Fiche N° 0136

Auteur D. Barbier

26/11/2008

Philibert de LA PLATIERE

Ascendant ¤

 Allié ¡

Chambellan du Roi Charles VIII,

bailli général des domaines de Pierre de Bourbon en 1487

 

 

Dans la riante vallée de la Nièvre, et sur le sommet d'un coteau, qui domine à l'est le paisible village d'Urzy, situé à deux lieues de Nevers, s'élève l'ancien château des Bordes, l'un des plus beaux du Nivernais. Ses tours aux créneaux et aux mâchicoulis sans nombre, aux toits d'ardoises orgueilleusement jetés dans l'espace, ses tourelles et sa coquette vigie, en un mot, l'ensemble de ses constructions, offrent un spectacle imposant pour l'imagination, lorsque venant de Nevers, soit par le Pont-Saint-Ours, soit par les bois d'Urzy, il se découvre grandiose et majestueux aux yeux étonnés du voyageur.

Tel qu'il est actuellement, le château forme deux corps de logis principaux. Le plus remarquable est assurément celui qui regarde le sud et qui, à part quelques restaurations du dix-septième siècle, est fort ancien. Elle date de l'année 1486, époque à laquelle le roi Charles VIII octroya à son amé et féal chambellan, Philibert de La Platière, des lettres patentes autorisant la reconstruction des Bordes, ruinées en partie pendant les guerres des Anglais.

 

Cartes Postales Photos Château des Bordes 58130 GUERIGNY nièvre (58)

Château des Bordes

 

 

Philibert de La Platière, chevalier, seigneur des Bordes, de Coudray, du Marais, paroisse de Lurcy-le-Bourg, de Prie, Imphy, Saint-Sulpice-le-Châtel, Troisaigues (Tronsanges), Franay, Saint-Martin d'Ourouër, Saint-Firmin-de- Bussy, Montigny, Baugy, La Forest, Sauvage, La Grange, La Loue, Saint-Michel, Lichy et autres lieux, occupe une place considérable dans l'histoire de sa famille par les charges importantes dont il fut revêtu. D'abord chambellan du roi Charles VIII, on le trouve ensuite honoré de la confiance de Pierre de Bourbon, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, qui lui donna de grands biens, le nomma conseiller, chambellan, maître de son hôtel, et le commit, le 20 août 1487, pour l'office de bailli général de ses vastes domaines, suivant lettres patentes dont la copie suit :

« Pierre de Bourbon, comte de Clermont, de La Marche, seigneur de Beaujolois, à tous ceux que ces présentes lettres verront salut : Savoir faisons que pour l'entière confiance que nous avons de la personne de nostre amé et féal conseiller et maistre de nostre hostel, Philibert de La Platière, chevalier, seigneur des Bordes, et de ses grans soinz, science, preudommie et bonne diligence, nous luy avons donné charge doresnavant soy transporter par chacun an tant en noz pals de Beaujoloiz, contez fie La Marche et Clermont, que autres nos terres, pais et seigneuries, pour bailler noz services et assurer et examiner les comptes de noz receveurs; veoir aussi les comptes de nostre monnoye de Trevolz et les comptes de ceulx qui se sont meslez de Ia recepte des francs fiefs ct norole aux acquetz louez en nostre contez de La Marche que feu de grande mémoire le roy Loys, que Dieu absolve, nous donna, et aussi les comptes de plusieurs sommes de deniers deubz pour les affaires de plusieurs villes de nostre dit païs de Beaujoloiz à la part devers l'empire; mettre ordre en telles affaires de cy nostre dicte monnoye que verra estre affaire par le duiz et déliberacion de noz officiers de nostre dict païs de Beaujoloiz; contraindre le général de nostre dicte monnoye à lui bailler la manière de tenir les deniers qui se trouveront ès boictes d'icelle nostre monnoye ; veoir et visiter noz places, y ordonner les réparacions nécessaires ; recevoir les fiefz et honituaiges de nostre dict pais de Beaujoloiz, tant du costé devers l'empire que à la part du royaume, et faire contraindre les reffusans par toutes voyes en tel cas raisonnablement requises; aussi de faire mettre en greniers tous les blés qui sont deubz en nostre dit pays et ordonner en faire la vente quand y verra le temps estre plus convenable avec prouffit; rappeler, conserver les privileges des habitans, de nos villes terres et seigneuries dessus dictes, ainsi qu'ilz en auront fay ci-devant paisiblement et sans conlredict, et sur et par l'advis de nos dicts officiers; leur bailler toutes telles lettres qui veurra estre necessaires; soy enquerir et informer de la valeur de nostre domaine; Icellui faire valoir et augmenter avec prouffit et aussi de faire faire informacion sur les abus, plaintes et doleances qui lui seront faictes par nos subjectz, el de corriger; pugnir et condempner les malfaiteurs, et généralement de faire loates autres choses qui verra estre affaire pour le bien de nous nos diz subjects, pats, terres et seigneuries, et prescrire que la chose requit plus ample declaracion ou specification, et y faire tout ainsi que nous ferions si nous-mesme y estions ea personne. Ordonnons en mandement par ces presentes à nostre dit conseiller et maistre de nostre hostel plain povoir, auctorité et mandement especial de besongner, vaquer et entendre doresnavant par chacun an, tant qu'il nous plaira, ès choses dessusdictes, leurs circonstances et deppendances; appeler avec ques luy telz de nos officiers qui verra estre nostre prouffit et de ce que par lui aura esté fait chacun an nous souffisamment, et en oultre mandons par ces presentes a tous noz justiciers, officiers et subjects que a nostre dit conseiller ès choses dessus dictes leurs circonstauces et dependances obbéissent et entendent diligemment et lui baillent conseil, confort, ayde et prisons si mestier est et par lui requis en sont. Et en tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre seel à ces presentes. Donné à Ancenyt, le vintiesme jour d'août  l'an mil cccc quatre-vingt et sept.

Signé : PIERRE. »

 

Pour augmenter les revenus de son chambellan et bailli général, le duc de Bourbon lui fit don, le 28 mai 1489, non-seulement de tous les droits recelez depuis vingt-neuf ans en Beaujolais, mais encore il lui conféra, en 1488, le gouvernement de Château-Chinon, le créa, le 6 février 1493, capitaine-gouverneur du château de Sury-le-Comtal en Forêt, et le 28 mai de la même année capitaine-gouverneur de Belleperche en Bourbonnais.

Enfin, en 1498, le roi Louis XII, qui l'avait maintenu dans la charge de chambellan, lui accorda, pour le gouvernement de La Charité, des lettres de provision ainsi conçues :

« Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut : Savoir faisons que pour consideracion et en faveur des bons, loyaulx, soigneux et recommandables services que notre aet féal conseiller et chambellan Philibert de La Platière, chevalier, seigneur des Bordes, a faiz à notre très-cher seigneur et cousin le roi Charles, que Dieu absolve, et a nous auparavant et depuis notre avènement à la couronne et que nous espérons qu'il fera cy-après de bien en mieulx, à iceluy pour ces causes et pour la bonne et entière confiance que nous avons en sa personne et de ses soins souffisants, foy, loyaulté, vaillance et bonne diligence, avons conservé et conservons de grace spéciale par ces présentes l'office de cappitaine de noz ville et chastel de La Charité, qu'il a par cy-devant tenu et dont il  joyssait paisiblement à l'heure du trépas de nostre feu seigneur et cousin, etc Donnéé Reims, le xxvm jour de may, l'an de grace mil cccc quatre-viDgs et dix-huit, et de notre regne le premier

 

Le 21 mars de l'année 1500, Philibert de La Platière assista au traité de mariage conclu, en présence du roi, entre Charles, duc d'Alençon, et Suzanne de Bourbon. Il fut aussi l'un des seigneurs qui, sous le maréchal de Gié, s'obligèrent à la somme de 20,000 livres pour la rançon du duc de Gueldre.

La haute influence du seigneur des Bordes contribua puissamment à l'agrandissement de la fortune de sa maison. Parmi les nombreuses acquisitions qu'il fit de 1482 à 1507, on remarque celles des seigneuries de Saint-Sulpice-le-Châtel et de Troisaigues, qui lui furent cédées par Peronnelle de Chazeron, dame de Listenois, suivant acte passé à Montlibert le 21 août 1482, pardevant Barillier, notaire à Saint Pierre-le-Moûtier, pour le prix de « neuf cens vingt-trois escuz d'or à la couronne du  coing du roy et de deux solz six deniers tournois. » Ces fiefs consistaient « en terres, prez, vignes, boys, buissons, hommes et femmes de serve condition, cens, censives, tailles, corvées, mainmortes, rentes, revenus, justice, dixmes et charaparts, sans y rien reserver. »  Malgré ces termes précis, Jean de Vienne de Listenois, fils de Peronnelle, fit naître certaines difficultés, car j'ai retrouvé un titre du 29 décembre 1488, par lequel ce seigneur se désistait des droits qui pouvaient avoir été implicitement réservés dans l'acte de vente.

Philibert de La Platière eut aussi une contestation avec les habitants de Saint-Sulpice, Saint-Firmin et du Couprant, au sujet de certains baux consentis pour l'usage des bois de Mauboux et de Chevrot. On transigea en 1493. Précédemment, le 26 février 1480, Hector de Chassy et Marguerite du Deffend, sa femme, lui avaient abandonné, pour la somme de 200 livres tournois, laterre et haute justice du Marais, située en la paroisse de Lurcyle-Bourg. Enfin, en 1486, Claude de Châteauneuf, seigneur de La Motte, céda aussi ce qu'il possédait à Franay-les-Cbanoines.

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que les fiefs de Philibert ne relevaient pas tous du même seigneur. Ainsi, Montigny, Sauvage, Troisaigues, La Bretonnière, La Grange, Prie, La Loue, Franay, Saint-Michel-en Longuesalle et autres devaient l'hommage au comte de Nevers. Imphy était dans la mouvance du duc de Bourbon, Saint-Sulpice dans celle du baron de La Guerche ; les Bordes enfin relevaient de l'évêché de Nevers. Par compensation, plusieurs de ces seigneuries étendaient leur suzeraineté sur d'autres, et obligeaient leurs possesseurs à rendre hommage à Philibert de La Platière. Je n'en citerai que quelques exemples. En 1484, noble Armand de Varzy prêtait foi pour ce qu'il portait en fief du seigneur des Bordes et de Saint-Sulpice. Erard de Roffignac, qui recevait de Philibert de La Platière la nommée des terres de Montmigny et de Massenay, présentait lui-même à ce dernier, en 1485, le dénombrement de ce qu'il possédait dans la paroisse de Garchizy. En 1490 et 1493, Jacques Loron, seigneur de Chantereau, capitaine de Vézelay, reconnaissait tenir en fief du même seigneur plusieurs héritages mouvants de la terre du Coudray. Le 4 juin 1500, Adrien de Digoine, écuyer, seigneur de Demain et de Mouasse, fournissait le dénombrement de ses biens au même Philibert, à cause de son château de Franay.

Un fait tout particulier, au point de vue de cette notice, grandit encore à nos yeux le souvenir de Philibert de La Platière. Avec plus d'ardeur que ses prédécesseurs, il s'occupa d'augmenter et d'accroître l'importance des Bordes. Le manoir de ses pères avait été en partie ruiné pendant les guerres qui désolèrent le commencement du quinzième siècle. Le noble chevalier entreprit de le réédifier dans des proportions dignes de sa naissance et de son éminente situation. Mais il avait compté sans le seigneur suzerain, l'évêque de Nevers qui, se prétendant haut justicier des Bordes, à cause de sa châtellenie d'Urzy, s'opposa à l'exécution du projet de sou vassal. Philibert de La Platière recourut au roi, qui agréa la requête de son chambellan et lui délivra, à cet effet, des lettres patentes datées du Plessis-au parc les tours en décembre 1486, dont la teneur suit :

« Charles, par la grace de Dieu, roy de France, savoir faisons à tous présens et avenir : Nous avons reçu humble supplicacion de notre amé et féal conseiller chambellan Philibert de La Platière, chevalier, seigneur des Bordes, contenant que en sa dite seigneurie des Bordes, assise en Nivernois, il a une maison, laquelle, par ses prédécesseurs, fut commencée de édifier et bastir en fortificacion et deffense comme il dit encore apparoir par les archières estant en deux tours derrière icelle maison, en laquelle maison, pourpris et domaine d'icelle ledit de La Platière suppliant à basse justice et de ce est en possession et saisine et à nous appartient la moyenne et haulte justice d'icelle, qui ressort soubz notre bailliage de Saint-Pierre-le-Moustier. Lequel suppliant pour la seuretté de luy, de sa femme et de ses biens, pour ce que communément ilz demeurent et sident en icelle maison a eu vouloir et encore à d'icelle perfaire fortiffier et réediffier et icelle tenir et maintenir en forte deffense de tours, foussez, ponts-leveiz et autres choses nécessaires à fortifficacion en ensuyvant l'entreprinse de ses dits predecesseurs, en nous requérant très-humblement noz lettres de congié,don, octroy et permission sur ce cuy est par nous impartiz et octroiez. Pour ce est-il que nous, ces choses considérées justement, liberallement à la supplicacion et requeste de nostre dit conseiller et chambellan, à iceluy pour ces causes et en faveur de plusieurs bons, louables et agréables services qu'il nous a auparavant faitz, fait et conoue chascun jour et esperons qu'il fera le temps à venir, et autres considérations à ce nous mouvans, avons donné et octroié, donnons et octroions par ces présentes, congé, permission et licence de perfaire et fortiffier sa dite maison des Bordes de toutes choses nécessaires en parachevant son euvre encommencée. Et voulons et nous plaist que tout ce qui ja a esté fait pour Ia fortificacion d'icelle maison avant la date de ces présentes soit d'autre effect et de valeur que si ce eust été après l'octroi à lui faict de ces nos dites présentes lettres, sans qu'il puisse tourner à aucun prejudice à luy ni à ses successeurs. Ordonnons en mandement par ces mêmes présentes aux bailliz de Saint-Pierre-le-Mouslier, de Berry et gouverneur d'Auxerre et à tous noz autres justiciers et officiers ou à leurs lieutenans et à chacun d'eux, si comme à lui appartiendra, qu'ilz permettent et facent permettre audit suppliant et à ses successeurs de la terre des bordes faire et accomplir le contenu en ces présentes, et d'iceluy joyr et user plainement et paisiblement, ne souffrir estre fait mis ou donné aucun destourbs ou empeschement au contraire, lequel se fait, mis ou donné avoit esté ou estoit, et le mettent ou facent mettre incontinent sans delay au premier estat cy-devant. Car ainsi nous plaist-il estre fait el à icelui notre conseiller et chambellan suppliant avons permis, voulu, et octroié, permettons et octroions de notre grâce spéciale plaine puissance et auctorite royale par ces présentes, auxquelles affin que ce soit chose ferme et estable à toujours nous avons fait mettre  nostre scel sauf en autres choses notre droit et l'autruit en tout. Donné au Plessis-du-Parc-lez-Tours, au moys de décembre l'an de grace mil cccc quatre-vingt et six, et de notre règne le quatriesme. Par le roy, les S. de la Tremoille, de Lisle, de Grimault. Signé Sament. »

L'évêque était vaincu ; mais il n'accepta pas facilement sa défaite. Mille difficultés furent suscitées au chevalier, et en 1502 l'évêque Philippe de Clèves, successeur de Pierre de Fontenay, assisté de son chapitre, plaidait encore en plein parlement de Paris, contre le puissant vassal qui avait osé fortifier son habitation, et jeter un pont sur la Nièvre, sans les congé et licence du seigneur suzerain. .Philibert de La Platière voulut en finir. Il offrit une somme d'argent considérable, s'engagea à se reconnaître l'homme-lige de l'évêché pour ses seigneuries à haute justice de Montigny, Ourouër, Baugy, tenues jusqu'alors en franc-alleu, à la condition que l'évêque se désisterait de l'instance, et qu'il abandonnerait au seigneur des Bordes son droit de haute et moyenne justice sur cette terre. C'était payer une prérogative au centuple de sa valeur. Mais qu'importaient ces avantages matériels au suzerain irrité et blessé dans son orgueil féodal.... Les propositions furent rejetées ; les Bordes restèrent un fief  à basse justice ; mais aussi le château, dont on ne put obtenir la destruction, nargua dès-lors insolemment et domina du haut de sa grandeur la modeste demeure épiscopale d'Urzy.

Ces contestations n'avaient pas toutefois altéré la foi religieuse de Philibert de La Platière, car c'est à sa générosité et à celle de Marie de Fontenay, sa femme, sœur de l'évêque de Nevers, Pierre de Fontenay, qu'on est redevable de la reconstruction d'une notable partie de l'église d'Urzy en l'année 1495. Parmi les emblèmes héraldiques qui la décorent, on remarque encore de nos jours, à la partie supérieure d'une porte latérale de l'ancienne chapelle des seigneurs des Bordes, un écusson parti au premier, à un chevron accompagné de trois anilles, qui est de La Platière ; au second, palé de six pièces au chevron brochant sur le tout, qui est de Fontenay. Semblables à ces sceaux de cire qui, sur les actes du moyen âge, indiquent les noms des anciens preux qui les ont apposés, les symboles nobiliaires de l'édifice d'Urzy rappellent, depuis des siècles, les noms des bienfaiteurs qui les ont fait graver ! — A Saint-Martin d'Heuille, le chœur, les chapelles latérales, où l'on voit les armes de la famille de La Platière tantôt seules, tantôt écartelées des Bordes, semblent, par l'analogie de leur architecture, avoir dû leur création à la libéralité du même chevalier. Cependant l'église d'Urzy, dont le caveau recelait la dépouille mortelle des seigneurs des Bordes, était plus particulièrement l'objet de sa prédilection. C'est là qu'il demanda à être inhumé; c'est le lieu que choisit aussi Marie de Fontenay pour sa sépulture, lorsque l'un et l'autre, pour assurer le repos de leur âme, firent, en 1501, une donation pieuse à l'église d'Urzy.

Avant de terminer cet article, il y a lieu de mentionner un titre du 2 juin 1487 qui contient une attestation de plusieurs habitants de Nevers, tendant à établir, à la requête de Philibert de La Platière, que les droits de salage, de mesurage et d'arrivage dans cette ville appartenaient de toute ancienneté aux seigneurs des Bordes. Ces droits n'étaient pas sans importance. Chaque marchand ou transporteur devait au seigneur deux mines de sel par an, pour la première voiture déchargée sur le rivage ou amenée au grenier à sel, quel que soit d'ailleurs le nombre de voitures entrées dans le courant de l'année. En outre, on donnait une mine de sel le 1er janvier à titre d'étrennes. Enfin, tout marchand vendant du sel en détail à Nevers ou dans ses faubourgs payait une redevance de 24 sols par an, ainsi qu'il est justifié par une quittance notariée du 20 mars 1474 délivrée à Huguenin Bordelin. Le droit de mesurage consistait à fournir les mesureurs qui, après avoir prêté serment au seigneur des Bordes, percevaient pour son compte 2 deniers par chaque mine de sel vendue au grenier, plus 2 sols 6 deniers par chaque muid déchargé et mesuré au port. Quant au droit d'arrivage, il rapportait au titulaire 2 deniers pour tout bateau naviguant sur la Loire, sur la Nièvre ou sur leurs affluents. En géral, ces droits étaient affermés. Celui de mesurage rapportait 60 livres par an, sur lesquelles le comte de Nevers prélevait une faible redevance.

Philibert de La Platière arriva vers 1508 au terme de sa longue et brillante carrière. Son corps et celui de sa femme, qui était fille de Guy, baron de Fontenay, et de Jeanne d'Etampes, furent déposés, conformément à leur intention, dans le caveau de l'église d'Urzy.

Le testament de l'évêque de Nevers, leur fils, qui établit ce fait, donne également les noms de la plupart des enfants du seigneur et de la dame des Bordes. D'autres titres de la même époque permettent d'en donner la nomenclature, et d'y ajouter divers renseignements qui les concernent.

Cette génération compta :

1° Pierre de La Platière, l'aîné, qui mourut sans alliance avant l'année 1516, d'après la fondation instituée à cette date par l'évêque de Nevers, son frère ;

Philibert, bailli et capitaine de Mantes, suivant brevet du 30 septembre 1494, conseiller et chambellan du roi le 13 juin 1498, qui mourut le 24 septembre 1499 ;

3° Paul de La Platière, abbé de Saint-Léonard de Corbigny, que l'évêque de Nevers institua l'un de ses exécuteurs testamentaires en 1518, mais que l'état de sa santé et son grand âge firent remplacer ;

4° Imbert de La Platière, baron de Franay, seigneur de Sauvage, La Forest, qui entra dans les ordres et fut élu évêque de Nevers en 1512 ;

5° Philippe de La Platière, chevalier, seignenr des Bordes, Saint-Martln-d'Ouror, Saint-Firmin, Saint-Sulpice, Baugy, Contres, Chevenon, conseiller, maître d'hôtel du roi et capitaine de Niort en 1520, qui eut un enfant naturel, Philippe, dit le bâtard des Bordes, dont nous descendons ;

6° Guillaume de La Platière, chevalier, seigneur et baron de Prie, Franay, Imphy, Le Coudray, Saint-Martin-d'Ourouër, Semelins et Baugy, gentilhomme de la maison du roi.

 

 

Philibert de la Platière, fils

Dessin à la pointe d’argent de Jean Perreal

Musée Condé de Chantilly

 

 

 

 

 

 

Sources : ==================================================

"Le château des Bordes et ses seigneurs", de Adrien Bonvallet, paru dans le Bulletin de la Société nivernaise des sciences, lettres et arts - 1868 (5)

 

Lien de parenté : =============================================

Philibert de La Platière (+ vers 1508)

Philibert II de La Platière (+ 1499)

Philippe, bâtard des Bordes, de La Platière (+1523)

Jean de La Platière

Marguerite de La Platière (+ vers 1634)

Jourdan de Scorailles (1616-1669)

François de Scoraille (1646-1729)

François-Philippe de Scoraille (+1724)

Elisabeth de Scoraille (1702-1762)

Marie-Marguerite Berbis de Rancy (1728-1782)

Marie Chifflet d’Orchamps (1751-1807)

Victoire Boquet de Courbouzon (1774-1866)

Adèle Le Bas de Girangy (1796-1857)

Marie-Eugénie Garnier de Falletans (1823-1906)

Maurice O’Mahony (1849-1920)