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Pierre ROGER

1410-1479
Un des 4 chauffe-cires de France (1628-1639)
Conseiller, secrétaire du Roi, greffier en chef en son Grand Conseil (1639-1651)




Au mois d'octobre 1628, Pierre Roger fut pourvu de l'un des quatre offices de Chauffecire Scelleur héréditaire de la Chancelerie de France, au lieu de Robert de Goüaix. Cette charge de "chauffe-cire" avait été instituée par Saint-Louis en faveur des 4 enfants mâles de sa nourrice. Elle était héréditaire, et le nombre des chauffecires était fixé à quatre, servant par quartier. Des lettres patentes de Charles VIII (1484) ont confirmé les quatre chauffe-cire de France dans l'hérédité de leurs offices, gages, droits, privilèges, immunités, franchises, exemptions, etc.
Cet Officier de Chancellerie, qui, par sécurité ne devait pas savoir lire, était chargé d'amollir et préparer la cire pour la rendre propre à sceller ; c'est lui qui apposait le sceau aux lettres. Il servait par quartier, secondé par un valet Chauffecire. Les privilèges qui lui étaient accordés étaient loin d'être négligables : "Et ont les chauffe cires bons gaiges et beaulx droiz et pluseurs privileges et franchises ; entre les autres, ilz sont francs de tous peages, travers, coustumes, IIIIes, XXmes, impostz et autres subsides, comme les notaires".



« Creations du colleige des notaires et secretaires du Roy et maison de France, previlleiges, dons et octroys faictz par les roys de France a icelluy colleige. »
1365-1545. BnF, Arsenal, Ms. 5169, fol. 2 v°

Le chauffe-cire, tête-nue comme le veut le protocole, tend un acte encore non scellé au maître des requêtes, pour qu'il le signe en simple-queue avant que le sceau de cire ne recouvre cette signature, étape importante de la construction de la validité de l'acte. Pendant ce temps, deux valets chauffe-cire s'apprêtent auprès du feu, où il font ramollir la cire dans un récipient métallique. Ici, pas de traces explicites de bain-marie, mais la précipitation du valet qui marche à grands pas est sensible. Pensons au témoignage de Forget de Fresnes, sous Henri III, qui assure que l'on scellait les lettres communes "sans s'y arrester". Ainsi, les chauffe-cire pressaient la cire modelée à la main contre la face de la matrice, et apposaient souvent le contre-sceau en posant la face de la cire contre le "tapis" de table (autrement dit la nappe verte), pour gagner du temps : pour preuves les innombrables traces de textiles avec une armure toile visibles sur la face des empreintes du XVIe siècle. La masse de documents passant en Audience ne permettait plus de fignoler la technique.
Aucune autre représentation de scellage ne nous est parvenue, à notre connaissance, pour le XVIe siècle français. Il faut attendre 1672, puis 1759, pour pouvoir établir des comparaisons. En effet, peintres et graveurs ont immortalisé les épisodes exceptionnels durant lesquels le roi tenait le sceau lui-même, c'est-à-dire présidait en personne l'audience. Il est intéressant de noter qu'au-delà de la diversité des techniques graphiques et picturales employées, les artistes ont toujours cherché à mettre en valeur le lien intime qui unit le roi au travail des chauffes-cire, par le jeu de perspective, la composition et la lumière (voir ici).



Le greffier en chef du Grand Conseil doit être secrétaire du roi. Le titre de secrétaire du roi était une sorte de diplôme qui donnait accès aux fonctions de greffier du Grand Conseil, de secrétaires et greffiers des Cours souveraines, de secrétaires d'Etat. Le 14 octobre 1639 Pierre Roger fut reçu Conseiller Secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France et de ses Finances, par le décès de Nicolas Josse. Au même mois d'octobre, Pierre Soubeyran fut pourvu de l'office de Chauffecire Scelleur héréditaire, par la résignation de Pierre Roger. L'office de secrétaire du roi était anoblissant. (Histoire chronologique de la Grande Chancelerie de France Tome premier).

Pierre Roger eut deux enfants de Catherine Charlier : Louis et Catherine. Catherine épousa en premières noces (1653) François Le Bas, maître d'hôtel ordinaire de SM le 6 juillet 1653, conseiller d'état le 10 mars 1657, et en secondes noces (1670) Charles Renouard de la Touanne, trésorier de l'extraordinaire des guerres.









Lien de Parenté

Catherine ROGER 1630-1712
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Louis LE BAS de GIRANGY 1660-1722
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Pierre René LE BAS de GIRANGY 1715-1769
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Charles Pierre LE BAS de GIRANGY 1760-1831
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Adèle LE BAS de GIRANGY 1796-1857
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Marie Eugénie GARNIER de FALLETANS 1823-1906
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Comte Maurice O'MAHONY 1849-1920