Fiche N° 0128 |
Auteur D. Barbier |
15/02/2008 |
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René DE VOYER DE PAULMY |
Ascendant ¤ Allié¡ |
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Gouverneur et grand bailli de Touraine en 1575
La maison de Voyer tire son nom de la
charge héréditaire de voyer [1] de la châtellenie de la Haye, en
Touraine.
René de Voyer, chevalier, chevalier de
Saint-Michel et du Saint-Sépulcre, vicomte de la Roche-de-Gennes [2], seigneur
de Paulmy, du Plessis-Ciran, Balesmes, Ruton, la Voyerie-de-la-Haye etc., naquit
au château de Paulmy en 1539.
Fils de Jean, IIIe du nom, chevalier de
Saint-Michel, en faveur duquel le roi Charles IX, voulant récompenser les
services qu’il avait rendus à l’Etat, avait érigé, en 1569, les terres de
Paulmy, la Roche de Gennes et du Plessis, en vicomté de La Roche de Gennes (et
non pas de Paulmy).
Compagnon
d'armes des La Rivière-Puy-Taillé [3],
ses cousins, il participa avec ardeur aux guerres de religion, se signala dans les rangs catholiques au siège
de Rouen en 1562 et aux batailles de Dreux, Jarnac et Moncontour, peu après. En
1565, il se trouva dans l’île de Malte assiégée par les Turcs, et le 16 juillet
de cette même année il fut nommé gentilhomme servant du Duc d’Orléans (plus
tard Duc d’Anjou).
Levée du siège de Malte assiégé par le général Ottoman
Mustapha en septembre 1565
Musée, châteaux de Versailles et de Trianon
Il fut à
l'expédition du Duc de Guise en Hongrie, en 1566, et le 16 avril, les
protestants s’emparèrent de son château de La Haye et y établirent le capitaine
Le Louve comme gouverneur. Sans coup férir le vicomte de Paulmy en chassa peu
après, au moyen des intelligences qu’il avait avec les habitants, et attendit
l’armée royale.
Il fut nommé
gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi le 18 septembre 1567. Il reçut
commission de lever des troupes pour le service de Sa Majesté, et le fit à ses
frais. Il donna à ses 200 hommes d’armes le nom de chevau-légers de Paulmy.
En 1567 les
troupes royalistes furent concentrées à Balesme et dans les environs de La
Haye, en prévision de l’avance de Coligny remontant du Poitou. Il prit une part
active aux guerres de religion et combattit dans les rangs catholiques à Tours
qu’il délivra en 1568, Jarnac, où il fut blessé en mars 1569, Montaucour où eut un cheval tué sous lui au mois
d'octobre de la même année, etc.
Il était
encore à la bataille de Lépante qui vit
la défaite des Turcs en 1571. Il visita l’Orient et le Saint-Sépulcre et, à son
retour, il obtint la création de deux foires par an et d’un marché par semaine
dans sa terre de Paulmy en novembre 1572.
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Lépante fut la plus grande
bataille navale depuis Actium qui mit fin à la république romaine en -31.
Elle opposa le 7 octobre 1571 au large du golfe de Patras, la coalition
chrétienne (flotte papale, vénitienne et espagnole principalement) à la
flotte du Grand Turc. Cette bataille est restée dans les traités d’histoire
militaire comme un tournant dans la stratégie navale. C’est en effet la
première fois que les galères se voient opposées à une flotte plus
manouvrante et armée de canons. Pendant le cours de
la bataille, le navire du commandant ottoman fut envahi par les hommes de la
galère de Don Juan d’Autriche et l’amiral Turc décapité, ce qui contribua à
détruire le moral turc. On sait combien peu de Français se trouvèrent
à cette mémorable journée. Ils étaient à peine cinquante et combattirent au
poste d’honneur, sur la galère amirale, sous les yeux du duc de Mayenne et
sous les yeux de Don Juan d'Autriche. La présence de René de Voyer est
attestée dans un discours commémoratif prononcé à Venise en 1662. |
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Il se trouva au
siège de La Rochelle en 1573 (11 février-26 juin).
Il fut nommé,
comme son père avant lui, grand bailli et gouverneur de Touraine, ainsi que de
la ville et du château de Loches, en 1575 et gouverneur d’Henri de Bourbon,
prince des Dombes le 9 juin 1579.
Il fonda à
Paulmy le 1er avril 1586, avec sa femme, un collège pour élever douze
enfants, sous un principal et deux régents ecclésiastiques.
A
TRES-HAUT et TRES-PUISSANT SEIGNEVR Messire RENÉ
DE VOYER, Vicomte de Paulmy, Seigneur de la Baillolière, Chastres, le Plessis,
Seligny, vailly et gouuerneur de Touraine, cheualier de l’ordre du Roy, et
Gentilhomme ordinaire de sa chambre.
Cette dédicace, qui fut placée en tête
des éditions de 1573 et 1577 d’une tragédie de La Péruse, est une parmi vingt
ou trente autres des plus doctes hommes qui lui ont dédié leurs œuvres,
reconnaissant ainsi qu’il était fort
curieux et Amateurs des lettres.
Comme son
père, il aimait et cultivait les belles-lettres, composant des livres de
science et des romans de chevalerie, chose rare chez un grand seigneur de ce
temps. Il protégeait les savants et s’occupa des antiquités de la Touraine,
envoyant ce qu’il en avait recueilli à Belleforest qui en fit usage en les
insérant dans le deuxième volume de sa Cosmographie.
Plus de vingt
ou trente des plus doctes hommes de France avaient dédié leurs œuvres à René de
Voyer, qui lui-même avait composé plusieurs poésie latines et françaises qui ont été imprimées avec
l’Encyclie de Guy Lefebvre de la
Borderie. Il traduisit en français les questions d’Ariel Bicard sur le livre de
la sphère de Sacrobosco. Il écrivit aussi les observations qu’il avait faites
dans ses voyages en Grèce et autres lieux de l’Asie, de l’Afrique et de
l’Europe.
Il mourut le
26 avril 1586.
Il avait
épousé le 19 mars 1580, Claude Turin de Crissé, qui écrivait très bien en prose
et en vers, mais son amour des belles lettres ne s’allia pas en elle avec le
soin des affaires domestiques qu’elle dérangea, dit-on, pendant son veuvage,
assez pour que son fils, Louis, parvenu en âge, eut beaucoup de peine à
rétablir.
Il écartela
les armes des Voyer de celles de sa mère (d’Argenson).
Restes du
château de Paulmy
Comme
nous l’avons vu, le château, repère des catholiques pendant les guerres de
religion, est pillé et saccagé de 1562 à 1569 par les protestants.
Sources : -------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Georges Martin - Histoire et
généalogie de la maison de Voyer de Paulmy d’Argenson p25
Lien de parenté :
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Père de
Louis, père de Jacques, père de Jean-Armand, père de Marie Françoise Céleste de
Voyer de Paulmy, mère de Françoise Anne Marguerite le La Rivière de Paulmy,
mère de Anne Yvonnette Esther Rivié de Riquebourg, mère de Monique de Gouy
d’Arsy, mère du comte Arsène O’Mahony, père du comte Maurice, père d’Yvonne,
mère de Monique Bougrain, mère de Dominique Barbier.
[1] Officier préposé à la police des chemins à la campagne, et à celle des rues dans les villes. Origine du mot voierie.
[2] Le roi, voulant rémunérer les services qu’il avait rendus à l’Etat, et en raison de l’antiquité de race et de noblesse de sa famille, érigea en faveur de Jean III, son père, par lettres patentes du mois de janvier 1569, données à Châlons et enregistrées le 29 mars au Parlement, les terres de La Roche-de-Gennes, de Paulmy et du Plessis-Ciran, en vicomté, Sous l’appellation de vicomté de la Roche de Gennes (et non sous celle de vicomté de Paulmy)
[3] Les deux frères Jacques et Hardouin de Villiers étaient connus sous le nom de la Rivière-Puy-Taillé (terre près de Paulmy) ; leur mère Renée, était fille de Jean de Voyer, seigneur de la Cormerye.