Fiche N° 0045 |
Auteur D. Barbier |
22/10/2008 |
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Jean DE BAILLEUL |
Ascendant ¤ Allié ¡ |
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Baron anglo-normand, régent du
royaume d’Écosse en 1255
Barnard Castle, au
comté de Durham, fut fondé par les normands peu après la conquête de
l’Angleterre par Guillaume le Conquérant,
et passa aux
Bailleul au XIIè siècle. Jean de Bailleul y est né vers 1177.
Jean de Bailleul,
ou John Balliol en anglais, est un baron anglo-normand, né vers 1177 à Château
Barnard, en Angleterre. Il possédait en France les seigneuries de
Bailleul-en-Vimeu, Dompierre, Hornoy et Hélicourt-en-Ponthieu, et en Angleterre
celles de Barnard-Castle, Stokeysley, Biwel, Wodehorn, Dryfeld, Kempeston et
Totenham.
Il figure
parmi les barons écossais qui assistèrent à la signature du traité de paix
entre Henri III, roi d'Angleterre, et Alexandre II, roi d'Écosse, en 1237.
En juin 1242,
à cause des possessions qu'il avait en Angleterre, il fut requis par le Roi de
le servir en armes contre le roi de France auquel il voulait déclarer la
guerre. La position de Jean de Bailleul était fort délicate, car, à cause de
ses seigneuries du Ponthieu, il était aussi feudataire du roi de France, et,
quoiqu'il put faire, il fallait qu'il fut traite envers l'un de ses seigneurs.
On ignore comment il tourna la difficulté, mais il est certain qu'aucune de ses
seigneuries, ni en Angleterre, ni en France, ne fut confisquée, et que ses bons
rapports avec les deux souverains ne furent altérés en rien.
Au mois
d'août 1246, Jean de Bailleul, comme seigneur suzerain, amortit le fief de
Broutelette que l'abbaye de Lieu-Dieu avait acquis, et à la même époque, par
une charte datée du même mois, il amortit encore cinquante journeaux de bois
donnés à l'abbaye de Sery. Le 23 juillet 1253, il amortit tout ce que ses
vassaux avaient vendu à l'abbaye de Sery.
Pendant une
période de dix ans environ, les annales du Ponthieu restent muettes sur le
compte de Jean de Bailleul. Il y a donc pour la France une lacune qui ne peut
être expliquée que par une résidence plus assidue en Angleterre et en Écosse.
Rymer nous a conservé la preuve que Jean de Bailleul était alors dans ses
possessions d'Outre-manche, et qu'il prenait une part active à toutes les
intrigues qui agitaient l'Angleterre et l'Écosse.
En 1255 il
fut nommé régent du royaume d'Écosse avec Robert de Ross. Le roi d'Angleterre le
choisit en 1259 pour être un des commissaires chargés de régler plusieurs
points en litige avec le roi de France. Il lui adressa le 1er août 1260 une
lettre de convocation pour se trouver le jour de la Nativité en armes à
Chester, lieu du rendez-vous de l'armée destinée à agir contre les gallois.
Jean fut enfin, le 16 novembre 1260, l'un des signataires de la convention par
laquelle les rois d'Angleterre et d'Écosse décidèrent que la reine d'Écosse,
fille du roi d'Angleterre, ferait ses couches dans son pays natal. Le même roi
lui délivra un sauf-conduit, le 17 janvier 1265, pour lui et son frère Eustache
de Bailleul.
Aux environs
de 1260, ou peut-être quelques années avant, Jean de Bailleul, châtelain de
Barnard Castle, fut impliqué dans une dispute territoriale avec l'évêque de
Durham. Bailleul devint impatient et insulta l'évêque, qui lui imposa une
pénitence. La tradition voulait qu’il
subisse une flagellation en public à Durham devant la porte de la cathédrale et
qu’il accomplisse un acte substantiel de charité. Il se déchargea de la
deuxième partie de sa pénitence en louant une maison juste en dehors du mur de
la cité d’Oxford, et en y maintenant des étudiants pauvres. La maison se
situait à peu près à l’emplacement actuel des logements du Principal. La date
de cette fondation est traditionnellement estimée à 1263. Il n’y a réellement
aucune évidence pour une telle précision, mais il est connu que le collège
existait bien en juin 1266. Quelle que soit la date exacte, si l'âge d'un
collège doit être calculé à partir de la date où ses membres vivent pour la
première fois, en collectivité sur son site actuel, alors Balliol est bien le
plus vieux collège de l’Université. Quand John Balliol mourut en 1268, sa veuve
Dervorguilla devint dame patronnesse. Elle continua à donner un soutien
financier, qu’elle mit à disposition sur une base permanente par la formulation
de statuts (1282) et donna une maison aux étudiants, un nouveau Balliol Hall,
situé près de l’actuelle position de la chapelle (l284).
Balliol College à l’Université d’Oxford
Lors de la
révolte des barons, conduite par Simon de Montfort, Jean de Bailleul resta
fidèle au trône. Avec le roi il fut fait prisonnier à la bataille de Lewes en
1264 mais parait s’être échappé et rejoint les autres barons loyaux avec
lesquels il leva des troupes pour venir à la rescousse du monarque.
La dernière
pièce dans laquelle il soit fait mention de Jean de Bailleul est datée du mois
de mars 1267. Hue de Vaudricourt, chevalier, était en guerre avec Drievon de
Granssart, et leurs querelles ensanglantaient un petit coin du Ponthieu. La
comtesse de Ponthieu, Jeanne de Castille, voulut mettre un terme à un si
déplorable état de choses et imposa son arbitrage et celui de Jehans, sire
de Bailleul. Leurs efforts réunis terminèrent le différent par un mariage
entre Pierrette de Vaudricourt, fille de Hue, et Wautier, fils de Drievon de
Granssart. Si on ne savait déjà quelle haute position occupait Jena de Bailleul
en Ponthieu et de quelle influence il y jouissait, cette charte en fournirait
une preuve bien convaincante.
Sa mort dut
suivre de bien près cette conciliation si honorable pour lui : elle eut lieu
avant 1277 [1], puisque le
roi d'Angleterre requérait de sa veuve le service militaire et féodal, par procureur,
dans l'armée qu'il allait envoyer contre les gallois. On ne sait pas où il fut
enterré, mais son cœur embaumé est à l’abbaye de Sweetheart qu’avait fondé son
épouse.
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Dervoguil de Galloway (de Gallway), épouse de Jean de Bailleul et mère du roi d’Écosse. (portrait du XIXè siècle) Elle était la fille du comte Alan de Galloway,
grand connétable d’Écosse et conseiller du Roi, et de Marguerite, elle-même
fille du comte David d’Hundington, le frère des rois d’Ecosse Malcom IV et
Guillaume 1er, de qui elle tenait les droits à la couronne qu’elle
transmit à son fils Jean. Le prénom de cette lady est étrangement diversifié par les historiens.
Derbogail, Dornagille, Derveguldis, Dervogilla, sont quelques variations. |
La fortune de
Dervogilla, dame de Galloway, était considérablement supérieure à celle de
Jean de Bailleul, son mari. Désireuse de conserver sur le sol écossais le
souvenir de celui-ci, elle signa le 10 avril 1273 la charte de fondation
d’une nouvelle abbaye cistercienne, à une dizaine de km au sud de Dumfries,
en mémoire de son mari. L’abbaye fut d’abord appelée « New Abbey ».
Son amour pour le défunt la conduisait à transporter son cœur embaumé dans un
coffret d’ivoire incrusté d’argent. Après sa mort, survenue le 20 janvier
1290, elle fut enterrée dans le sanctuaire de l’église de l’abbaye, et selon
sa volonté, le coffret contenant le cœur de son mari fut enterré avec elle.
En mémoire de cet amour, les moines de l’abbaye décidèrent de l’appeler
« Sweatheart Abbay » … |
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Jean de Bailleul et
Dervoguil de Galloway, descendante de Saint David, roi d’Écosse, ont
pour enfants Jean, qui fut roi d’Écosse, et Thomas, dont nous descendons, ainsi
que plusieurs filles.
Jean de
Bailleul (John Bailliol), roi d’Écosse, fils de Jean, et sa femme
Jean
de Bailleul, fils de Jean et de Dornagille de Galloway, né à Héliscourt en
Vimeu, disputa le trône d'Écosse, vacant après la mort d'Alexandre III, à
Robert Bruce et Hastings, seigneurs écossais. Édouard I, roi d'Angleterre,
choisi pour arbitre de ce grand différend, adjugea le trône à Jean Bailleul,
comme descendant par sa mère de David Hungtington, seul rejeton du sang royal.
Jean de Bailleul fut solennellement couronné à Scône où les Écossais lui
prêtèrent serment de fidélité. Il régnait encore en 1298, comme le
prouve une charte que possède M. Dusével, d'Amiens. Mais peu de temps après,
ayant voulu s'affranchir de l'état de dépendance dans lequel Édouard affectait
de le tenir, une guerre sanglante éclata entre eux. La victoire parut d'abord
favoriser le roi d'Écosse; ses soldats coulèrent bas dix-huit gros vaisseaux de
la flotte d'Édouard et s'emparèrent de la province d'Yorck ; mais ces succès
furent bientôt effacés par de cruels revers. Édouard, qu'animait le désir de la
vengeance, commença en homme habile à semer la division parmi les Écossais.
Sachant qu'une partie de ces derniers tenait encore pour Bruce, le rival de
Jean de Bailleul, il lui promit la couronne, et l'attira par cette offre
séduisante sous ses drapeaux ainsi que ses nombreux partisans. Ensuite
il vint fondre sur l'Écosse à la tête d'une armée formidable, s'empara de
Berwick, dont il égorgea tous les habitants, défit Jean de Bailleul à Dumbar,
malgré la valeur des Écossais, qui restèrent au nombre de plus de vingt mille
sur le champ de bataille, et se rendit maître d'Édimbourg et des autres villes considérables de l'Écosse.
Dans cette situation extrême, l'infortuné monarque, trahi par la fortune, fut
obligé de se soumettre à Édouard, qui le reçut avec hauteur, et le fit enfermer
dans la Tour de Londres.
Philippe le
Bel et Boniface VIII ayant obtenu sa liberté, il se retira dans son pays
natal, où il continua de porter le titre de roi d'Écosse, et mourut en 1314.
Son fils, Édouard de Bailleul, épousa Isabelle de France en 1395, et partagea
la captivité de son père dans la Tour de Londres. Il était revenu dans
le Vimeu avec ce dernier et y vivait heureux, lorsqu'un émissaire d'Édouard le
détermina à passer en Écosse pour chasser du trône David Bruce qui l'avait
occupé après Jean de Bailleul. La valeur que ce jeune prince déploya à
la tête de six mille Anglais qu'Édouard avait mis à sa disposition, à
son arrivée en Écosse, le rendit maître en moins d'un an de ce royaume. Mais
alors Édouard se montra exigeant envers lui; il l'obligea à lui abandonner la
plupart des places fortes de l'Écosse et à lui prêter un servile hommage. Les
Écossais indignés voulurent l'expulser du trône; mais il résista pendant
longtemps à leurs efforts, avec le secours du monarque anglais. Ce ne fut qu'en
1356 qu'il consentit à abdiquer, moyennant une pension que ses sujets lui
promirent.
Sources :
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René de Belleval : Jean de
Bailleul
Lien
de parenté : --------------------------------------------------------------------------------------------
Jean de Bailleul fut père de Thomas,
père de Chrétienne, mariée à Enguerrand, auteur de la 2è maison de Coucy et
père de Guillaume et Enguerrand.
Guillaume de Coucy fut père de Raoul, père de Blanche, mère de Jean de
Pierrepont, père de Jeanne, mère d’Aimé de Saarbruck, père de Robert, père de
Guillemette, mère de Robert de la Marck, père de Diane, mère de Charles-Henri
de Clermont, père d’Isabelle, mère de Françoise de Beauvau, mère de Jean-Armand
de Voyer de Paulmy, père de Marie-Françoise, mère d’Agathe de la Rivière, mère
d’Yvonnette Rivié de Ricquebourg.
Enguerrand de Coucy fut père de Jeanne, mère de Jeanne de Béthune, mère de
Jeanne de Roye, mère de Jeanne de Créqui, mère de Jeanne de la Tremouille, mère
de Louis de Halluin, père de Jean, père de Louis, père d’Anne-Antoine de Gouy,
père de François, père de François II, père de Michel, père de Louis de Gouy
d’Arsy..
Yvonnette Rivié fut mariée à Louis de
Gouy d’Arsy dont Monique, mère d’Arsène O’Mahony, père de Maurice …