerset et Shrewbury en 1439 et sous le duc d'York en 1441-42 quand il fut fait capitaine d'Alençon et créé chevalier banneret.
Il fut nommé sénéchal de Gascogne en 1450, lieutenant de Calais en 1454-55, et défendit le Kent contre l'invasion des comtes Yorkistes en 1459-60 (il fut capturé à Sandwich).
Il fut créé Baron Rivers par Henri VI le 9 mai 1448. Deux ans plus tard il était reçu chevalier de la Jarretière. Il fut ensuite nommé 'Warden of the Cinque
Ports" en 1459. Durant la guerre des Roses, il fut d'abord Lancastrien avant de devenir Yorkiste. Il fut créé comte Rivers et
nommé Lord Treasurer.
en 1466.
Après la défaite des Yorkistes à la bataille d'Edgecote Moor en 1469, il fut arrêté avec son fils John. Après un rapide procès, ils furent décapités à Kenilworth, le 12 août 1469.
↩
2.
Le marquis de
Dorset, son frère, était également au Drap d'Or, dans la suite du roi, mais son rang plus élevé lui permettait une suite de 4 chapelains, 8 valets de chambre, 44 domestiques et 26 chevaux !
↩
3.
En 1466 son père fut créé comte Rivers et
nommé Lord Treasurer. Son frère fut évêque de Salisbury. Parmi les maris de ses sœurs, le comte d'Arundel, le comte de Pembroke, le duc de Buckingham, le comte de Kent ...
↩
4.
Il s'agit d'Anthony Woodville, 2e comte Rivers, chevalier de la Jarretière, nommé gouverneur de la maison du prince de Galles en 1473 et haut shérif du Caernarvonshire à vie. Quand le roi mourut
subitement en 1483, Elizabeth ordonna à son frère d'emmener le prince, désormais roi Edward V, à Londres. Le duc de Gloucester les intercepta et fit décapiter
Anthony et son neveu Richard Grey.
↩
Lien de Parenté
Elizabeth WOODVILLE
¦
Thomas GREY
¦
Elizabeth GREY
¦
Edward FITZGERALD
¦
Thomas FITZGERALD
¦
Elizabeth FITZGERALD
¦
Elizabeth CROSBIE
¦
Anna FITZGERALD
¦
Helena HOLLES
¦
Barthélemy O'MAHONY
¦
Arsène O'MAHONY
¦
Maurice, comte O'MAHONY