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Gaston de FOIX-GRAILLY

Comte de Longueville (Normandie) et de Benauges (Nouvelle-Aquitaine)
Vicomte de Castillon (Nouvelle-Aquitaine)
Captal de Buch (1412)
Chevalier de la Jarretière en 1438



Plaque du Captal dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor (fabriquée vers 1440)
Il fut fait chevalier de la Jarretière en 1438. Ses armes sont écartelées de Foix et de Béarn.
Planche LVI du "The stall plates of the knights of the Order of the Garter, 1348-1485" par Sir Hope (1901)




La dignité de captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu'à la Révolution française sur le captalat de Buch. Le captalat se résume alors à une partie (au sud) du pays de Buch couvrant un territoire comprenant les paroisses de La Teste, de Gujan et de Cazaux, correspondant aujourd'hui à celui des communes d'Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras. Le captalat, qui était dans la famille de Bordeaux, passa aux Grailly par le mariage de Pierre avec Assalide de Bordeaux héritière de son frère mort sans héritiers entre 1305 et 1309.

Gaston I de Foix, comte de Benauges et de Longeville, vicomte de Castillon, seigneur de Grailly (terre située dans le pays de Gex, près du lac de Genève), Gurson, Sainte-Croix de Villagrand, Rolle et Meilles, est le second fils d'Archambaud de Grailly, sénéchal de Guyenne, héritier de son neveu le célèbre connétable d'Aquitaine (Jean de Grailly) et d'Isabelle de Foix, surnommée la perle du monde à cause de sa beauté et de sa vertu, héritière du comté de Foix et de la vicomté de Béarn. Comme ses frères et sœurs, Gaston prit le nom et les armes des Foix. Conformément au traité de Tarbes (13 mai 1399) qui obligeait leur père à renoncer à l'alliance anglaise, Gaston et son frère aîné, jean, furent envoyés en otage à la cour de France pour garantir la loyauté de leurs parents et recevoir une éducation appropriée.

A la mort de son père, en 1412, Gaston eut dans son partage tous les biens de la maison de Grailly, situés en Guyenne, Bourgogne, pays de Gex et Savoie, que possédait son père avant d'être comte de Foix, suivant le dénombrement qu'il en avait fait dans son testament daté du 25 juillet 1402 (l'aîné eut toutes les terres de maison de Foix, Archambaud les biens de Girarde de Navaille, sa grand-mère, et Pierre, le cadet, destiné à l'église, une pension de 1 000 florins). Les archives des Basses-Pyrénées conservent un "acte d'alliance" entre Gaston et son frère aîné, daté du 12 février 1412. L'original sur parchemin est scellé du sceau de Gaston en cire rouge. Cette alliance fut toujours respectée et l'amitié entre les deux frères resta étroite. Pour ces biens, incluant le captalat de Buch, il rendit hommage au roi d'Angleterre, tandis que pour conserver les comtés de Foix et de Bigorre, son frère aîné restait un sujet du roi de France.

Toute sa vie Gaston servit les rois d'Angleterre, Henri V (1413-1422) puis VI (1422-1466), dans leurs guerres. Le premier lui assura les propriétés des biens de ses aïeux et de Castillon par lettres patentes du 14 juin 1413 et d'autres l'année d'après (2 juin 1414). A la fin de l'été 1415, Gaston servait dans l'armée d'Angleterre d'Henri V qui avait débarqué sur la côte normande et conquis la majeure partie de la région les années suivantes. Il se distingua à la bataille d'Azincourt le 25 octobre de la même année, tandis que son frère, le comte de Foix, s'y battait pour l'autre camp. Gaston reçut le bailliage d'Aulas en 1416.

Tôt dans la matinée du 31 juillet 1419, Gaston s'empara de Pontoise, dont le défenseur, Jean de Villiers de L'Isle-Adam, rendit la ville sans se battre, après avoir été pris par surprise lors d'une courte marche nocturne. Cela ouvrit la voie de l'Île-de-France pour l'armée anglaise. À la suite du traité de Troyes en 1420, qui reconnaissait le roi Henry comme héritier légitime du trône français, Gaston reçut le comté de Longueville (devenu possession anglaise en 1417) comme fief en 1421, duquel il lui rendit aveu le 15 mars 1428 et le 13 août 1432. Le sénéchal de Guyenne, dans une lettre du 24 décembre 1423, le nomme ainsi : "le comte de Longueville, captal de Buch". En 1420 toujours, le roi d'Angleterre lui donna le château de Puynormand qui avait été pris mais dont les jurats de Bordeaux ne pouvaient assurer la défense. Henry V lui le chargea d'épouser en son nom la princesse Catherine de France (1420).



Ruines du château de Longueville-sur-Scie (aussi nommé château Gauthier-Giffard)
Quand le comté redevint une possession française, il fut donné par Charles VII à Dunois, bâtard d'Orléans, en 1443.




Le 18 juin 1426 la vicomté de Benauges fut érigée en comté pour Gaston. Le 14 décembre 1429 il fit l'acquisition d'une partie de la baronnie de Doazit en Chalosse. Le 24 février 1431 il écrit au comte Jean, son frère, pour l'informer confidentiellement des résolutions qui ont été prises aux Etats de Guyenne, réunis à Bordeaux, au sujet de la conduite à tenir par la Guyenne, dans la lutte franco-anglaise, envers le pays de Béarn. Ce frère mourut le 4 mai 1436 et lorsque son fils Gaston IV lui succéda, Gaston se rendit à Orthez, assista aux Etats de Béarn, et renouvela le 20 août l'alliance que 24 années n'avaient pu rompre, fidèle à la promesse faite à la mort de son père Archambaud de ne jamais briser les liens d'amitié avec le chef de la famille.

Durant la minorité d'Henry VI, il reçut le comté de Benauges (août 1439). En 1440 le gouverneur de Guyenne approuva les nouveaux péages que Gaston avait établis et approuva les anciens. Henry VI octroya une charte à cet égard le 2 juillet 1442.

Jacques de Foix, dit de Pons, par lettres patentes datées de Notre-Dame Entre-deux-Arcs le 15 février 1449, laissait et abandonnait "à son très honoré père, Mgr comte de Longueville et de Benauges, captal de Buch", quatorze pièces d'artillerie consistant en canons, coulevrines, serpentines et crapaudeaux, et quelques autres machines de guerre. Cet abandon fut fait pour la somme de cent trente-sept nobles, deux francs et douze liards.

Lorsque le cours de la guerre changea en faveur de la France avec la montée de Jeanne d'Arc, et que Bordeaux se fut soumis aux Français, Gaston refusa de reconnaître le Traité de Pons du 12 juin 1451, qui régissait les relations entre la couronne française et la noblesse Gasconne, et de rendre hommage à Charles VII de France. Il préféra s'exiler dans la petite ville de Meille, en Aragon, avec son fils, le comte de Candale. Comme ce dernier laissait un fils âgé de trois ans, l'enfant fur remis jusqu'à sa majorité à la garde et aux soins du comte de Foix, qui dut rendre en son nom l'hommage pour ses terres ; en outre Gaston devait recevoir 15 000 écus d'or le jour où il livrerait toutes ses places aux mains du comte de Foix. Un second traité fut signé le 20 juin 1451 entre Gaston, le comte de Foix et le comte de Dunois ; ceux-ci rachetèrent une partie des terres du captalat, entre autres la vicomté de Castillon, pour 84 000 écus d'or. Gaston donna le 3 mai 1455 procuration pour la vente des terres de Grailly, Villagrand et Rolle pour pouvoir payer la rançon (23 850 écus) de Jean, comte de Candale, son fils unique, fait prisonnier à la bataille de Castillon le 17 juillet 1453, et pour la nourriture et l'entretien de sa femme (Marguerite de La Pole, comtesse de Kendall, francisé Candale)) et de leurs enfants. Ces terres furent vendues le 26 août suivant à Louis de Bonnivard, chambellan et maître d'hôtel du duc de Savoye, pour 4 000 écus d'or nouveau.

Il mourut à Meille et avait pour devise qui m'aimera, je l'aimerai.


   

Château de Benauges
Voir video


Il avait épousé en 1410 Marguerite, fille d'Arnaud-Amanieu, sire d'Albret, vicomte de Tartas, dont il eut entre autres Jean de Foix-Candale qui succéda à son père, et Jeanne, (ancêtre des O'Mahony) mariée le 26 janvier 1426 avec Jean III, baron de Lalande, maire de Bordeaux en 1460 (filiation donnée par l'abbé Jacques Baurein d'après le contrat de mariage qu'il cite dans les Variétés Bordelaises, 1876, tome III, p.29 ; Bibliothèque municipale de Bordeaux, Fonds Montesquieu, MS 2805 côte F3).




   

Armoiries d'Archambaud de Grailly-Foix (parti tiercé de Foix et de Grailly)
et de son fils Gaston de Foix (écartelé de Foix et de Béarn, au lambel à 3 pendants de sable portant chacun 5 coquilles d'argent (qui sont de Grailly)).








Le comte de Foix, neveu de Gaston
tiré de l'armorial de Gilles Le Bouvier (1455)









Lien de Parenté

Jeanne de FOIX
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Marie de LALANDE
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Isabeau de MONTFERRAND
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Jacquette de LUR
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François de LANES de MONTOLIEU
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Bertrands de LANES de MONTOLIEU
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Suzanne de LANES de MONTOLIEU
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Arnaude Armande de BÉDORÈDE
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Fiacre de BIAUDOS de CASTEJA
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Jeanne Françoise BIAUDOS de CASTEJA
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Françoise Mélanie de SALOMON de POULARD
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Louis, Marquis de GOUY d'ARSY
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Monique de GOUY d'ARSY
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Arsène, comte O'MAHONY
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Maurice, comte O'MAHONY