Nicolas ROLIN
1376-1462
Seigneur d'Authumes, Raismes, etc., vidame de Châlon
Chancelier de Bourgogne
Fondateur des Hospices de Beaune
Nicolas Rolin et Guigone de Salins, sa femme
«Je, Nicolas Rolin, Chevalier, citoyen de la ville d'Autun, seigneur d'Authume au diocèse de
Besançon, chancelier de Bourgogne, en ce jour du dimanche 4 août 1443, je mets de côté
toutes sollicitudes humaines et ne pense qu'à mon salut. Désirant par une heureuse
transaction échanger contre les biens célestes ceux de la terre qui m'ont été accordés par la
bienveillance de Dieu, et de transitoires les rendre éternels, dès maintenant, à perpétuité et
irrévocablement je fonde, érige, construis et dote dans la ville de Beaune au diocèse d'Autun
un hôpital pour la réception, l'usage et la demeure des pauvres malades, avec une chapelle
en l'honneur de Dieu Tout-Puissant et de Sa glorieuse mère la Vierge Marie, à la mémoire et
révérence de Saint Antoine, abbé, dont il portera le nom et vocable. Et je lui donne à cette fin
les biens que Dieu m'a concédés en propre.»
C'est par cet acte que fut fondé par Nicolas Rolin l'hôtel-dieu de Beaune, aussi appelé les
hospices de Beaune.
L'ensemble de l'édifice date du XVe siècle. Les bâtiments avec leurs couverts sont surmontés
de toitures aux tuiles vernissées multicolores et percées d'une double rangée de lucarnes
gothiques. La grande salle des pôvres qui ne fait qu'un avec la chapelle, présente sur sa
longueur deux rangées de lits gothiques qui se font vis-à-vis.
L'apothicairerie présente un carrelage exécuté par ordre de Nicolas Rolin. Les carreaux
portent en monogramme le mot « seule » suivi d'une étoile. Ceci peut se lire « seule étoile »
et s'interpréter «vous êtes ma seule étoile » en l'honneur de Guigone de Salins, seconde
épouse de Nicolas Rolin qui après la mort de ce dernier s'installa à Beaune et prit en charge la
gestion de l'hôpital. Une dalle dans la chapelle rappelle qu'elle est enterrée là. Les boiseries
sont du XVIII° siècle. Dans le décor Directoire, des faïences de Nevers de la même
époque. Encastrée dans les boiseries, une fontaine murale. Devant le comptoir, un grand
mortier de bronze. Dans une autre salle se trouve, le laboratoire avec ses cuivres et ses
balances.
Hôtel-Dieu de Beaune
Nicolas Rolin et Guigonne de Salins, sa femme
Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne, ministre des plus habiles, qui longtemps dirigea toute
l'administration du Duché, s'était fait céder par le duc Philippe le Bon, la baronnie d'Authumes,
ville et maison forte, et de nombreuses autres terres possédées autrefois dans la région par les
seigneurs de la maison de Vienne et dès le XIVème siècle aliénées aux ducs de Bourgogne.
Il était né en 1376 au sein d'une famille bourgeoise d'Autun et fut baptisé à Notre-Dame, sa
paroisse. Il était devenu l'un des avocats les plus célèbres de son temps quand il fut remarqué par
Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, qui en fit son avocat auprès du Parlement de Paris en 1408,
où on le trouve plus souvent qu'à Dijon. L'assassinat de Jean-sans-Peur à Montereau (1419) l'éloigna de Paris, mais sa
nomination comme chancelier par Philippe-le-Bon lui donna une place prestigieuse (et lucrative)
de 1422 à 1461, années pendant lesquelles il représente notamment le duc dans de nombreuses
négociations.
La vierge du chancelier Rolin, huile sur bois par Jan van Eyck, XVè siècle
Musée du Louvre
Le donateur de ce tableau, le chancelier Rolin, était d'origine modeste, mais grâce à son habileté et à une
parfaite absence de scrupules, il accéda à la charge de chancelier du duché de Bourgogne. Sous sa férule
redoutable, le duché devint l'une des plus grandes puissances d'Europe. Nicolas Rolin cherchait à assurer
le salut de son âme par des ouvres de charité et un culte ostentatoire à la sainte Vierge. Ce portrait nous
prouve qu'orgueil et humilité s'y tenaient la balance.
Nicolas Rolin fut l'un des personnages les plus importants de son époque, et il prit part à tous les
traités de son temps, notamment celui d'Arras qui mit fin à la guerre de Cent ans, ainsi qu'à la rédaction de la Coutume de Bourgogne. Il joignait à une
grande éloquence beaucoup d'érudition, une haute intelligence et une fermeté de caractère qui le
firent se maintenir pendant 40 ans dans la plus haute faveur. Ce chancelier, dit Monstrelet, fit les
besognes de son maître et les siennes. Il possédait 25 terres : Authaume, Beauchamp, Ougné, Monetoy (achetée en 1430), Savoisy (achetée en 1442), Chaseux (achetée en
1427), Beaulieu, Saisy, Bragny, Monron, Salans, Fontaine-lez-Dijon, Pruzilly, Aymeries et Raismes (cédées par
René d'Anjou en 1437), Virieu-le-Grand, Gergy, Muz, Chazeux, Ricey-le-Bas, partie de Chailly et de Polisot, et
autres lieux.
Il avait amassé dans ses fonctions de
prodigieuses richesses telles que depuis Cicéron les lettres n'avaient jamais procuré à personne une fortune aussi
brillante (Catalogus gloriæ Mundi, 1521). Il fortifia et embellit le château d'Authumes, dont il fit sa demeure aux derniers
moments de sa vie, et où il mourut au mois de février 1461. Selon d'autres sources, il mourut le
18 janvier 1464, à 85 ans en sa maison d'Autun jouxtant l'église Notre-Dame-de-Châtel, où il voulut être
enterré avec sa deuxième femme, au pied du candélabre. Sa sépulture, aujoud'hui retirée, était couverte d'une grande
lame de cuivre sur laquelle il est représenté armé, et sa femme auprès de lui. On y voyait ses
armoiries, la devise "deum time" et l'inscription suivante : Cy gisent nobles personnes messire Nicolas
Rolin, chevalier, seigneur d'Authume, et dame Guigone de Salins, sa femme, patrons de l'église de céans, et lesquels
ont fondé les sept heures canoniaux, messes et autres divins offices, et trespassèrent à sçavoir ledict messire Nicolas
le XVIII° jour de janvier mil quatre cent soixante et un et ladicte Guigone le .... jour du mois d...... l'an mil
CCCC et LXX, priez Dieu pour eux . En 2021, lors de fouilles sous la place Saint-Louis d'Autun, des archéologues
pensent avoir trouvé sa tombe dans le sous-sol de l'église
détruite à la Révolution.
Il fut un mécène éclairé qui, même au faîte des honneurs, n'oublia jamais Autun, sa ville natale ;
cette dernière connut à la fin du Moyen-âge un regain de prospérité, qu'elle dut en effet en grande
partie au rôle important joué par Nicolas Rolin et son fils Jean, devenu cardinal : Nicolas érigea
notamment l'église Notre Dame du Châtel en collégiale avec un chapitre de onze chanoines. On
lui doit également l'hôtel-dieu de Beaune comme nous l'avons vu plus haut.
Sa veuve, Guigonne de Salins († 1470), s'est adonnée entièrement après la mort de son mari auxœuvres de bienfaisance
et elle résida presque constamment à Beaune, où elle fut inhumée dans le
bel hôpital fondé par son mari (Elle est enterrée "dans la grande salle des malades", contre l'intention de son mari qui avait pensé partager sa
sépulture avec elle).
En premières noces, Nicolas Rolin épouse Marie Le
Mairet, fille du second mari de sa mère, qui meurt de la peste sans avoir eu d'enfant.
En secondes noces, Nicolas Rolin contracte mariage vers 1405 avec Marie de
Landes, et dont il eut
un fils, Jean, évèque d'Autun puis cardinal, baptisé à Paris en 1408 avec pour parrain Jean sans Peur, Philippotte, épouse de
Guillaume d'Oiselet, Guillaume, son principal héritier, et Nicolas à la naissance duquel sa mère mourut probablement.
En
troisièmes noces, Nicolas Rolin épousa en 1423 Guigonne de Salins.dont il eut Louise, mariée à Jean du Thil-Châteauvillain
(† 1497), seigneur de Châteauvillain, de Thil-en-Auxois, de Grancey, de Pierrepont, de Marigny et de Neuilly, dont nous
descendons, Claudine, femme de Jacques de Montbel puis d'Antoine de La Palud, et Antoine.
Il avait été fait chevalier en 1424 par Philippe le Bon. Ses armoiries étaient d'azur à trois clés d'or
posées 2 et 1.
Le polyptyque du jugement dernier, Roger van der Weyden
Musée de l'hôtel Dieu de Beaune
sur la partie arrière, qui a été détachée, se trouvent les portraits de Nicolas et de sa femme
Nicolas Rolin et Guigone de Salins, sa femme
représentés au bas du vitrail de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune
Lien de Parenté
Louise ROLIN
¦
Jean de THIL-CHÄTEAUVILLAIN ✝1504
¦
Anne de THIL-CHÄTEAUVILLAIN
¦
Anne de LA BAUME-MONTREVEL
¦
Guillaume de HAUTEMER 1538-1613
¦
Jeanne de HAUTEMER ✝1630
¦
Claude d'ETAMPES
¦
Michel Clériade du FAUR de PIBRAC
¦
Marguerite du FAUR de PIBRAC ✝1732
¦
Bénigne BERBIS de RANCY 1700-1775
¦
Marie BERBIS de RANCY 1728-1782
¦
Catherine CHIFFLET d'ORCHAMPS 1751-1807
¦
Victoire BOQUET de COURBOUZON 1774-1866
¦
Adèle LE BAS de GIRANGY 1796-1857
¦
Marie Eugénie GARNIER de FALLETANS 1823-1906
¦
Comte Maurice O'MAHONY 1849-1920