Fiche N° 0052 |
Auteur D. Barbier |
10/11/2008 |
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Aimeri VII de THOUARS |
Ascendant ¤ Allié ¡ |
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18e vicomte de Thouars
(1173-1226),
reçoit la sénéchaussée de Poitou
et du duché de Guyenne en 1203
C'est à la fin du IXe siècle
qu'apparaissent les premiers vicomtes de Thouars avant même ceux de
Châtellerault, Lusignan, etc. Ils représentaient le comte de Poitou (aussi duc
d'Aquitaine) dans le territoire que celui-ci a confié à leur garde.
La famille des vicomtes de
Thouars est sans doute originaire des environs de Poitiers où ils
possédaient des biens au Xe siècle.
À cette époque, leurs dons aux abbayes sont destinés à Saint-Cyprien de
Poitiers, Saint-Jouin de Marnes (15 km au sud de Thouars), Saint-Florent de
Saumur et Saint-Martin de Tours. Au XIe siècle,
suite au mariage de Geoffroy II avec Agnès de Blois, s'y rajoutent les
abbayes de Bourgueil et de Marmoutier.
La succession des vicomtes de
Thouars est originale dans ce sens que le frère succédait à l'aîné puis la
vicomté retournait ensuite au fils de l'aîné. A la mort du vicomte les enfants
ne se partageaient que les meubles et une provision à hauteur des deux
neuvièmes des immeubles de la succession. S'il y avait des filles, le fils aîné
ne gardait que les trois-quarts des immeubles avec l'hôtel principal, le
dernier quart étant réservé aux filles. Les membres de la famille de Thouars,
mêmes s'ils n'étaient pas vicomtes titulaires, étaient appelés vicomtes et
utilisaient ce titre dans leurs chartes.
Les premiers vicomtes de Thouars
sont issus de grands officiers de l'époque carolingienne.
Dès le départ ce sont de grands propriétaires
fonciers et leurs possessions s'étendent grâce à la rétribution qui leur est
donnée pour leurs services par le comte de Poitou. Dans ce cas, ce sont souvent
des biens ecclésiastiques (relevant de la cathédrale Saint-Pierre de
Poitiers ou de l'abbaye Saint-Hilaire par exemple).
Ils ont des biens à Bressuire,
Thénezay, La Roche-sur-Yon ainsi qu'à Poitiers. Cette
richesse leur permet de concéder des bénéfices. Les principaux seigneurs du
Thouarsais sont leurs vassaux ainsi que les sires d'Airvault, d'Argenton, de
Bressuire et de Mauléon. Les vicomtes de Thouars sont également puissants dans
les pays d'Herbauges et de Tiffauges.
À partir de la fin du Xe siècle, les pouvoirs locaux
devenant de plus en plus forts, les vicomtes de Thouars prennent rapidement de
la distance par rapport aux comtes de Poitou en jouant de leur proximité et de
leur lien vassalique avec les Comtes d'Anjou en particulier. Ainsi en 1030, le
vicomte Geoffroy II rentre en lutte contre son suzerain Guillaume le Gros,
comte de Poitiers et duc d'Aquitaine. Aimery IV, le fils du vicomte Geoffroy,
accompagne Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, lors de l'invasion de
l'Angleterre. Il participe à la bataille d'Hastings le 14 Octobre 1066.
Entre 1150 et 1230, les vicomtes
de Thouars pouvaient se permettre d'avoir leur propre politique entre le roi de
France et les Plantagenêt.
Acteur
incontournable dans la lutte entre les Plantagenêt et les Capétiens, il devient
de fait le représentant des Plantagenet en France et négocie directement avec
le Roi Louis VIII, duquel en 1225 il se reconnait son homme-lige.
Ce seigneur
très puissant parmi les Aquitains par sa naissance et son pouvoir, se joignit
aux fils d’Henri II Plantagenet en révolte contre leur père (1173) et prit ensuite
le parti de Richard Cœur de Lion
contre le frère de celui-ci Henri Court
Martel. Il resta fidèle à Richard même quand celui-ci eut à faire face à
une révolte des seigneurs poitevins en 1182. Il l’accompagna à la troisième
croisade (1190) ; 1194 il se trouva avec lui à Spire, en Allemagne, signe
de son attachement à ce prince, et il accompagna la reine Aliénor qui alla
porter la rançon de 100,000 marcs d’argent à l’empereur d’Allemagne qui
détenait l’aventureux croisé fait prisonnier après sa descente en Illyrie, au
retour de la croisade.
Richard Cœur de Lion
Quand Richard
mourut le 11 avril 1199, Aimeri fit hommage à Jean sans Terre, contrairement à nombre de seigneurs d’Anjou, du Maine
et de Touraine qui lui préférèrent Arthur, duc de Bretagne, bénéficiant du
soutien du roi de France Philippe-Auguste.
Aimeri était alors
sénéchal d’Anjou, du Maine et de Touraine pour les Anglais. Le 23 mai, avec
plusieurs barons du Poitou, il fit irruption dans la ville de Tours où le jeune
duc Arthur de Bretagne était venu prendre possession de la capitale de son
comté de Touraine. Ils pillèrent la ville et enlevèrent des habitants. Il est
probable qu’Arthur, ne se trouvant plus assez en sureté à Tours, quitta cette
ville.
Aimery
confirme à Aliénor d’Aquitaine sa fidélité à Jean sans Terre, qui est au
château de Thouars en février 1202. Philippe-Auguste lui ayant déclaré la
guerre, le vicomte de Thouars fondit sur Mirabeau et fit prisonnier Arthur qui
essayait de s’en emparer. Emprisonné à Falaise, le jeune duc est assassiné par
Jean sans Terre le 3 avril 1203, ce qui jette le trouble dans l’esprit de
nombreux seigneurs poitevins favorables à Jean. En novembre suivant, il engage
les hostilités contre les partisans du roi de France.
Il contracta,
par la médiation de son frère Guy, duc de Bretagne, une alliance avec
Philippe-Auguste, qui lui donna la ville de Loudun, alors simple castrum,
et le nomma, entre le 1er novembre 1203 et le 24 avril 1204,
sénéchal de tout le Poitou. En août 1204, il prit et rançonna Niort pour le
comte de ce roi. Ce sénéchalat était une dignité militaire fort importante,
mais dont il ne jouit que pendant peu de temps, par suite de la mésintelligence
qui s'établit entre le Roi et son vassal, lequel ne tarda pas à lever
l'étendard de la révolte, à reconnaitre la suzeraineté de Jean-sans-Terre, et à
refuser foi et hommage à Philippe-Auguste. Celui-ci, irrité et voulant une fois
pour toute dompter la rébellion des Poitevins, rassembla une armée
considérable, la conduisit d'abord à Chinon, laissa des garnisons suffisantes
dans Loudun, qu'il reprit au vicomte, dans Mirabeau et autres châteaux qu'il
possédait en Poitou, et termina sa campagne en faisant fortifier Poitiers ;
puis croyant avoir pacifié tout le pays, il revint à Paris.
Mais il y fut
à peine arrivé que Jean-sans-Terre débarqua à La Rochelle avec un nombreux
corps de troupes ; le vicomte Aimery et d'autres seigneurs, oubliant alors la
fidélité qu'ils devaient au roi des Français, s'allièrent au prince anglais, et
l'accompagnèrent devant Angers, qui fut pris et démantelé en 1205 ; puis les
confédérés anglo-poitevins dévastèrent une grande partie de l'Anjou, et
occupèrent militairement le territoire des villes de Nantes et de Rennes.
Philippe-Auguste revint alors en Poitou où le roi Jean était retourné sur le
bruit de son départ de France, pénétra dans l'intérieur des terres et
seigneuries du vicomte Aymeri, possesseur d'un pays fort étendu, et dévasta
toute la vicomté sous les yeux du roi d'Angleterre, qui s'était réfugié dans
Thouars, avec ses troupes, sans oser livrer bataille à son adversaire.
Jean
sans Terre
Pour mettre
fin à ces hostilités, les deux rois convinrent d'une trêve de deux ans, qui fut
signée à Thouars eu mois d'octobre 1206 (...) Cette trêve était garantie du
côté du roi d'Angleterre par Aymeri, Savary de Mauléon, chevalier et troubadour
célèbre de cette époque, Baudouin de Maulévrier et Thibaut Chabot.. Mais,
malgré les garanties données par cette fleur de la chevalerie angevine et
poitevine, la trêve fut violée avant son expiration, car l'année suivante,
1207, Philippe rassembla de nouveau une armée, entra en Aquitaine, dévasta les
terres de la vicomté de Thouars, prit Airvault, Parthenay, détruisit plusieurs
autres forts, et revint ensuite à Paris.
L'année
suivante, 1208, les hostilités continuèrent. Guillaume Desroches et le maréchal
Henri Clément, ayant rassemblé près de 500 chevaliers, attaquèrent à
l'improviste le vicomte de Thouars et Savary de Mauléon, qui étaient entrés sur
les terres du Roi et en remportaient un grand butin. On fit prisonnier quarante
chevaliers du Poitou, parmi lesquels se trouvait Hugues de Thouars, frère du
vicomte, et Aymeri de Lusignan, son neveu, et plusieurs autres qui furent
emmenés à Paris sous bonne escorte (...)
Cet éclatant
succès [la bataille de Bouvines] fit pâlir les ennemis de la France ; les
Aquitains et parmi eux les seigneurs poitevins, étaient du nombre des plus
acharnés. Vassaux de la couronne d'Angleterre, ils luttaient contre la royauté
française, sa rivale, et travaillaient à l'affaiblir. Mais après la victoire de
Bouvines, en 1214, leurs espérances s'anéantirent et, craignant que le Roi ne
vint les attaquer avec ses forces victorieuses, ils lui envoyèrent leur
soumission et firent une paix définitive. Aymeri, vicomte de Thouars, qui était
à leur tête, rentra facilement en grâce par l'entremise et à la sollicitation
du comte de Dreux, qui avait épousé Alix de Thouars, sa nièce, fille de Guy et
Constance de Bretagne. Malgré le ressentiment de Philippe-Auguste, ce vicomte
sut conserver Loudun, que le Roi voulait ravoir, tant la puissance de ce
seigneur était imposante et demandait de ménagement.
Après la mort
de Philippe-Auguste, en 1233, Louis VIII monta sur le trône, et devint comte du
Maine, de l'Anjou et de Poitou. Et Henri III, qui avait succédé à Jean-sans-Terre,
demanda qu'on lui restituât les
provinces qui avaient été confisquées sur son père en 1208. Non seulement cette
demande fut rejetée par Louis le Lion, mais encore ce monarque prit les
armes pour terminer la conquête du Poitou, et expulser les Anglais des places
qu'ils y occupaient. Henri III ne se laissa pas surprendre : les barons et
seigneurs du Poitou, ayant à leur tête le vicomte Aymeri, n'attendirent point
que le roi de France commença les hostilités ; ils se mirent en campagne et
prirent, pour le roi d'Angleterre, Niort, Saint-Jean-d’Angély et la Rochelle.
Ces expéditions attirèrent les armes de Louis VIII du côté de la vicomté de
Thouars, en juin 1224. Il vit bien que pour venir à bout des Anglais dans le
Poitou, il fallait d'abord humilier le vicomte leur allié et affaiblir sa
puissance, qui était alors à son apogée et se dressait à une grande hauteur
dans l'Aquitaine. Dans ce dessein, le Roi assembla à Tours une armée
considérable d'évêques, de barons, de chevaliers, de serfs, et de là marcha
vers le château de Montreuil-Bellay, très voisin des terres de la vicomté, d'où
il se prépara très sérieusement à l'envahir. Mais Aymeri avait convoqué toute
sa noblesse et ses vassaux, et réuni une armée si nombreuse de Poitevins,
d'Angevins et de Bretons, qu'elle excédait de beaucoup en force celle du roi de
France, qui n'osant pas s'exposer au hasard d'une bataille rangée et
compromettre le sort de la campagne, préféra négocier avec le vicomte une trêve
d'un an plutôt que de le combattre, rebroussa chemin, et marcha directement
contre Savary de Mauléon, parent d'Aymeri, et auquel il avait confié le
commandement des troupes anglaises (...) Ayant perdu toutes ses places, Savary
se réfugia en Angleterre, où il fut mal accueilli, ce qui l'engagea à revenir
en Poitou et à faire foi et hommage au roi de France. Un an plus tard, Aymeri
en fit autant, et fut reçu par le Roi comme le seigneur de Poitou qui seul
était en état de lui résister.
Le château
des vicomtes de Thouars fut rasé par Henri de la Trémouille au XVIIe siècle
pour en construire un plus grandiose.
Fils de
Geoffroy (que certains nomment Guillaume) et d’Aimée de Lusignan, il se mariera
deux fois. Il eut plusieurs enfants de ses deux épouses. Nous descendons d’Adèle,
Belle et Alix issues du premier lit (Agnès, fille du baron Guy V de Laval) et
de Guy, Aymeri et Geoffroy, issus du deuxième lit (Marie, dont on ignore le
nom).
Sources :
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Revue
Anglo-Française de Monsieur de la Fontenelle de Vaudoré, tome cinquième page
225 et suivantes
Lien de
parenté (1 parmi plus de 15) :
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Père de Guy 1er, père
d’Aimeri VIII, père de Guy II, père de Marguerite, mère de Guy de PARTHENAY-SOUBISE, père de Jeanne, mère de Louis CHAUDRIER, père de Jean, père de Jeanne, mère de Jacques JOUSSEAUME, père de René, père de Jeanne, mère de Jacqueline GILLIER, mère de René LEVESQUE, mère de Jeanne de HAUTEMER, mère de Claude d’ETAMPES, mère
de Michel-Clériade du FAUR de PIBRAC, père
de Marguerite, mère de Bénigne BERBIS de RANCY, mère de
Marie CHIFFLET d’ORCHAMPS,
mère de Victoire BOQUET de COURBOUZON,
mère d’Adèle LE BAS de GIRANGY, mère de Marie-Eugénie GARNIER de FALLETANS, mère de Maurice O’MAHONY.