Fiche N° 0195 |
Auteur D. Barbier |
02/12/2009 |
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Constance de MARENCHES |
Ascendant ¤ Allié ¡ |
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Receveur général au comté de
Bourgogne en 1555
Premier maître en la Chambre des
Comptes de Dole en 1562
Les Marenches (parfois orthographié Maranches) étaient d’une maison de
nom et d’armes d’Italie, du nom de Marenchi, possédant depuis le XIIe siècle au
moins les château et seigneurie de
Jussun en Piémont et tenant un des premiers rôles dans la ville de Montréal.
Anselme, né en cette ville, est le premier qui quitta l’Italie. Podestat
(bailli) d’Ivrée pour le duc de Savoie, il professait le droit avec éclat à
Turin lorsque le duc Philippe l’envoya chercher en 1542 pour enseigner le droit
civil à l’Université de Dole, donnant ainsi le plus grand lustre à celle-ci.
Anselme fut autorisé à user de son titre piémontais de comte, droit stipulé dans ses lettres professorales. Son fils Louis
lui succéda dans cette place, qu’il ne cessa de remplir après avoir été nommé
avocat général au Parlement de cette ville.
Constance de Marenches, petit-fils d’Anselme, était fils de Jacques, un des
frères du dit Louis.
Écuyer, seigneur de Nenon, il commença par être capitaine-châtelain de
Rochefort dans le Doubs en 1543. Il reçut cette année là commission de Charles
Quint pour surveiller les travaux, distribuer les deniers et apurer les comptes
des fortifications de Dole et de Gray. Il fut pendant plusieurs années un des
commissaires aux comptes de ces fortifications.
Ensuite il suivit Charles Quint dans ses guerres et fut commis par lui en
1551 pour la confiscation des biens de Wolf Dietrich de Ferrette qui avait
suivi le duc Jean-Frédéric de Saxe et adhéré à son parti.
Il est cité en 1552 receveur des
toises imposées aux villes et villages du bailliage de Dole pour « le
décombre des doulves et fosselz »
Il fut pourvu
de l'état de conseiller de l'Empereur et de son Trésorier général en Bourgogne,
et du Charolais, en 1554, par patente dudit Empereur, au dos de laquelle est
insérée la prestation de serment dudit office faite par le seigneur de Nenon à
la personne du seigneur de Vergy, commis au gouvernement du comté de Bourgogne.
Dans cette patente se trouve une lettre de l'Empereur et de lui signée,
touchant ledit office, datée du pénultième novembre 1554, adressée audit
seigneur de Nenon. Bien qu'il y ait eu en Bourgogne des édits très rigoureux
pour le fait des chasses, ledit sieur de Marenches en fut excepté, comme il se
reconnaît par plusieurs mandements octroyés audit Constance par les Gouverneurs
de Bourgogne, par lesquels il est permis audit seigneur de Nenon de chasser
partout et à toutes sortes de bêtes, nonobstant les édits du 18 avril 1555 et
20 juin1561.
Le 22 octobre 1555, Charles Quint donna mandement au secrétaire d’État
Josse Bâte pour dépêcher et faire sceller la lettre de « commission de receveur général de notre
comté de Bourgogne pour Constance de Marenches, vacant le dit état par le
trépas de feu Me Nicolas Lulier ».
Il fut commis par
l'empereur Charles-Quint, en 1557, avec Guyon-Mouchet, sieur de
Château-Rouillaud, pour recevoir la délivrance et restitution du pays de
Charolais, faite par le roi de France, en prendre possession, instituer les
officiers audit lieu et recevoir le serment des sujets au nom de sa majesté.
Une lettre de
Philippe II commettant la vision des comptes des fortifications de Dole à
Constance de Marenches, nous confirme qu’il était en 1558 « receveur général et conseiller au Parlement. »
Il donna
compte rendu le 20 février 1560 des dépenses faites en vertu d’un mandement de
Philippe II, du 15 juin 1557, pour « munyr
les villes de Dole et de Gray de canons, grosse artilleries, arquebuses à
crocqz et à main, allecraiz, allebardes,
picques, pouldre, boulletz, plumbz, fer, souffres, salpestre et autres
munimens »
La Chambre des Comptes de Dole avait été supprimée depuis longtemps et c’est à
Lille que Constance de Marenches allait rendre, à grands frais, ses comptes de
la Recette générale. Les États de Bourgogne de choisirent donc pour y plaider
auprès de Philippe II le rétablissement de la Chambre des Compte de Dole.
Depuis 1494, les
différents pouvoirs s'étaient constitués en Franche-Comté, les charges, les
fonctions diverses avaient été créées et définies. La province se trouvait en
pleine prospérité ; le domaine aussi, en voie d'amélioration, avait besoin
d'administrateurs attentifs et capables. Philippe II comprit quel parti la
couronne pouvait tirer de la nouvelle Chambre des comptes. Mais il était urgent
de lui donner une existence propre, absolument indépendante du Parlement, corps
jaloux de s'assurer le monopole du pouvoir dans le pays, et le privilège d'être
l'unique cour souveraine de la province. Le roi d'Espagne mit à la tête de la
Chambre des comptes un homme qui jouissait d'une haute estime en Franche-Comté.
Constance de Marenches, seigneur de Nenon, était issu d'une antique famille de
gentilshommes. Au xve siècle, un savant docteur de Montréal en Piémont, chef de
la maison de Marenches, était venu comme professeur à l'Université de Dole, sur les brillantes promesses du duc de
Bourgogne, protecteur de l'Université. Ses descendants acquirent une grande
situation dans le monde parlementaire, c'est-à-dire au cœur même du pays et du
pouvoir. Constance de Marenches, allié aux premières familles de robe, pouvait
espérer, pour sa Compagnie, la bienveillance du Parlement. Pendant longtemps, il avait rempli la charge de trésorier général du comté
de Bourgogne, fonction qui lui avait donné l'habitude des affaires. Enfin, les États de Franche-Comté ayant
besoin d'un homme habile pour porter leurs remontrances aux souverains et
solliciter le rétablissement de la Chambre des comptes, avaient porté leur
choix sur lui. Philippe II écoutait donc, en quelque sorte, la voix publique en confiant le poste de Premier Maitre à M. de Marenches.
Cette nouvlle Chambre
des comptes étant rétablie, confirmée et augmentée dans ses attributions et ses
privilèges, il ne restait plus qu'à l'installer. Le roi d'Espagne donna à Bruxelles, le 26 août 1562, une
commission spéciale à la Chambre
des comptes de Lille, pour recevoir le serment des officiers de Dole, ce qui eut lieu le 5 octobre.
Puis, après avoir reçu leurs instructions, les officiers des comptes
s'acheminèrent vers la Franche-Comté. Ses gages annuels, payés par le
trésorier de Dole en deux termes, étaient de 400 fr.
Constance de Marenches acquit la seigneurie de Renon en 1558. Ce modeste
village de la châtellenie de Rochefort était situé au pied de la forêt de
Chaux. Nenon formait une seigneurie particulière en haute, moyenne et basse
justice, démembrée au siècle précédent de cette de Rochefort. Le seigneur avait
le droit d’instituer, pour l’exercice de cette justice, un juge châtelain, un
procureur, un scribe et un maire. Les sujets étaient mainmortables et
corvéables. Ils devaient le guet, la garde et la montre d’armes au château de
Rochefort. Nenon, qui avait un château, passa aux Reculot par mariage.
Il mourut le 6 mai 1564. Sa pierre tombale est conservée dans la chapelle
Notre-Dame du Sacré-Cœur de l’église de Dole. Cette pierre, qui mesure deux
mètres sur un mètre, représente un
homme et une femme placés côte à côte, les mains jointes, encadrés dans un
décor d'architecture formé de deux colonnes terminées par un chapiteau et
reliées par un arceau au centre duquel est un écu surmonté d'un cimier. Les
traits des visages ont été effacés par le frottement des chaussures des
passants. Le visage de la femme est toutefois mieux conservé. On voit encore sa
collerette et sa robe longue.
Église Notre-Dame de Dole
Dalle funéraire élevée à la mémoire de
Constance de Marenches,
et de Jeanne Fabri, sa seconde femme.
Ministère
de la culture – base Mémoire
Il s’était marié
deux fois ; en premières noces avec Marguerite de Chavirey et en secondes
noces, par contrat du 1er juin 1523, avec Jeanne Fabri, cousine du
cardinal de Granvelle, archevêque de Besançon, vice-roi de Naples et ministre
de Charles Quint et Philippe II.
Antoine
Perrenot, dit le cardinal de Granvelle
(1517-1586)
Sources :
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Inventaire
sommaire des archives départementales du Doubs antérieures à 1790
Kathryn A. Edwards: Families and frontiers: re-creating communities and boundaries in the
early modern Burgundies
Roger Lurion: Notice sur la Chambre des Comptes de Dole
suivie d’un armorial dur ses officiers
Nicolas-Antoine Labbey
de Billy : Histoire de l’Université
du Comté de Bourgogne, volume 1
Lien de
parenté :
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Constance
de Marenches François
de Marenches Etienne
de Marenches Louis-Bernard
de Reculot Louis-Gabriel
de Reculot Charles-Alexandre
de Reculot Marie-Nicole
de Reculot Pierre-Ferdinand
Garnier de Falletans Paul-Eugène
Garnier de Falletans Maurice
O’Mahony |
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