Daniel O'MAHONY


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Dessin tiré du livret publié par la Catholic Truth Society of Ireland :
"The hero of Cremona, count Daniel O'Mahony", by John G. Rowe, 1874


III.- Colonel du régiment des dragons de Mahoni au service de l'Espagne

Brigadier en 1704
Maréchal de camp en 1706
Lieutenant général en 1710



Campagne du Portugal

Louis XIV recommanda le colonel de Mahoni à Philippe V, son petit-fils, en manque d'officiers pour ses campagnes. Promu brigadier, Daniel était avec ce prince quand il entra au Portugal par Salvatierra le 5 mai 1704 avec une armée ayant pour lieutenants généraux le comte d'Aguilar, le marquis de Thoy et le duc de Berwick. [ndlr : Le même jour quatre autres armées entrèrent aussi dans ce royaume]. La première conquête que fit le roi d'Espagne fut donc la ville de Salvatierra qui fut investie le 7 mai. Le 10 les espagnols prirent Cebreros, le 11 Penha Carrsa, le 13 Idanha-Nova, le 15 Rosmarinos. Le 16 on attaqua Monsanto et la ville fut donnée au pillage le 17. Le 21 le roi d'Espagne fit attaquer Castelblanco par la brigade du comte de L'Isle et les dragons irlandais commandés par le Sieur de Mahoni ; la ville se rendit le 23. L'armée passa ensuite le Tage.

En 1705 il continua de servir sous le prince de Tilly contre les miquelets de l'archiduc. Les Portugais attaquèrent Monsanto au mois de juin 1705 et la reprirent. Lors de la retraite de la cavalerie, M. Mahoni, brigadier irlandais, qui commandait les dragons et les régiments de cavalerie de la Reine et de Milan, faisait l'arrière garde. Il tourna souvent sur les ennemis et, faisant un feu presque continuel, les arrêta. La cavalerie ne perdit ainsi que 50 hommes alors que l'ennemi était trois fois plus nombreux que lui, et arriva de cette manière à Idanha-Velha où elle croyait trouver l'infanterie . qui s'était retirée sur le bruit que la cavalerie avait été défaite !

Après ce fait d'arme un régiment fut constitué spécialement pour lui : le Régiment de Mahoni Irlandais. En effet, le roi Philippe sentant l'importance de posséder une division irlandaise leva deux régiments de dragons irlandais, l'un commandé par O'Mahony et l'autre commandé par le colonel Grafton [The Shamrock, vol 8]

Peu après les Espagnols entrèrent en quartier de rafraichissement [ndlr : quartier de repos] et le Roi retourna à Madrid. Avant son départ des frontières du Portugal il ordonna de raser plusieurs fortifications prises aux Portugais afin d'éviter d'y tenir garnison.

En février 1706 Mr de Mahony, colonel de dragons et brigadier, a été attaqué dans Marivedro, par quatorze escadrons du nombre desquels était le régiment de Nebot, et par trois bataillons et cinq mille misquelets, commandés par Milord Peterborough, et quoique sa garnison ne fut que de quatre cents dragons et de quelques gardes du corps, et que le poste ne fut pas en état de défense, il a néanmoins obtenu la capitulation le plus honorable qui ait jamais été accordée, puisqu'il est sorti avec toute sa garnison et deux cents hommes qui avaient été faits prisonniers à Villareal. Mr le comte de las Torres, ayant appris cette action, la trouva si belle qu'il lui ordonna d'en aller lui même rendre compte au roi d'Espagne à Madrid [Mercure galant février 1706]

Une lettre datée d'Alcira le 27 avril 1706, nous apprend que Mr de Mahony, qui commande le corps d'armée de l'évêque de Catagene, s'était avancé avec ses troupes jusqu'à Montesa, où le pont de bateaux destiné pour la communication sur le Xucar avec Mr de las Torres, avait été construit. Ce poste était d'autant plus important que nous n'avions aucune place sur cette rivière. Nous arrivâmes samedi 17 du courant sur le bord de cette rivière, après avoir ravagé et brûlé neuf gros villages aux environs de Xativa. La terreur fut si grande que tout le peuple se sauva dans cette ville, dans Alcira et dans Collera, nous laissant le passage libre (...) Nous nous rendîmes le samedi, Mr de Mahony et moi, sur la rivière que nous passâmes en bateau, pour conférer avec Mr de las Torre sur ce qu'il voulait entreprendre (...) Mr de Mahony a marché à Orihuela avec toutes ses milices et trois ents chevaux, pour y arrêter quelques traites. S'il nous rejoint bientôt, comme on l'espère, nous attaquerons Xativa ou Valence, sans tattendre l'infanterie française.


On trouve dans le Mercure Galant de septembre 1706, copie d'une lettre de Mylord Peterborough à Mr le chevalier de Mahony (Valence 3 juillet 1706) et sa réponse (Alicante le 5 juillet). Cette lettre est introduite ainsi : « Il y a délà du tems que l'on parle des Lettres que je vous envoye, qui ont attiré beaucoup de louanges à Mr de Mahony. Ces lettres sont fort recherchées ; » (...)



Campagne au royaume de Valence

Reddition d'Alicante le 4 septembre 1706
Le maréchal de camp chevalier de Mahoni commandait pour le Roi dans Alicante quand la place fut attaquée durant l'été par les forces terrestres et navales ennemies du Brigadier Richard Georges et du Vice-amiral Sir John Leake. Le bombardement de la ville commença le 20 juillet et la ville fut prise le 8 août et Mahoni se réfugia dans le château, après avoir reçu 3 blessures dangereuses. N'ayant pas de chirurgien, il en envoya demander un au Brigadier Georges, commandant les troupes de terre de l'ennemi, qui généreusement répondit favorablement à sa demande. Le château fut investi peu après et Sir John Leake menaça le maréchal des camps de ne lui faire aucun quartier, ni à sa garnison, s'il tentait de résister. Mahoni tint cependant 27 jours et n'ayant plus de provisions [ndlr : on dit que les Napolitains sous ses ordres forcèrent à la reddition en empoisonnant les puits], il rendit la place le 4 septembre avec des conditions honorables . négociées avec le comte de Peterborough arrivé à Alicante quand la garnison s'était retirée dans le château. Avec sa garnison composée de 62 Napolitains, 36 Français et autant de dragons de son régiment, il sortit de la ville avec les honneurs de la guerre et fut emmené sur des navires anglais à Cadix et libéré. [ndlr : Daniel reprendra la ville en 1708.]



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Le bombardement d'Alicante, Monamy (1689-1749)



Prise de Carthagène le 18 novembre 1706
La cour de Madrid reçut début novembre des lettres du duc de Berwick disant qu'il faisait travailler aux préparatifs pour le siège de Carthagène où il avait détaché le chevalier d'Asfeld et M. de Mahoni pour aller reconnaitre la place et qu'en attendant il avait résolu d'aller à Orihuela pour faire fortifier la ville. On trouve dans La clef des cabinets des princes de l'Europe de janvier 1707 cette narration : « cette place est considérable par sa grandeur, par sa richesse, par sa forteresse, et par son port de mer. Sur la fin du mois d'octobre l'évêque de Murcie [ndlr : depuis peu vice-roi du royaume de Valence il avait complété le régiment de dragons de Mahoni et fourni des recrues pour l'infanterie ; en fait ce serait le duc de Berwick qui les a envoyé] ayant fait avancer un détachement de son armée vers Carthagène, sous le commandement du Sieur Mahoni et du chevalier d'Asfeld, on envoya un trompette pour sommer la ville, sous offre d'une amnistie et de toutes sortes de bons traitements, menaçant les habitants s'ils ne se raidissaient pas à l'obéissance qu'on demandait d'eux, on les châtierait comme on avait fait ceux d'Orihuela, d'Elche et de Viallareal. Ils répondirent qu'ils n'avaient jamais manqué de fidélité pour leur prince légitime, que quoique forcés de reconnaître l'archiduc ils se reconnaissent toujours fidèles sujets du roi Philippe V, mais qu'ils n'étaient pas maîtres de leur sort, depuis qu'une garnison étrangère et hérétique s'était emparée de la ville. Il faut remarquer que ces députés de la bourgeoisie avaient eu la permission du Sieur Hedge, gouverneur de la place, d'aller s'aboucher avec Mr. Mahoni, éclairés d'un colonel anglais et de quatre cavaliers, parce qu'il s'était persuadé que ces députés feraient une réponse peu favorable à Mr. Mahoni, qui pourrait se dissuader d'attaquer la place. Mais à leur retour, ce colonel ayant informé le gouverneur des termes de leur conversation, fit tirer quelques volées de canon sur les troupes d'Espagne et fit mettre en prison les députés et quelques autres principaux de la ville. L'évêque de Murcie et le sieur Mahoni bloquèrent la place en attendant l'infanterie et l'artillerie qu'ils envoyèrent demander au Maréchal de Berwick, qui s'était arrêté à Orihuela. Il y avait alors à Carthagène un bataillon anglais, un régiment de cavalerie de la même nation, et environ 3.000 hommes de milices. Cependant cette garnison n'étant pas suffisante pour défendre la ville et la forteresse, parce que les habitants n'étaient nullement portés en leur faveur, la place se rendit le 18 novembre, n'ayant tenu que trois jours de tranchée ouverte. La garnison fut faite prisonnière de guerre ; on y trouva 75 pièces de canon, 3 mortiers et beaucoup de munitions de bouche et de guerre. Le comte de Santa-Cruz, amiral d'Espagne, était dans le port avec ses deux galères, mais craignant d'être assommé ou livré par les habitants, il se mit au large dès le 17 et prit la route d'Alicante. »
Daniel, qui avait été créé comte titulaire de Castille (19 octobre 1706) par Philippe V, en considération de ses éminents services, fut nommé gouverneur de Carthagène par le duc de Berwick. Les troupes furent ensuite dispersées dans les quartiers de rafraîchissement dans les royaumes de Murcie et de Valence, jusqu'au mois de février 1707 où doit commencer la campagne de printemps. Le comte de Mahoni restera gouverneur de Carthagène jusqu'au 20 mai 1707.



Victoire d'Almansa le 25 avril 1707
La bataille d'Almansa, dans laquelle les dragons du comte O'Mahony jouèrent un rôle décisif, est un évènement très important de l'histoire militaire espagnole. Il marquera notamment l'abolition des royaumes intégrés à la couronne d'Aragon, desquels était Valence.
Le 10 février 1707 le comte de Mahoni quitta Madrid pour se rendre vers la frontière de Valence où il assembla des troupes en attendant de pouvoir se rendre dans ce royaume, dont le commandement général avait été confié au lieutenant général chevalier d'Asfeld par le Duc de Berwick. Au mois d'avril Mahoni étendit ses excursions à partir d'Elche jusqu'aux portes d'Alicante, répandant la désolation des déloyaux.
A ce moment du conflit, les forces en présence étaient les 51 bataillons et 76 escadrons du duc de Berwick contre les 42 bataillons et 53 escadrons du marquis de Ruvigny, protestant banni de France, devenu comte de Galway. Les deux armées s'affrontèrent à Almansa le lundi de Pâques, 25 avril et le duc de Berwick remporta une écrasante victoire. Dans cette action, les forces irlandaises consistaient en un bataillon du régiment de Berwick, infanterie et quatre escadrons du régiment de dragons du comte de Mahoni. Et le chevalier de Bellerive de préciser que, à la tête de son régiment irlandais de dragons, le comte réalisa des actions étonnantes. Cornelio O'Ryan (Corneille Reyne en Français), son gendre, fut tué dans cette bataille.



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La bataille d'Almansa, le 25 avril 1707, remportée par le maréchal de Berwick
(Dauzats 1804-1868) chateaux de Versailles et de Trianon.




Cette place étant tombée, il restait 4 garnisons ennemies dans le royaume de Valence : Alicante, Alcira, Xàtiva et Denia. Le duc d'Orléans, arrivé le lendemain de la bataille, envoya de Saragosse le comte de Mahoni prendre Alcira, Mequineca et Moncon, le marquis du Bai se rendre maître de Ciudad-Rodrigo, et le comte d'Asfeld s'emparer de plusieurs places d'un rang inférieur.
Le 5 juin, après 6 jours de tranchées, Mahoni réduisit Alcira alors aux mains des Anglais commandés par le colonel Stewart. La garnison composée de huit cents hommes fut conduite en Catalogne par la Castille.
Après s'être rendu maître d'Alcira, M. de Mahoni marcha à Denia qu'il investit le 26 juin. Le 27 il se rendit maître de quelques magasins et du couvent des Cordeliers situé entre la ville et la mer, ce qui ôta à la garnison les moyens de se sauver. Il fit ensuite occuper tous les postes les plus avantageux près de la ville pour l'ouverture de la tranchée qu'il fit faire la nuit du 29 au 30 jusqu'à la portée de la carabine de la place à la faveur de plusieurs arbres. M. de Voye y servait d'ingénieur en chef, et on fit cette nuit environ cinq cents toises de travail. La nuit du 31 au 1er juillet on déboucha un boyau pour la communication d'une batterie qu'on commençait, qui était de neuf pièces de canon. Les assiégés pendant ce temps firent un grand feu de canon, de mousqueterie et de mortier. Le jour suivant on travailla à la sape. La batterie tira le 4 contre la muraille de la ville et fit une brèche si grande que M. de Mahoni y fit donner un assaut dans lequel ses troupes furent repoussées. A.W. Perceval, frère du gouverneur de Denia le décrit ainsi : « l'action fut très dure des deux côtés pendant une heure environ et l'ennemi dut se retirer avec des pertes de plus de 300 hommes en plus des blessés parmi lesquels le comte O'Mahony lui-même qui avait reçu 3 blessures. » Il reçut l'ordre, quelques jours après, de ne point s'obstiner à cette place et il leva le siège faute de troupes suffisantes pour continuer cette entreprise.
M. de Mahoni alla ensuite commander le blocus de Xàtiva et resserra la garnison si étroitement qu'elle fut obligée de capituler le 12 juillet. Elle était de huit cents hommes qui furent conduits en Catalogne par Saragosse. Pour châtier les habitants de leur rébellion, et pour servir d'exemple, la cour de Madrid ordonna de faire conduire tous les habitants en Castille et de bruler entièrement la ville sans aucune réserve. L'évêque l'ayant appris s'alla jeter aux pieds de M. d'Asfeld pour obtenir que les églises fussent conservées, ce qui fut accordé. D'autres récits disent que tous ceux qui se trouvaient dans la place furent passés au fil de l'épée, mais cela semble peu crédible. Quoiqu'il en soit, le portrait de Philippe V est toujours exposé au musée de l'Almodi de Xàtiva, la tête en bas !
Asfeld se rendit ensuite à Tortoze, laissant le sieur O'Mahony, Maréchal de Camp, pour bloquer le château et soumettre ce qui était de l'autre côté du Xucar (Mémoires du Maréchal de Berwick) avec onze bataillons, un régiment de cavalerie et son régiment de dragons à ses ordres dans le royaume de Valence. (Histoire Militaire Du Règne De Louis Le Grand, Roy De France Charles Sevin de Quincy, volume 5).
M. de Mahoni prit Mequinenca le7 juillet et Moncon le7 août, puis marcha à Alcoy pour s'en rendre maître avec mille hommes d'infanterie, quatre cents chevaux de troupes réglées et quatre cents miquelets. Il attaqua cette place avec tant de vigueur, et la réduisit à une si grande extrémité, que la garnison demanda une cessation d'armes pour 4 jours, s'obligeant de se rendre au bout de ce terme, si elle ne recevait du secours. Les alliés détachèrent le chevalier Charles Hothman qui devait être joint par trois mille miquelets, mais arrivé au rendez-vous, il n'en trouva que douze cents, le principal corps ayant été mis en déroute la veille par M. de Mahoni qui s'empara d'un convoi de munitions de guerre et de bouche que ce corps escortait. M. de Mahoni en voyant approcher un nouveau ne se trouva pas en état de l'attendre, ses troupes étant dispersées aux environs de la place ; il leva les postes qu'il occupait et se retira. Après sa retraite, le chevalier Hotham fit entrer des secours dans la ville.
En Novembre, Daniel était dans la petite ville de Muchemiel où il leva un impôt de 1.000 pistoles, puis se retira vers Gandia -assez bien fournie en d'hommes et de munitions pour arrêter longtemps les ennemis-, brulant sur son passage 7 villages dans la vallée de Gallinar pour qu'ils ne servent pas de refuges aux Carlistes et miquelets ennemis. De même il détruisit par les flammes un autre village, et une église, qui servaient de repaire à 11 insurgés (prêtres carlistes) avec 26 partisans, qui furent tous passés par les armes.



Prise d'Alcoï le 9 janvier 1708
Comme la garnison d'Alcoï, dans le royaume de Valence, incommodait fort les troupes du roi Philippe, il fut résolu d'en faire le siège. Le Mercure de février 1708 en publia la relation faite le 13 janvier : « Le 1er de ce mois Don Thomas Salgado et Don Pedro Corbi, investirent cette place, et se saisirent d'un petit fort et d'un monastère de Saint-François, qui n'est qu'à une portée de pistolet de la place. Le 2 au matin, le comte Mahoni arriva avec 6.000 hommes de troupes réglées [des régiments de Berwick, Dillon et Bourke], quelques milices et 1.000 travailleurs. Il fit aussitôt établir une communication avec le monastère, occuper divers postes et travailler à faire des fascines [fagot de branchages pour combler les fossés ou faire des défenses]. Ensuite il envoya sommer les assiégés, qui répondirent qu'ils étaient résolus à se défendre. Le même jour, ils firent une sortie mais ils furent repoussés avec perte de 5 hommes. Le 3, 6 pièces de canon arrivèrent au camp et on travailla aussitôt à les mettre en batterie. Le 4, elles commencèrent à tirer et le 5, une brèche étant déjà faite, on commanda quelques troupes pour monter à l'assaut ; mais les assiégés se défendirent si bien, que nos gens furent obligés de se retirer. Le 6, on continua à élargir la brèche et le 7, on ordonna un second assaut ; mais après un combat assez opiniâtre, nos gens furent encore repoussés : il y eut dans ces deux actions beaucoup d'officiers et de soldats tués de part et d'autre. Le 8, on continua de battre la brèche ; et les assiégés se voyant sur le point d'être emportés d'assaut, battirent la Chamade [battement de tambour demandant une trêve des hostilités] le 9, et se rendirent . » La ville fut taxée de 48.000 piastres.
Le comte de Mahoni réduisit ensuite une longue liste de places le long de la côte puis il renvoya ses troupes en quartiers de rafraichissement et en posta une partie du côté d'Alicante et de Denia pour empêcher les courses que les ennemis faisaient de ces deux places. Il força ses troupes à observer la plus stricte discipline, ce qui était le plus gratifiant pour les gens du pays à qui on avait fait croire qu'on ne pouvait attendre d'eux que massacres et pillages.
Le duc d'Orléans prit Tortose et tint ensuite le comte de Starhemberg tellement en échec que Mahoni s'empara d'Alicante. Dangeau 7 février 1708 : Il y a quelques jours qu'on a eu nouvelle d'Espagne que Mahoni avait pris Alcoy, qui ôte aux ennemis la communication de Denia à Alicante.




Détail d'une estampe de 1708 (voir ici)
"Prise de la ville d'Alcoy près Alicante au Royaume de Valence par Mre le comte de Mahoni ..."



Commandant pour le Roi en Sicile (mars 1708 - mars 1710)

La révolution de Naples fit appréhender au roi d'Espagne que la Sicile, qui n'en est pas éloignée, ne voulût suivre ce mauvais exemple. Voilà pourquoi le Roi, convaincue de sa capacité, de sa valeur, de son expérience et de son sincère dévouement à sa gloire, nomma le comte de Mahoni, officier irlandais très accrédité dans les troupes des deux couronnes, pour aller commander en Sicile sous le Vice-roi M. de los Balbases, où il servit avec beaucoup de distinction.
Il reçut son brevet de Général des troupes d'Espagne en Sicile et s'en alla prendre son commandement avec ses 500 dragons et 3.000 espagnols. Il embarqua à Carthagène avec onze navires marchands escortés par le vaisseau la Perle monté de soixante pièces de canons. Il s'arrêta débarquer un secours à Masalquivir en Afrique puis continua sa route et atteignit Messine le 28 Avril ; il installa une partie de ses troupes à Palerme et dans plusieurs autres places. Le marquis de Sourches écrivait à la date du 24 juin : « On disait que le gouverneur de Palerme n'avait pas voulu recevoir Mahoni que le roi d'Espagne y avait envoyé avec des troupes, parce qu'on avait manqué de lui envoyer certaine patente qu'il avait demandée, et que Mahoni avait été obligé de se retirer à Messine. »
Ses manières polies et généreuses lui apportèrent très vite l'amitié des Siciliens et il leur inspira des sentiments de confiance dues à la grande supériorité de ses capacités comparées à la réputation de celles du vice-roi, le marquis de Balbases. Les impérialistes, qui avaient pris à Philippe V le Royaume de Naples en 1707, comptaient bien ajouter la Sicile à leur conquête, aidés en cela par la puissante force navale en Méditerranée de leurs alliés Anglais. En août ils prirent la Sardaigne et Minorque, semèrent la terreur en Italie au point que le Pape reconnut l'Empereur, mais ne purent jamais débarquer en Sicile grâce aux précautions efficaces prises par le comte O'Mahony.
C'est durant ce séjour en Sicile que son épouse Cécilia Weld décéda à Saint-Germain-en-Laye le 25 mai 1708. Sur l'acte de décès il est qualifié comte de castille général des armées de son altesse majesté catholique philippe cinq roy d'espagne dans le royaume de cicille.
La Sicile était si bien organisée militairement que les alliés hésitaient à envahir l'île. Néanmoins en juillet 1709 une escadre effectua deux tentatives, l'une entre Trapani et Castellemare et l'autre près de Melazzo. Mais les Siciliens, avec le soutien des troupes du comte O'Mahony les rejetèrent à la mer après leur avoir infligé des pertes de plus de 600 tués.



Campagne de Catalogne

Le Roi Philippe qui avait donné ordre à ses officiers généraux de se trouver à leurs postes les 15 mars 1710, avait rappelé M. de Mahoni pour servir dans son armée de Catalogne qu'il voulut commander lui-même. Le Roi quitta Madrid le 3 mai et le 16 il fit faire les préparatifs pour le siège de Balaguer mais la disette et les grandes pluies firent retourner l'armée à Lerida où l'armée espagnole des Flandres la rejoignit un mois après. Sa Majesté, qui campait entre Yvars et Belpuch, ne put attaquer l'armée ennemie à Agramont et se contenta d'envoyer Mahoni, promu lieutenant général, [ndlr : et commandant de la cavalerie espagnole selon certains], avec un gros détachement, nettoyer le pays de quelques petites villes où l'archiduc avait établi de grands magasins. Ainsi le 16 juin, Mahoni ayant sous ses ordres Don Pedro Ronquillo, Maréchal de Camp, et le comte de Montemar, brigadier, avec 2000 hommes d'infanterie et 600 chevaux, alla occuper la ville de Cervera (Cervita) qui est dans une gorge à la source de la rivière du même nom et qui depuis trois ans servait de magasin aux alliés. M. de Starhemberg n'y avait laissé que 300 hommes, n'ayant pas cru que les Espagnols dussent s'avancer jusque-là. Cette garnison se sauva à Calaf où il y a un château situé sur la rivière Moya et sur la grande route qui conduit à Barcelone. M. de Mahoni, après s'être assuré de Cervera et de ses magasins, envoya une troupe se saisir de Tora, qui est sur la même route. Il marcha lui-même à Calaf et s'en rendit maître ; la garnison se sauva au château qu'il attaqua le 22 juin avec 4 pièces de canon. On trouva dans Cervera des habits, chemises, cravates, bas et souliers pour 4 à 5.000 hommes ; on y trouva aussi des grains et des farines, de même qu'à Calaf (Journal historique sur les Matières du temps, juillet 1710). Il poursuivit sa marche vers la mer, forçant le pays à se soumettre, et arriva à quatre lieues de Barcelone. Après cette expédition, Mahoni revint joindre le roi d'Espagne à Belpuch (Saint-Simon)
Cependant, le comte de Starhemberg remporta quelques succès, notamment le 27 juillet à Almenares, et pour s'opposer à ses progrès le Roi marcha vers Saragosse, entra dans la ville et dépêcha un courrier pour obtenir de Louis XIV le duc de Vendôme, ce qui fut accordé sur le champ.



Saragosse le 20 août 1710
Le 20 août Starhemberg attaqua l'armée espagnole presque sous Saragosse et la défit totalement. Le duc de Vendôme en apprit la nouvelle en chemin. Mahoni commandait l'aile droite de l'armée de Philippe V. Les pertes furent considérables : 3.000 hommes d'un côté et au moins 2.000 de l'autre. A la tête des Gardes du Roi et des dragons espagnols, le comte chargea la cavalerie portugaise du général Hamilton et la repoussa jusqu'à l'Ebre où beaucoup se noyèrent. Il gagna ensuite l'artillerie ennemie, mais comme il ne pouvait pas l'emmener, il fit couper les jarrets aux 400 mules qui la tiraient. Assailli de toutes parts par la cavalerie de Stanhope il se fraya un chemin jusqu'à son armée, ramena 5 étendards ennemis et, avec un petit corps de cavalerie il escorta le Roi dans sa retraite. Certains considèrent que le Murat de cette journée comme on l'appellera plus tard, s'étant trop abandonné à la poursuite de l'aile gauche des ennemis qu'il avait défaite contribua à la défaite de Philippe V mais les autres reconnaissent que c'est la supériorité des forces ennemies en nombre et condition, qui fit la différence. « Si le reste de la Cavalerie eût suivi les mouvements impétueux des Dragons et des Gardes du Roi, nous aurions gagné cette bataille, quoique les Alliés [ennemis] eussent 26.600 hommes et que les Espagnols n'en eussent que 12.000, dont il y en avait plus de 2.000 de malades de la dysenterie qui s'était mise dans nos troupes, à cause des mauvaises eaux qu'ils étaient obligés de boire, aussi bien que de manger des raisins et des melons à moitié murs, faute de pain qui manquait à l'Armée. » (Bellerive)
Bossuet [Continuation de l'histoire universelle tome 5 Amsterdam 1734] prétend que Mahoni fut fait prisonnier : « Quelque infanterie espagnole s'étant pendant la déroute retirée en une maison forte près des murailles de Saragoce, où elle faisait mine de se vouloir défendre, le roi Charles qui s'était trouvé par tout, pendant l'action, encourageant les siens par sa présence et sa voix, la fit menacer de ne point lui donner de quartier si elle attendait qu'on l'eut forcée, ce qui fit qu'elle se rendit prisonnière de guerre avec le général Mahoni qui s'était renfermé avec elle. »
Le roi rentra à Madrid le 24 août. Les alliés, qui étaient en désaccord sur la stratégie à tenir, décidèrent d'aller tout droit à Madrid, d'y mener l'archiduc, l'y faire proclamer roi d'Espagne, et d'épouvanter toute l'Espagne à partir de la capitale. Le 9 septembre le roi se retira avec sa famille d'un lieu qu'il ne pouvait plus défendre. Il arriva le 16 à Valladolid, ancienne résidence des rois de Castille, où le duc de Vendôme le rejoignit le 20, arrivé de France comme généralissime contre l'armée de l'Archiduc, composée d'Anglais, Hollandais, Huguenots, Allemands, Catalans, Portugais et Italiens, qui occupait Madrid. Le soutien de la population et sa résistance acharnée contribuèrent grandement à la reconquête de Madrid sur les envahisseurs détestés : On vit en Espagne le plus rare et le plus grand exemple de fidélité, d'attachement et de courage, en même temps le plus universel qui se soit jamais vu ni lu. Prélats et le plus bas clergé, seigneurs et le plus bas peuple, bénéficiers, bourgeois, noblesse, gens de robe et de trafic, artisans, tout se saigna de soi-même jusqu'à la dernière goutte de sa substance pour former en diligence de nouvelles troupes, former des magasins, porter avec abondance toute sortes de provisions à la cour et à tout ce qui l'avait suivi (.) Le monarque presque radicalement détruit, errant, fugitif, sans argent, sans troupes, sans subsistance se voyait presque tout à coup à la tête de douze ou quinze mille hommes bien armés, bien habillés, bien payés, avec des vivres et des munitions en abondance et de l'argent (Saint-Simon).
Le comte O'Mahony eut une part très active dans cette reconquête, à la tête des Dragons de l'armée royale incluant le régiment de David Sarsfield (ex régiment de Crofton), frère et successeur de Dominique Sarsfield au lordship de Kilmallock. Le Roi partit le 23 novembre1710 de Casatexada pour aller à Talvera la Renna où il séjourna 5 jours. Le 30 novembre, le Roi ayant eu avec le duc de Vendôme une longue conférence sur la retraite des ennemis, fit dès le lendemain battre la générale pour les suivre de près. L'Armée avait à sa tête six régiments commandés par le Comte de Mahony, qui était précédé par les détachements de Bracamonte, de Vallejo et de Gonsales. Ce comte, après un séjour qu'il fit dans un village sur la route, arriva fin novembre à Leganez, qui n'est qu'à 2 lieus de Madrid, et on passa en revue ses 6 régiments de Dragons, en attendant l'armée du Roi. (Les campagnes de M. de Vendôme, p 98)
Le Roi et le Duc quittèrent l'armée quelques jours pour aller faire leur entrée triomphale à Madrid le 3 décembre ; ils en repartirent le 6 à la poursuite de l'ennemie en retraite vers Tolède.



Bataille de Brihuega-Villaviciosa 8-10 décembre 1710 Le 8 décembre Vendôme convainquit Philippe V de la nécessité d'attaquer brusquement Stanhope à Brihuega avant que Starhemberg, qui était à 5 lieues de là, ait eu le temps d'intervenir ; le lendemain, à une heure du matin, 6 régiments de dragons et 2 de cavalerie, conduits par le marquis Valdecañas, et tous les grenadiers de l'armée, réunis par le marquis de Touy, de mirent en marche ; ils arrivèrent à la pointe du jour à Turica et étaient à midi devant Brihuega. Philippe V et Vendôme suivaient avec l'armée. A sept heures du matin les batteries commencèrent à jouer et à sept heures du soir Stanhope battit la chamade. Après une lutte acharnée dans laquelle il perdit 600 hommes, Stanhope capitulait et était fait prisonnier avec les généraux Carpenter et Wils, et 7 bataillons anglais, 1 portugais et 8 escadrons anglais.
Le lendemain à 10 heures, les prisonniers n'avaient pas encore évacué le château quand ils entendirent les canons de Starhemberg qui venait à leur secours. Pendant que l'infanterie espagnole obtenait ce beau succès, la cavalerie, postée sur les hauteurs de Villaviciosa, barrait la route à Starhemberg. Le Roi fit marcher son infanterie pour l'y rejoindre.
Les deux armées, celle du duc de Vendôme et celle du comte Starhemberg, se rencontrèrent donc à Villaviciosa le 10 décembre. Ce dernier fut défait avec des pertes considérables en hommes (plusieurs milliers tués ou prisonniers), matériel (toute son artillerie prise), animaux, argent et étendards (68 avec ceux de Brihuega).
Pourtant après deux heures de grand carnage, le succès était balancé et la défaite de l'armée royale était même prévisible ; mais elle se transforma en victoire grâce aux généraux Valdecañas et de Mahoni, qui chargèrent l'infanterie ennemie alors que le maréchal de Vendôme avait ordonné la retraite sur Torrija : la Maison du Roi et les Dragons tenaient l'aile gauche et le combat était à l'avantage de Starhemberg jusqu'à l'intervention des 15 escadrons de cavalerie du colonel général des dragons d'Espagne Mahoni et du marquis de Valdecañas. « Avant que la nuit fût tout à fait venue, le brave comte de Mahoni, n'ayant point de canon pour tirer sur ces troupes, les investit d'un côté et ensuite envoya un tambour à M. de Staremberg, pour le sommer de se rendre. Ce général, qui était passé dans un terrain fort avantageux, avec le reste de son infanterie et les débris de plusieurs régiments qui s'y étaient retirés, voyant que l'avantage de ce terrain, la nuit et un brouillard fort épais, lui faciliteraient une retraite honorable, retint le tambour jusqu'au lendemain et usa de toute la diligence possible pendant toute la nuit, pour se retirer du côté de Cifuentes. »
Philippe V avait 27 ans ; malgré le froid et la fatigue, sa robuste constitution avait résisté aux marches forcées de jour et nuit que Vendôme lui avait fait faire de Madrid à Alcala et Guadalaxara. Mais le soir de la bataille, après être resté 48h à cheval sans presque en descendre, il était rompu et s'étendit pour dormir sur un manteau jeté sur la neige durcie. Vendôme fit apporter les 54 drapeaux et les 14 étendards anglais, hollandais, palatins et catalans laissés par l'ennemi, en couvrit le dormeur et en pavoisa sa tente. Le lendemain à l'aube, il dit à son vaillant élève de guerre : votre majesté a dormi dans le plus beau lit où jamais roi ait couché !
Le général de Mahoni intercepta quelque 700 mules chargées de tout le butin castillan et acquit à la tête de ses dragons une retentissante renommée le jour de cette bataille. Le Roi en fut tellement satisfait qu'il écrivit le lendemain à Louis XIV signalant ce haut fait d'arme et qu'il donna à son général la commanderie de Saint-Jacques d'Aceuchal, d'un revenu annuel de 15.000 livres de rente. Dans les archives de l'Ordre de Saint-Jacques, il est décrit comme « Mahoni y Moriarti (Daniel), Teniente General de los Ejercitos de S.M., Coronel de un Regimiento de Dragones Irlandeses, Govornador de la ciudad y castillo de Cartagena. Electo comendador de Aceuchal ».



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Emplacement de la commanderie de Saint-Jacques
accordée à Daniel par le Roi Philippe V le 20 décembre 1710.



Mahoni poursuivit et harcela sans relâche Starhemberg dans sa fuite vers la Catalogne pour rejoindre l'archiduc à Barcelone; il fit même prisonnier un lieutenant général espagnol au château d'Illuesca qu'il avait assiégé. Partout où il passait, Starhemberg, consommait les vivres et les fourrages, donnant ordre à ses troupes de brûler ce qu'elles ne pouvaient emporter. Alors les chevaux de ses Dragons ne pouvant plus marcher et n'ayant pas de quoi subsister), O'Mahony fut contraint de revenir sur ses pas. Cette victoire de Villaviciosa fut suivie de la soumission de plusieurs places en divers endroits du royaume d'Espagne et Sa Majesté Catholique fit ensuite son entrée dans Saragosse.
Le duc de Noailles investit Girone le 15 décembre et la place se rendit le 23 février 1711. Pendant ce temps et malgré la saison avancée, Mahoni et Valdecañas continuèrent activement les opérations dans le centre de la Catalogne. Ainsi furent prises en janvier-février des places moyennes comme Miravet, Calal, et Salsona.
MM. de Mahoni et de La Croix passèrent la Segre, ainsi que l'Egre et la Cinca, ce qui les mit à portée de s'étendre jusqu'au corps de Valdecañas, dont l'aile gauche, campée à Igual, donnait la main aux troupes du duc de Noailles en quartier de rafraîchissement. Cette disposition rendait le Roi maître des deux tiers de la Catalogne.
L'année fut marquée le 14 avril 1711 par la mort du Dauphin Louis, fils de Louis XIV et père de Philippe V, et trois jours plus tard par celle de l'Empereur Joseph. Ce prince ne laissant que des filles, c'est son frère l'archiduc Charles qui hérita de l'Empire, réunissant ainsi les biens de la maison d'Autriche à ceux de la monarchie d'Espagne s'il réussissait dans son entreprise ibérique. La crainte que les alliés conçurent de cette réunion contribua fortement à la paix qui se fit peu après et à laisser à Philippe V la monarchie d'Espagne qu'il possédait.
Le printemps s'étant ainsi écoulé sans avoir fait de grandes opérations, on mit de part et d'autre les troupes en quartier de rafraichissement jusqu'au mois d'août. Le marquis d'Arpajon ayant pris Arensa, Venasque et Castel-Leon, le duc de Vendôme mit en marche son armée et l'installa à Calaf, face à celle de Starhemberg. On se canonna de part et d'autre jusqu'au 12 octobre, mais on ne put continuer plus longtemps à cause des pluies. M. de Vendôme envoya le comte de Muret pour faire le siège de Cardone. Il arriva devant la place le 14 novembre et dut en repartir le 23, après avoir perdu près de 2.000 hommes. Il ne se passa plus rien depuis ce temps-là et les deux armées prirent leurs quartiers d'hiver.
La mort du duc de Vendôme le 11 juin 1712 (d'une indigestion) renforça les Austro-Carlistes déjà affaiblis par le retrait de l'aide alliée. Toujours commandés par Starhemberg, ils continuèrent en Catalogne leur lutte contre Philippe V, maintenant reconnu partout roi d'Espagne. Le cour de cette résistance était Barcelone défendue par 16.000 hommes et 215 canons. Ne pouvant prendre cette place avec ses seuls moyens, le Roi fit appel à son grand-père qui dépêcha le duc de Berwick avec une armée qui, jointe à celle de Philippe V totalisait plus de 40.000 hommes et 120 canons. Dès le 12 juillet, le duc creusait les tranchées devant Barcelone.
Mais le comte O'Mahony n'y était pas présent car il était rentré à Saint-Germain-en-Laye pour épouser le 19 juillet Charlotte, vicomtesse de Clare, 1ère dame du palais de la reine Marie, fille d'Henri Bulkeley et Sophia Stuart, et donc belle-sour du maréchal duc de Berwick, et la ramener en Espagne. Il profita de ce séjour pour faire son testament.
En mars 1713 une convention fut signée pour l'évacuation de la Catalogne par les troupes Allemandes et alliées le plus tôt possible. Le traité d'Ultrecht signé avec la Grande Bretagne le 11 avril pour la France et le 13 juillet pour l'Espagne est un des traités qui mit fin à la guerre.



Décès à Ocaña le 2 janvier 1714
De retour en Espagne avec son épouse, Daniel reçoit l'ordre d'aller à Alicante s'embarquer avec le marquis de Valdecañas sur la flotte composée de 12 vaisseaux de guerre se rendant à Barcelone dont on faisait le siège. S'étant mis en chemin, pour s'y rendre, il tomba malade à Ocaña où il mourut presque subitement le 2 janvier 1714.
Il a probablement été enterré à Madrid, les registres des 4 églises d'Ocaña ne contenant pas l'enregistrement de son décès. Saint-Simon nota son décès : Février 1714 - Mahoni, irlandais, lieutenant général, qui avait beaucoup d'esprit, d'honneur et de talents, et qui s'était fort distingué à la guerre, surtout à la journée de Crémone, dont il apporta la nouvelle au roi, mourut en Espagne où il s'était attaché, et où il avait acquis des biens. Il avait épousé la sour de la duchesse de Berwick, veuve et mère des comtes de Clare ; et le duc de Berwick vivait avec lui avec beaucoup d'estime et d'amitié. Il laissa des enfants qui sont aussi devenus officiers généraux avec distinction. (Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la Régence, Chapitre III, page 43)
La flotte arriva à Tarragone le 19 janvier, grossie par les bâtiments qui se tenaient prêts le long de la côte, jusqu'au nombre de vingt vaisseaux et 50 barques, et fit voile vers Barcelone..
Le 6 mars, le traité de Rastatt signé entre la France et l'Autriche mettait fin à cette guerre dont le fameux Mahoni n'aura pas vu l'issue.






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