Fiche N° 0130 |
Auteur D. Barbier |
27/02/2008 |
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Charles Huault de Montmagny |
Ascendant ¡ Allié ¤ |
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Conseiller du Roi en ses conseils d’Etat et privé en
1605
Charles
Huault est né en 1553 et décédé en 1610. Ces années, qui marquent les bornes de
sa vie, sont celles même d’Henri IV, le monarque qui incarne le rétablissement
de l’ordre public après la longue période des guerres religieuses.
Comme son père, le secrétaire du Roi
Pierre Huault, il étudia le droit et fut avocat, titre porté dans son contrat de mariage (22
janvier 1578). La dot substantielle qu’il décrocha lui permit d’entrer dans une
cour souveraine. Le 28 avril de la même année, il recevait ses lettres de
provisions de conseiller du Roi au Grand Conseil, où il fut reçu le 16 juin
1579. Cette charge était très importante, car ce tribunal avait juridiction dans tout le
royaume et devait se prononcer sur les conflits qui opposaient entre elles les
autres cours de justice ou sur les cas que le Roi estimait devoir leur enlever.
Avec son cousin Jean Huault, connu sous
le nom de président de Vaires, il comparut dans l’Ordre de la noblesse à la
rédaction de la coutume de Paris en 1580.
Sa carrière fut toutefois momentanément
perturbée, comme ce dut être le cas pour plusieurs magistrats, par les troubles
graves qui marquèrent le début du règne d’Henri IV. Il prit parti pour celui-ci
et participa en 1590 au siège de Crépy-en-Valois et au blocus de Paris [1]. Mais ne subit rien de semblable à ce
que son cousin Jean Huault de Vayres, avait connu de la part des ligueurs [2].
Avant même la fin de la guerre civile,
il obtint un nouveau poste : le 26 juin 1592, il était pourvu de l’office
de Maître des requêtes de l’hôtel,
mais, à cause des troubles, il ne put être reçu qu’en avril 1594. Ce tribunal
était rattaché à la cour et certaines causes lui étaient réservées [3], et les maîtres des requêtes pouvaient
siéger au Parlement. Des missions spéciales leur étaient confiées, et cela pour
deux raisons faciles à comprendre : l’expérience dans les affaires
importantes du royaume et la proximité du pouvoir suprême.
C’est effectivement ce qui arriva à
Charles Huault. Le Roi l’envoya en Poitou le 16 janvier 1599 avec un membre du
bureau des finances, Gaucher de Sainte-Marthe. Il les avait nommés commissaires pour le règlement des tailles
et réformation des abus commis au fait de ses finances en la généralité de
Poitou, ainsi que pour la recherche des faux nobles de cette province [4].
Se place ici une aventure, certes
amusante, mais dont on ne peut mesurer l’ampleur ni le ressentiment. Nicolas
Bourbon, un intellectuel parisien, composa et fit circuler en 1600 un poème
satirique incriminant Charles, et fut incarcéré quelque temps pour cette
algarade.
INDIGNATIO VALERIANA
Sive
Parisiensis Academiae Querimonia
Ad virum amplissimum Carolum de
Mommagny Regi a secretioribus
Consiis et libellorum supplicû
On pourrait traduire de la façon
suivante le titre de poème : "L’indignation valérienne ou la plainte
de l’académie parisienne à l’encontre du très distingué Charles de Montmagny,
membre pour le Roi des conseils plus secrets et maître des requêtes".
L’auteur de ce poème enseignait la
rhétorique dans le collège des Grassins à Paris, quand un arrêt du parlement
supprima un droit que les professeurs prélevaient depuis le Moyen-âge sur leurs étudiants. Il semble donc que
harles Huault fut le bouc émissaire de la classe parlementaire dans cette
protestation du corps professoral.
La fin de sa carrière fut calme semble t’il.
Vers 1605 le Roi lui conféra le titre de conseiller du Roi en ses conseils
d’Etat et privé, ce qui a bien l’allure d’une distinction purement honorifique,
puisqu’il conserva sa charge de maître des requêtes jusqu’à sa mort.
Il laissait une fortune assez
considérable, estimée à près d’un demi-million de livres tournois, ce qui
représentait à cette époque un capital important. Outre ses terres de
Montmagny, Goyencourt, Messy-en-France, Vignolles et Gonesse, il possédait à
Paris l’hôtel de Baillet (plus tard hôtel de Sully), et 4 autres maisons rue
Saint-Antoine.
Il avait épousé Antoinette du Drac,
fille d’un maître des requêtes de l’hôtel, dont il eut entre autres Charles,
dit le chevalier de Montmagny, premier gouverneur et lieutenant général de la
Nouvelle France, et Charlotte, dont nous descendons.
Le
chevalier de Montmagny
Hôtel de Sully (côté cour), 62 rue Saint Antoine. Au temps
où les Huault de Montmagny le possédaient,
il
s’appelait Hôtel de Baillet et ne possédait pas les deux ailes.
L’hôtel du Baillet,
dans lequel était entré Charles Huault en 1600 avec toute sa famille, avait
déjà tout un passé. Il comprenait depuis le milieu du XIVè siècle, un ensemble
de bâtiments et de terrains, dit l’hôtel de la Moufle. Vers 1477 le tout fut
divisé en deux parties, dont la plus considérable, située au nord et à l’est,
passa, au début du XVIè siècle, dans les mains de Charles de Villiers de
l’Isle-Adam, évêque de Limoges, qui s’en dessaisit en faveur de sa nièce, veuve
de Jacques d’O, seigneur de Baillet. La famille d’O la posséda jusqu’en 1600.
Henri IV en acheta une
partie en 1607 pour construire la place Royale (actuelle place des Vosges) et
en 1624 les héritiers Huault vendent l’hôtel à un financier rapidement enrichi
(Mesme Gallet)
Les Huault étaient marquis de Vaires et de Bussy-Saint-Martin
(Seine-et-Marne), seigneurs de Bernay, de Montmagny, de Richebourg
(Seine-et-Oise). La maison eut pour fondateur Jacques Huault, sieur de Vaires
et d'Aubigny, conseiller et secrétaire d’Henri II. Sous Charles IX, il résigna
sa charge en faveur de son fils Jean, le 11 juin 1566. Les descendants furent
tous hommes nobles de robe et d'épée
Sources :
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Le chevalier de Montmagny par JC. Dubé
Lien de parenté :
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Père
de Charlotte, mère de François de Gouy, père de François de Gouy, père de Michel
Jean de Gouy, marquis d’Arsy, père de Louis de Gouy d’Arsy (1717-1790),
père de Monique (1749-1823),
mère d’Arsène O’Mahony (1787-1858),
père de Maurice O’Mahony, père d’Yvonne, mère de Monique Bougrain, mère de
Dominique Barbier
[1] Avec bon et deue equipages, il servit sous le duc de Longueville et sous le seigneur de la Noue , dit on dans les preuves ne noblesse de Malte de 1622
[2] Il fut capturé, son manoir de Vayres fut brûlé et sa maison parisienne fut pillée. Il dut débourser 4000 écus pour avoir la vie sauve.
[3] Ils jugeaient en première instance les causes concernant les officiers de la maison du Roi, les secrétaires du Roi etc… Ils jugeaient souverainement des causes qui leur étaient envoyées par le conseil du Roi ou celles concernant la librairie et l’impression.
[4] Et non pas intendant du Poitou comme on le lit souvent