Fiche N° 0043 |
Auteur D. Barbier |
17/10/2008 |
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Robert BERTRAND |
Ascendant ¤ Allié ¡ |
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Maréchal de France vers 1326
Robert
BERTRAND, VIIe du nom, aussi connu
sous le nom de maréchal de Bricquebec,
baron de Briquebecq, vicomte de Rencheville, chevalier, seigneur de Fontenay-le-Marmion & de Magneville, Maréchal de France et lieutenant du roi en Guyenne, Saintonge, Normandie & Flandres, avait été employé dans les affaires du roi dès l’année 1320 qu'il fut envoyé en Lorraine vers l'évêque de Verdun dont il rendit compte l'année suivante ; ensuite il
alla en ambassade au mois d'août1321 avec Jean Labbé, & Renaud de Lor, chevaliers, vers le roi de Bohême, ayans à leur suite pendant un mois 39 personnes et 25 chevaux.
En
1325 le roi l'envoya en Normandie au baillage de Cotentin pour garder les côtes de la mer, où il fût 47 jours. Ce fut vers ce temps qu'il
fut élevé à la dignité de Maréchal de France.
La guerre étant survenue en Guyenne contre les Anglais, il y fut envoyé avec le comte d'Eu, et y mena 210 hommes d'armes de sa compagnie : il prit le commandement de l'armée, et fut lieutenant général pour le roi ès parties de Guyenne et de Saintonge, après qu'Alfonse
d'Espagne, seigneur de Lunel, en fut parti à cause de sa maladie.
Il fut nommé par lettres du 22 janvier 1317,
capitaine-lieutenant du Roi en la guerre de Gascogne, et commandant dans la
province du Languedoc, avec ordre aux sénéchaux de Toulouse, Périgord, Agenois
et Rouergue, à toute la noblesse etc., de lui obéir. Il est qualifié
Maréchal de France et lieutenant du
roy en la guerre de Gascogne, dans un ordre qu'il donna au trésorier de la guerre à Agen
le 1er juin 1327 ; son sceau un lion, l'écusson tenu par un homme arme ayant le casque en tête, et tenant de la main droite une épée haute. [Mais dans son dictionnaire des généraux français M. de
Courcelles dit qu’il ne reçut le bâton de maréchal que le 5 juillet 1328 sur la
démission de Bernard de Moreuil].
Avec le comte d’Eu, commandant de Saintes, il battit
les Gascons et les Anglais
et en récompense des services qu'il avait rendus, et des pertes et dommages
qu'il y avait faits, le roi lui donna une somme de cinq mille livres.
Étant de retour, il fut envoyé à Bruges en Flandres au commencement de l'année 1328 et ensuite à Therouenne, où se devait tenir une diète pour les Flamands. Le roi Philippes étant parvenu à la couronne, le manda pour assister à son
sacre à Reims, qui se fit le jour de ta Trinité 1328 où il se trouva avec 5 chevaliers de sa compagnie 42 écuyers, et 114 chevaux, pendant 14 jours.
Après quoi il fut dépêché au pays d
Aunis et de la Rochelle pour garder les
côtes de la mer
& se trouva présent à l’hommage qu’Édouard III, roi
d‘Angleterre, rendit au même roi Philippe de Valois dans Amiens le 6 juin 1329.
Ce prince qui venait de lui donner par les lettres du 1er mai une
somme des de deux mille livres, lui accorda un droit de foire pour sa terre de
Magneville en 1331 et un autre pour celle de Fontenay-le-Marmion en 1333.
Il fut envoyé avec les seigneurs de Noyers, de
Joinville et Guy Chevrier, chevaliers, en 1334, à Sainte-Colombe près de Vienne
en Dauphiné, d’où, étant de retour, le Roi le retint de son conseil en 1335, à
mille livres de pension sa vie durant.
L’année suivante, il fut un des députés de la
noblesse de Normandie à la cour du Roi, pour obtenir la confirmation des
privilèges et franchises du pays. Il fut ensuite choisi par ce prince pour
conclure à Paris un traité d’alliance avec Ferdinand, roi titulaire de
Castille, et établi lieutenant du Roi ès marches de Bretagne.
Il s’obligea, avec plusieurs grands du royaume qui
se trouvèrent à Rouen en 1337, de fournir au Roi un certain nombre de gendarmes
pour la conquête de l’Angleterre.
Dans les années suivantes il fut employé dans les armées
du Roi en Flandres et sur les frontières du Hainaut ; il se trouva à
l’assemblée qui se tint devant Tournai, et était avec seize écuyers en la compagnie du connétable, et du maréchal
de Trie en l’Ost de Bouvines en Flandres, avant la venue du duc de Normandie,
depuis le 4 avril jusqu’au 1er octobre 1340.
Il eut un grand différent avec le sire de Harcourt,
au sujet du mariage de son second fils avec la fille du seigneur de
Molay-Bacon, que le sire de Harcourt voulait avoir pour son frère ; cela
alla jusques à tirer l’épée en présence du Roi, qui interposa son autorité pour
les accorder[1].
Il servit en 1342 dans la guerre de Charles de Blois
contre la comtesse de Montfort et aux sièges de Hennebon et d’Aurai.
Il assista en 1344 à l’Échiquier que tint à Rouen
Jean, duc de Normandie, le dimanche suivant l’Ascension.
Deux ans après le Roi l’envoya au secours de la
ville de Caen assiégée et prise par les Anglais et, selon les Chroniques de Froissart, il participa à
la sanglante journée de Crécy le 26 août 1346.
En 1347 le Roi lui donna mille livres de rente, à
prendre sur la garde des enfants du sire d’Estouteville ; mais il n’en
jouit pas longtemps car il était mort en 1348, comme il s’apprend des comptes
de l’ordinaire du trésor de ce temps là.
Château
de Bricquebec
Il avait épousé le 3 mai 1318 à Poitiers Marie de Sully, fille d’Henri IVe du nom,
sire de Sully, et de Jeanne de Vendôme. Cette branche s’éteignit par les males,
leurs deux fils étant morts sans descendance : le premier fut tué à la
bataille de Crécy en 1346, l’autre mourut au combat de Moiron en Bretagne en
1351. Ils eurent aussi trois filles, dont Jeanne, héritière de Bricquebec,
mariée à Guillaume Paynel, dont nous descendons.
Les historiens ne sont pas d’accord sur la date à
laquelle le baron de Bricquebec fut créé maréchal de France. Nous avons vu que
Courcelles la place en 1328 et le RP Anselme en 1325. Yvan de Duve, dans son
livre sur Geoffroy de Harcourt, cite Robert Bertrand Maréchal de France depuis cette
année 1326 durant laquelle Godefroy le Boiteux a été armé chevalier.
Sources :
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RP Anselme, Histoire
généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands
officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du
royaume... Tome 6, page 689.
M. le Chevalier de Courcelles,
Dictionnaire historique et biographique des généraux français, tome III, page
200.
Lire :
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Le
chevalier au vert lion, le maréchal de France Robert Bertrand, sire de
Bricquebec (1273-1348) par Paul Bertrand de la Grassière
(1989)
Lien
de parenté : --------------------------------------------------------------------------------------------
Robert Bertrand eut trois filles, dont
Jeanne qui épousa Guillaume III Paynel, apportant la seigneurie de Bricquebec
dans cette maison. Ce dernier fut père de Guillaume IV, père de Nicolas, père
de Jeanne, mère de Michel d’Estetouville, père de Catherine, mère de Madeleine
d’Epinay, mère de Jacqueline de Mathan, mère de Louise Marquer, mariée à René
Bourgneuf, et mère de Catherine et Renée dont les
descendants se marièrent :
Catherine fut mère de Jean Robien de Kerambourg, père d’André, père de
Jeanne, mère de Thomas-Scholastique du Bot du Grégo .
Renée fut mère de Louise Barrin, mère de
André Huchet de la Bédoyère, père de Charles, père de Hugues-Humbert, père de Jeanne
.
Thomas-Scholastique du Bot du Grégo épousa sa parente Jeanne Huchet de la Bédoyère ; ils eurent Charles-François, père de
Louise, mère de Charles-Félix d’Amphernet de Pontbellanger, père de
Michel-Adrien, père de Marthe, mère des enfants de Maurice O’Mahony …
[1] Condamné pour ces agissements, Geoffroy d'Harcourt se réfugia bientôt à la cour d'Angleterre et y incita le roi Édouard III à prendre pied en Cotentin. Robert Bertrand, que l'on surnomma "le Chevalier au Vert Lion", tenta en vain de résister à l'armée anglaise débarquée à Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346.